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Les locations Airbnb prolifèrent à Florence au détriment des habitants

En Italie, le nombre de locations Airbnb explose à Florence. Face à l’afflux de touristes parfois indélicats, les habitants fuient le centre-ville
En Italie, le nombre de locations Airbnb explose à Florence. Face à l’afflux de touristes parfois indélicats, les habitants fuient le centre-ville / 19h30 / 2 min. / le 18 avril 2023
A Florence, le nombre d'appartements en location sur la plateforme Airbnb explose depuis que le tourisme mondial a repris, à la fin de la pandémie. Conséquence: de plus en plus d'habitants fuient le centre-ville de la capitale toscane.

Ce printemps, on dénombre très exactement 10'867 logements proposés à la location dans la ville italienne de Florence sur la plateforme Airbnb. C'est presque le double de ce qui était proposé en septembre 2022, à savoir 7500 logements.

"Il n'y a pratiquement plus de résidents dans le vieux Florence. Depuis quelques années, on parle du centre comme d'un Disneyland de la Renaissance", constate avec regret Giulio Gori, journaliste au Corriere Fiorentino et auteur de plusieurs articles sur la multiplication des Airbnb dans sa ville.

Des sociétés structurées

Car la location d'appartements sur Airbnb devient de plus en plus un business géré par des sociétés très bien structurées. A Florence, vingt hôtes contrôlent à eux seuls 1101 appartements, soit près de 10% de l'offre de la plateforme, selon des statistiques publiées par le quotidien italien Corriere della Sera.

Ces sociétés sont "de facto des sortes d'hôteliers qui, bien que considérés comme des entreprises, bénéficient d'un régime fiscal et de normes bureaucratiques bien plus légères que celles imposées aux gérants d'hôtels", souligne le journal, qui évoque une forme de concurrence déloyale.

Le phénomène, qui existait déjà, s'est aggravé avec la pandémie. Lorsque le tourisme mondial s'est retrouvé à l'arrêt, de nombreux petits propriétaires auraient accepté de vendre leur logement, étant devenus incapables d'en assumer les coûts.

Crise du logement

Mais avec le retour des touristes, la situation est pire que jamais. "Florence traverse une crise du logement terrifiante", confirme Fabio Venneri Buono, un agent immobilier de la place qui évoque une centaine d'expulsions par mois.

Des familles, qui ont vu les prix des loyers augmenter, ne savent plus où aller se loger

Fabio Venneri Buono, agent immobilier à Florence

Dans les rues proches de la cathédrale, de nombreux palais ont été transformés en logements pour touristes avec des noms fictifs sur les sonnettes qui font référence à la Renaissance: Verdi, Michelangelo...

Initiative populaire

La demande est telle que même les habitations pour étudiants deviennent des Airbnb. "Je reçois des appels qui me demandent si le contrat d'un immeuble étudiant permet les sous-locations. En garantie, ils me disent que c'est le troisième immeuble qu'ils gèrent dans la ville", raconte Fabio Venneri Buono.

Face au centre-ville qui se vide de ses habitants, le maire de Florence Dario Nardella a déclaré vouloir lutter avec une initiative populaire pour sauvegarder les centres historiques, en évitant cette dérive du système fiscal. Mais, pour l'instant, seule Venise a le droit de limiter les locations pour touristes en Italie.

Reportage TV: Valérie Dupont

Adaptation web: jgal

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