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Alain Berset n'exclut pas de faire payer les tests à ceux qui refusent la vaccination

Pas de généralisation du certificat sanitaire en Suisse: interview d’Alain Berset [RTS]
Pas de généralisation du certificat sanitaire en Suisse: interview d’Alain Berset / Forum / 8 min. / le 16 juillet 2021
Alors que le nombre de cas repart à la hausse, Alain Berset ne souhaite pas une extension du certificat sanitaire comme en France. Interrogé dans Forum, le conseiller fédéral en charge de la Santé n'exclut en revanche pas de faire payer les tests à ceux qui les multiplient pour sortir et fréquenter les grandes manifestations.

Faisant le point sur la hausse des cas ces derniers jours, avec plus de 600 nouvelles contaminations en Suisse annoncées ce vendredi, Alain Berset estime que cette évolution "n'est pas complètement inattendue", mais que "cela vient plus tôt que ce qu'on aurait espéré ou imaginé" à cause du contagieux variant Delta.

>> Lire aussi: La Suisse enregistre plus de 600 nouveaux cas en une journée

"Mais la situation est complètement différente des dernières fois, parce qu'on a maintenant un accès large aux vaccins pour celles et ceux qui le souhaitent (...) ce qui va donner une autre évolution dans ce début de quatrième vague", ajoute le ministre la Santé.

"Le rôle du Conseil fédéral n'est pas de dire aux gens ce qu'il doivent faire"

A la question de savoir s'il faut étendre le pass sanitaire aux cafés, restaurants ou musées, comme la France l'a décidé, Alain Berset répond que ce n'est pas à l'ordre du jour, mais qu'il faut rester prudent avec les incertitudes qui règnent.

Et d'ajouter que le Conseil fédéral préfère, comme il l'a fait depuis le début de la pandémie, prendre des mesures "adaptées à notre ADN politique, à la manière dont on fonctionne en Suisse", donc donner la possibilité aux Suissesses et aux Suisses de se faire vacciner. Mais il est à ses yeux de la responsabilité de chacun de se décider. "Le rôle du Conseil fédéral n'est pas de dire aux gens ce qu'ils doivent faire, mais c'est d'apporter des choix."

Le conseiller fédéral précise également que si la vaccination ralentit, "elle se passe vraiment bien": 85% de couverture pour les groupes à risque et deux tiers des adultes bientôt vaccinés. Et de pousser les indécis à se décider. "L'arrivée du variant Delta et l'efficacité du vaccin contre lui devrait encourager celles et ceux qui hésitent. C'est l'un des vaccins les plus sûrs qu'on ait jamais eu, il a déjà été utilisé des centaines de millions de fois, on a maintenant un très bon recul pour dire qu'il est sûr et de haute qualité."

Penser à la cohésion de la société

Mais faut-il durcir le ton envers celles et ceux qui refusent la vaccination? Pour Alain Berset, tout le monde va tôt ou tard entrer en contact avec le virus et cela se fera de deux manières, une qui est contrôlée avec la vaccination et une qui ne l'est pas, où l'on prend le risque d'une infection potentiellement grave. "C'est un peu une loterie", ajoute le Fribourgeois.

Le conseiller fédéral estime toutefois qu'il faut aussi penser à la cohésion de la société et que "ceux qui pourraient faire le choix de la vaccination et ne le font pas ne vont pas nous aider à sortir collectivement de cette situation, car chaque vaccination est un pas solidaire pour qu'on sorte de là".

Faire payer les tests? "On peut se poser la question"

Alors que certains prônent une augmentation du prix des tests pour inciter les gens à se faire vacciner, Alain Berset se montre plus nuancé, distinguant plusieurs catégories de personnes. Pour celles et ceux qui ont des symptômes et qui se font tester, il est logique que le test soit pris en charge par la collectivité. Quant aux personnes qui voyagent, ce sont elles qui paient leurs tests elles-mêmes.

Reste les personnes qui font des tests à répétition pour sortir, aller au match ou dans les grandes manifestations, sans vouloir se faire vacciner. "A 50 francs pour chaque test plusieurs fois par semaine pour pouvoir participer à la vie sociale, il y a un moment où on doit se poser la question de savoir si c'est juste que ce soit pris en charge par la collectivité", souligne le ministre de la Santé, tout en ajoutant que, pour l'instant, dans la mesure où la campagne de vaccination n'est pas terminée, il est "absolument judicieux" que le montant soit pris en charge.

Interview radio: Thibaut Schaller

Adaptation web: Frédéric Boillat

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