Modifié le 21 juin 2018 à 08:53

Large soutien politique à la réforme demandée par les psychologues

Le gouvernement a gelé la réforme en cours, après cinq ans de travaux. (image d'illustration)
La réforme voulue par les psychologues est soutenue sur tout l’échiquier politique La Matinale / 1 min. / le 21 juin 2018
Les psychologues obtiennent un large soutien politique dans leur combat pour le remboursement de leurs thérapies par l'assurance maladie de base. La réforme qu'ils revendiquent est soutenue par des élus fédéraux, de gauche comme de droite.

Les psychologues dénoncent le modèle actuel qui les lie aux psychiatres - leurs témoignages récents sur les ondes de la RTS révélaient qu'ils leur reversaient parfois jusqu'à 50% de leurs revenus, voire jusqu'à 70% durant la période de formation.

La réforme veut permettre aux médecins généralistes de prescrire des séances de psychothérapie, comme c'est le cas pour les physiothérapeutes.

L'idée semble convaincre au parlement. Du PDC - qui a interpellé le Conseil fédéral, en passant par le PS - notamment Rebecca Ruiz, conseillère nationale vaudoise et présidente de la Fédération suisse des patients, et jusqu'à l'UDC: tous la soutiennent.

Réduction des coûts

"Je suis favorable à ce que le patient passe par un généraliste", confirme le conseiller national Raymond Clottu (UDC/NE). "Cela peut éviter certains frais, les services d'un psychiatre étant plus onéreux que ceux d'un psychologue."

Sur un possible effet positif sur les coûts de la santé, le conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) se montre plus réservé. "Plus on a de personnes qui peuvent offrir des prestations à charge de l'assurance obligatoire, plus les coûts vont augmenter", estime-t-il. "J'ai un peu de peine, dans le contexte actuel (de volonté de réduction des coûts de la santé, ndlr.), de dire 'Allons-y, ouvrons les vannes, offrons davantage de prestations.'"

Essai pilote

Le Valaisan préconise toutefois un essai pilote dans un canton. Un nouvel article de la LaMal, qui devrait être validé par le parlement, prévoit justement la possibilité d'expérimenter des solutions au niveau cantonal pour agir sur les coûts de la santé.

Quant aux psychiatres, ils sont également favorables à cette réforme. Pour Pierre Vallon, président de la Société suisse des psychiatres, les psychologues devraient bénéficier d’une plus grande indépendance. Selon lui, la réforme permettrait même de mieux réguler le nombre de thérapeutes - comme c'est le cas aujourd'hui déjà pour les médecins spécialistes, avec le gel des cabinets – et ainsi d’agir positivement sur les coûts de la santé.

Au final, c'est le Conseil fédéral qui décidera s'il relance ou non la réforme. Le ministre de la Santé Alain Berset devrait répondre à l'interpellation du parlement d'ici la session d'automne.

>> Lire aussi: Le Conseil fédéral interpellé sur le remboursement des psychologues

Alexandra Richard/kkub

Publié le 21 juin 2018 à 08:47 - Modifié le 21 juin 2018 à 08:53