Modifié le 19 juillet 2018 à 09:00

Un projet en faveur de la Genève internationale divise le Conseil fédéral

Le projet pour la Genève internationale n'a pas convaincu le Conseil fédéral.
Un projet en faveur de la Genève internationale divise le Conseil fédéral La Matinale / 2 min. / le 19 juillet 2018
Un projet resté secret jusqu'ici vise à implanter à Genève un forum mondial des sciences et des technologies de l'avenir. Mais le Conseil fédéral refuse pour l'instant de donner son feu vert, a appris la RTS.

Tout était prêt à la fin du mois de mai dernier pour lancer tambour battant ce projet baptisé "Geneva Plus" et dans lequel l'ancien président de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne Patrick Aebischer joue un rôle clé.

La Confédération devait mettre deux millions de francs et des donateurs privés environ huit millions pour lancer une fondation dédiée aux technologies du futur et à l'anticipation de leurs effets sur la société. Ce projet pilote était voulu par l'ancien chef du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) Didier Burkhalter, remplacé depuis sa démission par Ignazio Cassis.

Les noms de Patrick Aebischer et de Fulvio Pelli divisent

Mais tout est à recommencer, car le projet n'a pas convaincu une majorité du Conseil fédéral. Selon plusieurs sources, la forme du projet - une fondation mêlant argent public et fonds privés - n'a pas convaincu. Et la forte implication de l'ancien président de l'EPFL Patrick Aebischer a autant rassuré que divisé au sein du gouvernement.

Le conseiller national socialiste genevois Carlo Sommaruga est l'un des rares élus à avoir été informé de ce projet. Il confirme que le rôle du "retraité" Patrick Aebischer peut poser problème. Il en va de même pour le président prévu pour cette fondation, l'ancien président du PLR Fulvio Pelli.

"C'est vrai qu'il y a un certain étonnement. Fulvio Pelli n'est pas du tout l'homme de la Genève internationale (...) et Patrick Aebischer n'a pas les meilleures relations avec le monde académique genevois. On a parfois l'impression qu'on cherche à créer un instrument pour occuper la retraite de Patrick Aebischer", estime-t-il.

Tant Patrick Aebischer que Fulvio Pelli refusent pour l'instant de s'exprimer sur ce projet qu'ils couvent depuis plus de deux ans. Ils renvoient au DFAE, qui les a mandatés pour donner un nouvel élan à la Genève internationale.

Le potentiel de la diplomatie scientifique

Responsable de la communication des Affaires étrangères, Jean-Marc Crevoisier confirme que le projet "Geneva Plus" n'a pas encore reçu l'aval du Conseil fédéral mais le département va revenir à la charge: son but reste de lancer ce forum scientifique cette année encore, pour une phase pilote de deux ans.

A terme, selon les promesses faites par Patrick Aebischer, la Fondation Geneva Plus est censée attirer des capitaux privés à hauteur de dizaines, voire de centaines de millions de francs. Elle pourrait par exemple établir la réglementation mondiale d'internet ou fixer les limites de l'intelligence artificielle.

Ludovic Rocchi

Publié le 19 juillet 2018 à 08:26 - Modifié le 19 juillet 2018 à 09:00

Le concept de diplomatie scientifique déjà testé

Le concept de diplomatie scientifique est déjà testé à l’Université de Genève avec une interface proposée aux organisations internationales. "On voit notamment toute une série de questions, sur les migrations, sur le domaine de la santé publique... il y a vraiment un besoin de pouvoir identifier, entre toutes ces organisations, les questions qu'elles se posent. Puis ensuite d'amener l'expertise de nos universités, qui va leur permettre d'apporter des solutions nouvelles", défend le recteur Yves Flückiger.

"Je crois qu'il faut être ambitieux, il faut avoir un coup d'avance...C'est aussi notre capacité à montrer que ce système, ce projet de plateforme fonctionne. Et c'est avec cet exemple-là qu'on pourra avancer dans des projets encore plus ambitieux", ajoute-t-il.