Modifié le 06 juin 2019 à 19:48

Parti par parti, quelle est la composition actuelle du Parlement fédéral?

En 2015, les élections au Conseil national avaient donné lieu à un net virage à droite avec 11 sièges de plus pour l'UDC et 3 pour le PLR. Tous les autres partis avaient perdu des plumes, à commencer par la gauche (-3 pour le PS et -3 pour Les Verts). Aux Etats, le PLR, le PDC et le PS étaient restés à l'équilibre.

Forte progression de l'UDC au National

En 2015, l'UDC était sortie largement vainqueur des élections au Conseil national avec un total de 29,4% des voix, dépassant largement le résultat de 2011 (26,6%) et battant son précédent record électoral en 2007 (28,9%). Avec ce score, le premier parti du pays avait obtenu 65 des 200 sièges à la Chambre du peuple, soit 11 fauteuils de plus qu'en 2011.

Deuxième force du pays, le Parti socialiste avait lui quasiment stagné en termes de suffrages (18,7%, contre 18,8% quatre ans auparavant), mais il avait tout de même perdu trois sièges en quatre ans (de 46 à 43 députés).

Au troisième rang, le Parti libéral-radical avait réussi à freiner le net recul enregistré en 2011 et avait même augmenté sa députation de trois unités, avec 33 sièges pour un total de 16,4% des voix, contre 15,1% en 2011.

Quatrième parti du pays, le PDC avait lui encore reculé avec 11,6% des voix, contre 12,3% en 2011 et 14,5% en 2007. Les démocrates-chrétiens envoient depuis lors 28 députés à Berne, un de moins qu'en 2011.

Les Verts avaient eux encore perdu du terrain, obtenant 7,1% des suffrages, contre 8,4% en 2011 et 9,6% en 2007. Le groupe écologiste avait ainsi perdu quatre membres et en compte ainsi 11 à l'heure actuelle.

En forte progression en 2011, les Vert'libéraux et le Parti bourgeois démocratique avaient eux aussi reculé. Les premiers étaient passés de 5,4% des voix à 4,6%, perdant cinq députés (sept au total). Le second s'était érodé de 5,4% des suffrages à 4,1%, en recul de deux mandats (sept au total).

Les plus petits partis s'étaient répartis les sept sièges restant, la gauche de la gauche célébrant son retour sous la Coupole après quatre ans d'absence avec un élu et 0,8% des voix. Le Parti évangélique (2 sièges et 1,9% des voix), la Lega (2 sièges et 1% des voix) et le Mouvement Citoyens Genevois (1 siège et 0,3% des voix) avaient maintenu leur députation à la Chambre du peuple.

Le PLR et le PDC majoritaires aux Etats

Concernant le Conseil des Etats, trois partis sont à force quasiment égale depuis 2015, donnant toutefois une teinte de centre droit à la Chambre des cantons. Il y a quatre ans, c'est le PLR qui avait le plus progressé avec un gain de deux sièges pour arriver à 13 au total.

Le PDC avait également obtenu 13 des 46 sièges, le même nombre qu'en 2011, alors que le PS en avait décroché 12, en augmentation d'une unité.

Une fois de plus, l'UDC était la grande perdante de ce scrutin au système majoritaire, un mode d'élection souvent beaucoup plus défavorable à ce parti que le système proportionnel. L'UDC n'avait obtenu que 5 sièges (pas de changement par rapport à 2011) auxquels il faut ajouter un indépendant qui a intégré le groupe UDC.

Les plus petits partis ont également moins de chances d'être élus dans cette chambre, si bien que Les Verts n'avaient conquis qu'un seul fauteuil (-1), de même que le PBD (égal), alors que les Vert'libéraux avaient eux dû céder leurs deux sièges de sénateurs.

La composition du Conseil des Etats n'a qu'à peine évolué depuis 2015. Le PLR saint-gallois a toutefois perdu au profit du PDC le siège laissé vacant par Karin Keller-Sutter.

>> Lire aussi: Petit lexique pour mieux comprendre les institutions fédérales

Frédéric Boillat et Valentin Tombez

Publié le 05 juin 2019 à 14:11 - Modifié le 06 juin 2019 à 19:48