Modifié le 27 février 2019 à 15:32

Une étude juge sèchement la politique lausannoise face au deal de rue

La lutte contre le deal de rue prend des formes différentes.
Une étude juge sèchement la politique lausannoise face au deal de rue Le Journal horaire / 28 sec. / le 27 février 2019
Une étude suggère aux autorités lausannoises de gérer le deal de rue, plutôt que de s'épuiser à le combattre avec la police. Elle leur conseille d'instaurer une vraie collaboration entre ses différents services, y compris sociaux.

Commandé au printemps dernier par la direction municipale de la Sécurité, et publié mercredi par la Ville de Lausanne, le document de 27 pages est une étude comparative avec les politiques menées dans les villes de Berne et de Zurich. Il ne s'agit pas d'une évaluation, mais d'une analyse basée sur des interviews de différents responsables des trois villes.

Valse-hésitation décisionnelle

Dans leurs conclusions, Pierre Esseiva, directeur adjoint de l'Ecole des sciences criminelles (ESC), Christine Burkhart, doctorante à l'ESC, et Frank Zobel, directeur adjoint d'Addiction suisse, relèvent que Lausanne hésite entre une certaine tolérance vis-à-vis d'une consommation canalisée de drogue (micro-deals) et une réaction prompte contre tout dérapage, par exemple l'appropriation de l'espace public par des trafiquants.

Il faut que la situation se dégrade vraiment, que les réactions de la population augmentent, que les médias s'y intéressent pour que des mesures urgentes soient annoncées, constatent ces spécialistes.

La police bien seule au front

Et ces mesures passent par des plans d'action revus et corrigés pour la police, corps auquel il est à l'évidence le plus facile de donner des ordres. L'étude montre pourtant à plusieurs reprises les difficultés pour la police de se retrouver en pointe et isolée sur ce dossier.

Elle déplore également que les efforts de la chaîne pénale "restent dans des schémas répressifs traditionnels (...) sans intégrer franchement et de manière équilibrée les autres acteurs dans une approche plus transversale".

Manque de souplesse et de pragmatisme

La coordination entre les différents acteurs "semble beaucoup plus développée à Berne et Zurich tant au niveau formel qu'informel", constatent encore les chercheurs. Si l'on se montre souple et pragmatique côté alémanique, Lausanne se distingue aussi par "une certaine rigidité, une tendance top-down (de haut en bas)" et une action chacun pour soi, en silo.

ats/oang

Publié le 27 février 2019 à 15:13 - Modifié le 27 février 2019 à 15:32

Traumatismes fondateurs des politiques bernoise et zurichoise

Après les "traumatismes" des scènes ouvertes (Platzspitz, Letten, Kocherpark), les deux villes alémaniques ont mis en place des structures visant à éviter tout retour du phénomène. Pour y parvenir, elles sont parties du constat qu'il fallait réunir toutes les forces et les faire collaborer de manière efficace et structurée.

Et aujourd'hui, le deal de rue n'est plus un problème majeur à Berne comme à Zurich. Des réunions régulières permettent aux différents services de travailler ensemble et de veiller au grain contre la résurgence d'une scène ouverte.