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La proportion d'étrangers dans les prisons au plus bas depuis 15 ans

La prison de Cazis Tignez, dans les Grisons. [Gian Ehrenzeller - Keystone]
La proportion d'étrangers dans les prisons au plus bas depuis 15 ans / Le Journal horaire / 27 sec. / le 11 mai 2020
La proportion d'étrangers en prison n'a jamais été aussi basse en 15 ans: sur les 7000 personnes emprisonnées en Suisse à fin janvier dernier, 70% (4807) étaient de nationalité étrangère.

Le nombre de détenus étrangers a diminué de 4% en un an, a indiqué le criminologue Marcelo Aebi, revenant sur une publication de l'Office fédéral de la statistique (OFS) sur les incarcérations lundi. Dans son ensemble, la population carcérale reste stable depuis 2017.

"En termes statistiques, nous considérons que des augmentations ou des diminutions de plus ou moins 5%, traduisent une certaine stabilité de la population pénitentiaire. Il faudra attendre l'année prochaine pour savoir s'il s’agit d'une tendance ou d’une diminution ponctuelle", a poursuivi le professeur de l'Université de Lausanne.

Fermeture des frontières

Mais cette tendance pourrait se confirmer avec la fermeture des frontières, liée à la pandémie. "Les bandes organisées, qui parcourent le territoire et celui d'autres pays voisins, comptent probablement pour la moitié des vols de tout genre commis en Suisse", selon Marcelo Aebi.

Sur l’ensemble des personnes étrangères incarcérées à fin janvier, près de 5,6% (267) d'entre elles étaient détenues en attente d’être renvoyées dans leur pays d’origine, selon les mesures de contrainte au sens de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration (LEI). En 2019, il y a eu près de 5400 incarcérations de ce type (-3,4%).

Minorité de femmes

Sur l'ensemble des 6906 personnes incarcérées, on compte une très faible proportion de femmes (401 ou 5,8%). Et parmi les 7390 places disponibles dans les 100 établissements de privation de liberté en Suisse, 93,5% étaient occupées.

Selon le criminologue neuchâtelois André Kuhn , "les prisons sont surpeuplées en Suisse romande, mais pas en Suisse alémanique". Pour le même type de criminalité, Bâle ou Genève n'envoie pas le même nombre de personnes en détention avant jugement.

Avec la pandémie, on incarcère moins, mais on libère moins aussi. "Quelqu'un qui doit partir en libération conditionnelle doit être évalué. Or les évaluateurs comme les commission de dangerosité sont aussi touchées par le Covid-19, poursuit le Neuchâtelois. Il n'y a donc pas que les entrées qui sont freinées mais aussi les sorties."

ats/kkub

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