Modifié

Des pistes existaient pour faire survivre Vetropack, selon les syndicats

Le groupe Vetropack a écarté la piste proposée par les syndicats de la verrerie, mais le calendrier de la fermeture interroge
Le groupe Vetropack a écarté la piste proposée par les syndicats de la verrerie, mais le calendrier de la fermeture interroge / 19h30 / 2 min. / jeudi à 19:30
Au lendemain de l’annonce de la fermeture de Vetropack à Saint-Prex (VD), les employés se demandent encore pourquoi le groupe a fait ce choix pour la verrerie. Du côté des syndicats, comme des autorités cantonales ou fédérales, des pistes existaient. Quelles sont-elles et pourquoi ont-elles été écartées?

Les syndicats estiment que pour survivre, la verrerie de Saint-Prex aurait pu investir dans un nouveau four moins gourmand en énergie et financé en partie par des aides de la Confédération. Mais l'option a été balayée par la direction.

Corinne Meier, employée Vetropack et membre du groupe de travail, s'est dite "très déçue" de la décision dans le 19h30 de la RTS jeudi.

"On a réussi à démontrer que c’était une solution qui amenait plein de bonnes choses", a-t-elle relevé en reconnaissant que ce four représentait un investissement pour la verrerie. "Mais il y avait aussi beaucoup d’économies" à la clef, a-t-elle souligné.

>> Lire aussi : Vetropack ferme son site de production de verre à St-Prex

Une technologie innovante

Ce plan s’appuyait sur une technologie innovante: la fusion du verre par oxycombustion. Concrètement, au lieu de faire fondre le verre dans l’air, à fort taux d’azote, ce procédé consiste à augmenter le taux d’oxygène, ce qui réduit les besoins de gaz et les émissions de CO2.

Une technologie plus efficace pour laquelle il fallait investir 40 millions de francs.

Aides publiques possibles

Ce four aurait peut-être pu bénéficier d’aides publiques. La nouvelle loi climat et innovation prévoit 200 millions de francs par an pour aider les entreprises à investir dans des technologies vertes.

Un plan séduisant sur le papier, mais qui ne convainc pas la direction qui affirme que ces aides n’ont pas été envisagées. "Seules les mesures d'encouragement existantes pour la réduction des émissions de CO2 et les économies d'énergie ont été discutées", a répondu la direction de Vetropack à la RTS.

Ce discours contredit les propos de la conseillère d’Etat vaudoise Isabelle Moret, qui assure qu'il y avait des "possibilités" d'aides financières.

"Les deux conseillers fédéraux Guy Parmelin et Albert Rösti ont reçu la direction de Vetropack que j’ai accompagnée pour voir quelles étaient les possibilités, notamment avec les subsides financiers qui existent au niveau de la loi sur le climat et l’innovation et il y avait des possibilités d’aides financières à partir de janvier 2025", précise Isabelle Moret.

>> Les précisions de Matthieu Hoffstetter dans le 19h30 de jeudi :

Les précisions de Matthieu Hoffstetter sur la fermeture précipitée de la verrerie de St-Prex (VD)
Les précisions de Matthieu Hoffstetter, sur la fermeture précipitée de la verrerie de St-Prex (VD) / 19h30 / 58 sec. / jeudi à 19:30

Hypothèse des employés

Face au fait que la direction de Vetropack n’a pas voulu attendre 2025, Nicole Vassalli, responsable du secteur industrie Unia Vaud, se demande si c'est pour ne pas se retrouver l’an prochain en position inconfortable, avec des "aides concrètes au niveau fédéral qui pourraient être mises sur la table" et qui ne laisseraient pas le choix au groupe de réinvestir à Saint-Prex.

La solution trouvée aurait donc été de fermer plus vite, fermer avant les aides. Une théorie partagée par certains employés qui vont perdre leur poste.

Sujet TV: Matthieu Hoffstetter

Adaptation web: juma

Publié Modifié