Modifié le 04 mars 2016

Le canton de Genève incite ses étrangers à se faire naturaliser

Les demandes de naturalisation ont explosé dans les cantons de Vaud et de Genève
Les demandes de naturalisation ont explosé dans les cantons de Vaud et de Genève 19h30 / 2 min. / le 03 mars 2016
Dans les cantons de Genève et de Vaud, les demandes de naturalisation ont presque doublé entre le début 2016 et la même période de l'an passé. Les étrangers établis à Genève sont incités à demander le passeport.

La nationalité suisse n’a jamais été aussi attractive. En 2015, 40'588 étrangers ont obtenu le passeport suisse, soit une hausse de 20% par rapport à 2014, alors que la tendance était à la baisse depuis 2006.

>> Lire: Explosion des naturalisations en 2015, après des années de baisse

Ce regain d'intérêt pour le passeport à croix blanche se constate dans les cantons de Genève, Vaud et Fribourg.

 

Dans les cantons de Vaud et Genève, l’augmentation s'est même accélérée durant les deux premiers mois de l'année 2016, par rapport à la même période l'année précédente.

La votation récente sur le renvoi des criminels étrangers a été présentée comme une des explications de cette hausse, mais elle n'est pas la seule.

Le durcissement des conditions de naturalisation voulu par les chambres fédérales est aussi en cause.

Le cas des fonctionnaires internationaux à Genève

Dès le 1er janvier 2017, seuls les permis C pourront prétendre au passeport suisse. Les détenteurs de permis B, L, F et internationaux ne pourront plus se porter candidats, or ils sont fortement représentés dans le canton de Genève.

Les fonctionnaires internationaux titulaires d'une carte de légitimation peuvent actuellement se naturaliser au terme d’un séjour de 12 ans en Suisse, explique Bernard Gut, directeur de l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM).

Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi ils devront préalablement passer par un permis C, ce qui sera extrêmement compliqué. On les enjoint à se naturaliser avant le 1er janvier 2017.

Bernard Gut, directeur de l’OCPM
 

Compenser le départ des Suisses

Les autres catégories d'étrangers sont aussi incitées à franchir le pas en 2016. A Genève, la population atteindra sous peu le demi-million, mais les Suisses eux ont plutôt tendance à quitter le canton.

D’où la volonté de promouvoir la nationalité chez les résidents étrangers bien installés, et ainsi compenser le départ des confédérés.

Pour le chef du Département cantonal de la sécurité et de l’économie (DSE), "la naturalisation est un facteur d’intégration, même peut-être le couronnement de l’intégration. La reconnaissance de la personne qui a un certain nombre d’années de résidence de faire corps avec le pays," souligne Pierre Maudet.

>> Voir aussi : entretien avec Bernard Gut (OCPM) le 23 février 2016

Explosion du nombre de naturalisation - GE: entretien avec Bernard Gut à Genève
12h45 - Publié le 23 février 2016
 

Cecilia Mendoza et Joël Boissard/ptur

Publié le 04 mars 2016 - Modifié le 04 mars 2016