Modifié le 21 septembre 2018 à 11:08

Hyundai va lancer mille camions à hydrogène sur les routes de Suisse

Alimentation d'un camion fonctionnant à l'hydrogène dans la première pompe de ce genre en Suisse, située à Hunzenschwil, dans le canton d'Argovie.
Mille camions électriques à hydrogène devraient bientôt sillonner les autoroutes de Suisse La Matinale / 2 min. / le 21 septembre 2018
Hyundai Motor a annoncé mercredi qu'il vendrait à la Suisse 1000 camions fonctionnant à l'hydrogène au cours des cinq prochaines années, faisant le pari de prendre de vitesse les camions électriques que prévoit de fabriquer Tesla.

Mille camions électriques à hydrogène devraient bientôt sillonner les autoroutes de Suisse. Le constructeur automobile Hyundai a annoncé avoir choisi la Suisse pour lancer la première flotte mondiale de camions, qui utiliseront une pile à combustible à hydrogène. Pour ce faire, Hyundai a signé un protocole d'accord avec la start-up zurichoise H2 Energy pour commercialiser ces camions dans les cinq ans. Le constructeur sud-coréen a trouvé en Suisse un marché particulièrement intéressant pour se lancer.

L'offensive de Hyundai n'arrive pas par hasard: le constructeur sud-coréen veut prendre de vitesse Tesla et Daimler qui ont tous deux annoncé le lancement de camions électriques pour l'année prochaine déjà. Hyundai a choisi la Suisse, pays au coeur de l'Europe connu pour son appétit pour les hautes technologies.

Taxes qui incitent à la transition

Mais les taxes poids lourds particulièrement élevées dans la Confédération accélèrent aussi la transition vers la mobilité écologique. "Pour faire aller les camions sur le train, les taxes poids-lourds en Suisse sont élevées. Elles agissent comme une incitation à la mise en place d'une mobilité électrique à hydrogène pour les camions", explique Rolph Huber, directeur général de H2 Energy.

>> Lire aussi: Sept sociétés veulent créer un réseau national de distribution d'hydrogène

Hyundai livrera ses camions à hydrogène en Suisse entre 2019 et 2023. La start-up H2 Energy s'occupera de la maintenance des moteurs et de l'adaptation des véhicules à leur usage. Mais pour permettre à ces 1000 poids lourds de rouler sur tout le territoire suisse, il faudra multiplier les stations d'hydrogène.

Réseau de distribution à développer

Sur ce point, Rolph Huber se veut confiant. "En mai 2018, une association privée a été fondée, avec de nombreux propriétaires de stations-service et des grands distributeurs (Avia, Coop, Coop Mineraloel, Migros, Migrol, Agrola et Fenaco)", expose-t-il. "Leur but est de développer un réseau de distribution d'hydrogène, et il y a une grosse demande de leur part pour posséder des camions qui fonctionnent avec cette énergie."

Cet optimisme s'explique aussi par les chiffres: dix camions suffisent pour rentabiliser une station d'hydrogène.

Invité dans La Matinale vendredi, Hubert Girault, professeur à l'EPFL, spécialiste en chimie et en électrochimie, explique la différence entre les voitures à hydrogène et électriques. "Les deux sont électriques.  Dans le véhicule à hydrogène, l'électricité est produite en roulant à l'intérieur du véhicule avec une pile à hydrogène."

La différence réside dans le poids, la batterie électrique étant très lourde, spécialement celle des camions. "Pour la voiture, par contre, la batterie est intéressante", note Hubert Girault.

>> Ecouter ses explications dans La Matinale:

Hubert Girault, spécialiste en chimie et en électrochimie.
RTS
La Matinale - Publié le 21 septembre 2018

La Suisse, laboratoire technologique

Ces camions à hydrogène qui circuleront bientôt dans le pays sont "une opportunité", affirme le scientifique. "La Suisse est en avance pour la promotion de ce genre de technologies, nous sommes un laboratoire technologique, c'est un rôle gratifiant."

Une bonne partie des 1000 camions roulant pour Coop, "ils n'auront même pas besoin d'un réseau de stations-service très développé: les camions font le plein d'hydrogène le matin au dépôt", explique Hubert Girault.

La voiture électrique généralisée

Même si les constructeurs se livrent actuellement une lutte acharnée, "tout le monde va gagner la course", à en croire Hubert Girault. "Bientôt, tous les fabricants offriront des voitures électriques, il n'y a pas que Tesla. Tout le monde conduira des voiture électriques d'ici deux à trois ans."

Et cela, même sans incitation des Etats, note le chercheur. "Le rôle des pouvoirs publics sera d'adapter la réglementation."

Esther Coquoz/kkub

Publié le 21 septembre 2018 à 08:29 - Modifié le 21 septembre 2018 à 11:08