Modifié le 22 décembre 2018 à 19:09

Les voitures Tesla acquises par la police bâloise sont trop connectées

La police de Bâle-Ville devra attendre avant de rouler dans les Tesla. En cause, des inquiétudes sur la protection des données policières
La police de Bâle-Ville devra attendre avant de rouler dans les Tesla. En cause, des inquiétudes sur la protection des données policières 12h45 / 2 min. / le 21 décembre 2018
Les nouvelles Tesla de patrouille acquises par la police de Bâle-Ville sont hyper-connectées. Beaucoup trop, même, aux yeux du préposé bâlois à la protection des données, qui les prive momentanément de sortie.

Elles font pourtant la fierté de la police locale, ces sept Tesla flambant neuves. Mais elles doivent rester au garage, le temps de régler le délicat problème de la confidentialité des données. Car les Tesla sont bourrées de sensors, de micros, de caméras, qui recueillent en permanence toutes les données possibles et les transmettent immédiatement au serveur du fabricant américain, qui capte jusqu'au moindre mot prononcé par les agents à bord, leur localisation précise et le détail de tous les déplacenmments.

Tesla dispose même des moyens de modifier à distance la capacité des batteries.

Les particuliers doivent accepter la "transparence""

La presse alémanique, qui révèle l'affaire, estime que les autorités ont manqué de vigilance. En tout cas, le préposé à la protection des données, Beat Rudin, se pose des questions sur l'existence ou non d'un accord entre la police et le constructeur: "On ne sait pas vraiment si et comment les données personnelles captées dans ces voitures seront utilisées, lesquelles seront enregistrées et si Tesla recevra ces informations", assène-t-il. 

Car les particuliers qui font l'acquisition d'une Tesla sont tenus de signer les conditions générales de l’entreprise et ainsi de donner leur accord à la transmission automatique de toutes les données du véhicule.

140'000 francs l'unité

Hier soir, le commandant de la police bâloise affirmait à la télévision alémanique qu’il retirerait les cartes SIM Tesla des véhicules pour les remplacer par celles de la police.

Or, si tel est le cas, certains se demandent quel était l’intérêt de se doter de ces sept véhicules à 140'000 francs l’unité, un montant jugé exorbitant par nombre de politiques bâlois.

Les explications d'Alain Arnaud dans le 12h30:

Une des Tesla achetées par la police bâloise lors de sa présentation le 6 décembre 2018.
Georgios Kefalas - Keystone
Le 12h30 - Publié le 21 décembre 2018

Alain Arnaud/pym

Publié le 21 décembre 2018 à 13:40 - Modifié le 22 décembre 2018 à 19:09

Réaction et précisions de la part de Tesla

En réaction aux articles parus dans la presse suisse, Tesla précise que ses véhicules n’enregistrent pas les voix.

Le fabricant signale aussi qu’il ne géolocalise pas ses véhicules sans le consentement explicite de leurs utilisateurs, et ne conserve pas les données de localisation.