Publié le 18 juin 2018 à 07:11

Le Conseil fédéral interpellé sur le remboursement des psychologues

Le gouvernement a gelé la réforme en cours, après cinq ans de travaux image d'illustration).
Le Conseil fédéral interpellé sur le remboursement des psychologues La Matinale / 1 min. / le 18 juin 2018
L'inquiétude des psychologues sur le remboursement de leurs thérapies par l'assurance maladie est désormais relayée au Parlement. Une interpellation presse le gouvernement de relancer une réforme au point mort.

En mai dernier, les psychologues dénonçaient dans La Matinale de la RTS le système qui les lie aux psychiatres. Leurs témoignages révélaient qu'ils leur reversaient parfois jusqu'à 50% de leurs revenus et même 70% dans la période de formation.

>> Lire: Des psychologues dénoncent les "abus" des psychiatres superviseurs

Aujourd'hui, la conseillère nationale PDC Géraldine Marchand-Balet, à l'origine de l'interpellation, demande au Conseil fédéral de revoir le système de facturation pour les psychologues. Elle ne comprend pas pourquoi le gouvernement a gelé la réforme en cours, après cinq ans de travaux.

Ne plus dépendre uniquement d'un psychiatre

Pour être remboursés, les psychologues sont soumis actuellement au modèle de la délégation - c'est-à-dire qu'ils dépendent d'un psychiatre. Le projet prévoyait de changer ce modèle de facturation à l'assurance de base pour passer à celui de la prescription, comme les physiothérapeutes par exemple: c'est un médecin généraliste qui peut prescrire une thérapie et en définir le nombre de séances.

C'est précisément ce que revendiquent les psychologues, qui ont donc trouvé un relais au Parlement. Selon eux, ce changement permettrait d'éviter les abus mais aussi de gagner du temps pour prendre en charge le patient rapidement, alors que les listes d'attente sont actuellement très longues.

Traiter les problèmes en amont

Pour Géraldine Marchand-Balet, il n'y a pas de risque de voir les coûts de la santé augmenter encore avec ce système. Retarder la prise en charge du patient aurait au contraire des conséquences plus lourdes à long terme: "Pour des gens qui vivent des difficultés sociétales, professionnelles ou familiales, des deuils, des situations de crise, des situations de stress important, de toute façon des problèmes inhérents à la santé surgiront à un moment donné", souligne la Valaisanne. "Si on ne prend pas en amont, si on ne prévient pas cette prise en charge des patients, les frais de traitement par la suite seront beaucoup plus conséquents (…) C'est un mauvais calcul financier."

Alexandra Richard/oang

Publié le 18 juin 2018 à 07:11