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Les Suisses n'ont jamais été aussi optimistes depuis le début de la crise, selon un sondage SSR

Depuis le 17 février, le certificat et les masques ne sont plus nécessaires dans les restaurants et le bars. [Georgios Kefalas - Keystone]
Depuis le 17 février, le certificat et les masques ne sont plus nécessaires dans les restaurants et le bars. [Georgios Kefalas - Keystone]
L'optimisme au sein de la population n'a jamais été aussi fort depuis le début de la crise sanitaire. C'est ce qui ressort du nouveau sondage SSR, publié jeudi. L'enquête, menée dans la première partie du mois de février, révèle également une forte aspiration à lever les restrictions. Des résultats qui préfigurent un soutien à l'abandon des mesures anti-Covid annoncées mercredi par le gouvernement.

Au total, 50% des sondés se disent optimistes quant à l'évolution de crise sanitaire, contre 16% de pessimistes et 34% d'indécis. Ce taux n'a cessé d'augmenter au fil de la dizaine de sondages réalisés par Sotomo pour le compte de la SSR (lire méthode en encadré) ces deux dernières années.

Cet état d'esprit est partagé par toutes les générations. Le changement d'opinion est toutefois particulièrement marqué chez les jeunes adultes, entre 15 et 34 ans.

A cet optimisme s'ajoute un certain apaisement au sein de la société. Il s'agit d'un important changement par rapport aux derniers sondages qui révélaient une hausse des tensions, avec de la méfiance, de l'égoïsme et de l'agressivité.

Désormais, la population qualifie les relations interpersonnelles d'amicales et de solidaires.

Doutes concernant l'hiver prochain

L'espoir général est, malgré tout, teinté de scepticisme. Des doutes persistent concernant l'hiver prochain: seuls 41% des sondés pensent qu'il n'y aura pas de nouvelles restrictions pour contrer une hausse de contaminations.

Plus de la moitié estime, au contraire, que des mesures seront remises en vigueur et qu'il faudra compter sur des dispositions ponctuelles et saisonnières.

Faut-il laisser le virus se propager?

L'apparition du variant Omicron a fondamentalement changé les opinions sur la manière de gérer la pandémie. Alors qu'un quart des sondés soutenait une politique "zéro Covid" il y a quelques mois, ils ne sont plus que 9% à soutenir cette stratégie. La majorité, aujourd'hui, se positionne au contraire pour une large propagation de la maladie.

Mais cette vision n'est pas partagée par toutes les régions de la même manière, notamment en Suisse romande et en Suisse italienne où l'on soutient davantage la prudence.

Oui aux suppressions des mesures

Le sondage a été mené au début février, avant les annonces mercredi de la levée de la plupart des restrictions. Il montre que la population était prête à ces suppressions.

Plus de quatre personnes sur cinq souhaitaient la fin des limitations des capacités lors de fêtes privées et de l'obligation de travailler à domicile. En outre, une large majorité ne voulait plus du pass sanitaire, ni des quarantaines pour les cas contacts.

Ici aussi, on observe des différences régionales, avec une plus grande volonté d'assouplissement côté romand. Cela se vérifie notamment avec l'abandon du certificat, la suppression des limitations de personnes lors de manifestations privées et publiques.

Flou autour du masque

La position concernant le port du masque n'est pas claire. Au total, 53% des sondés sont en faveur d'une suppression générale. On note toutefois une certaine contradiction.

En effet, une majorité des personnes interrogées estiment qu'il faut maintenir un port obligatoire dans les magasins et les transports publics. Cette ambivalence démontre qu'il n'existe pas de position ferme sur le sujet, note les auteurs de l'enquête.

Baisse de confiance envers le Conseil fédéral

Malgré le soutien à la levée des mesures, la confiance envers la politique du Conseil fédéral en lien avec la pandémie a baissé par rapport à la dernière enquête d'octobre 2021, passant de 53% à 45%. Une diminution modérée en Suisse romande, mais très marquée en Suisse italienne.

Des différences apparaissent aussi entre les groupes d'âge. Dans l'ensemble, la confiance la plus forte se retrouve toujours chez les personnes de plus de 65 ans, tandis que les plus jeunes sont les moins convaincus par le gouvernement. Du côté des 35-64 ans, c'est le statu quo.

L'enquête d'opinion a également demandé aux sondés d'évaluer le travail de chaque conseiller fédéral. A ce jeu-là, c'est le chef du Département de la santé Alain Berset qui obtient le plus de points, suivi de Simonetta Sommaruga et Guy Parmelin. Viola Amherd occupe la quatrième position, devant Karin Keller-Sutter et Ueli Maurer. Le président de la Confédération Ignazio Cassis, lui, termine dernier.

Craintes personnelles, différentes selon l'âge

La question des craintes personnelles en lien avec le virus a fortement évolué ces deux dernières années. Par rapport à octobre dernier par exemple, la peur de voir ses libertés restreintes a augmenté et concerne désormais plus de la moitié des sondés. Elle constitue la première préoccupation. Le recul des inquiétudes économiques, lui, se poursuit. La crainte de pertes financières touche 20% des personnes alors que celle liée à la perte d'emploi a chuté à 11%.

Ces soucis touchent différemment les générations. La restriction des libertés, par exemple, préoccupe plus de 60% des jeunes entre 15 et 34 ans, alors qu'elle n'impacte que 40% des retraités. Une tendance qui se vérifie également concernant l'isolement ou les conflits dans la sphère privée. A l'inverse, la peur de contracter le virus inquiète davantage les personnes plus âgées.

Texte: Mathieu Henderson

Graphiques: Guillaume Martinez

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Méthode

L'enquête a été réalisée du 4 au 13 février 2022 par le centre de recherche Sotomo pour le compte de la SSR. Un total de 33'673 questionnaires remplis par des personnes de plus de 15 ans venant de toute la Suisse ont été évalués à cette fin. La plage d'erreur est de +/- 1,2 point de pourcentage.