Modifié le 07 février 2019 à 14:09

Plus de 400 jeunes migrants non accompagnés ont disparu en 2018

Un jeune migrant photographié à l'Hospice général de Genève, en 2016.
Plus de 400 migrants mineurs non accompagnés ont disparu en 2018 La Matinale / 2 min. / le 07 février 2019
En 2018, 417 jeunes migrants non accompagnés (MNA), souvent mineurs, ont disparu, selon le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM). Ce chiffre, en baisse par rapport en 2017, inquiète fortement la société civile.

Chaque année, des centaines de jeunes migrants qui arrivent en Suisse sans parents disparaissent sans avertir les autorités. Ils ont souvent entre 16 et 17 ans, voire tout juste 18 ans.

Les raisons de leur départ sont diverses: certains craignent l'échec de leur procédure d'asile, d'autres ont déjà reçu une décision négative, et certains cherchent à rejoindre un proche ailleurs dans le monde.

Ce phénomène inquiète Olivier Geissler, directeur du Service social international, ONG membre de l'alliance pour les droits des enfants migrants: "Souvent, ces jeunes entrent dans la clandestinité et se retrouvent dans une certaine précarité. Ils sont ainsi à la merci de certains réseaux de trafics".   

Encadrement spécifique

Face à ce que le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) appelle des "départs non contrôlés", son porte-parole Jonas Schmid indique à la RTS que "lors de leur séjour dans un centre fédéral, les requérants mineurs non accompagnés sont rendus attentifs à la problématique de la traite humaine et un encadrement spécifique est mis en place".

Cette prise en charge se poursuit ensuite dans le canton où le jeune migrant est attribué. "Là il bénéficie de mesures de protection spécifiques qui ressortent de la compétence du canton concerné, à savoir notamment un hébergement adapté à son âge, un encadrement professionnel ainsi qu'un curateur".

Les défenseurs de ces mineurs non accompagnés jugent cet encadrement insuffisant. Ils appellent les autorités à en faire davantage. Par exemple selon eux, tous les cantons devraient signaler systématiquement les disparitions d'un migrant mineur non accompagné. Ce qui ne serait pas le cas actuellement.

Sur ce point, le porte-parole du SEM précise que "seuls les mineurs qui séjournent légalement en Suisse, soit qui y sont enregistrés, peuvent faire l'objet de recherches en cas de disparition".

>> Ecouter aussi l'interview de Valentina Darbellay, chargée de projet à la Fondation Terre des Hommes:

La disparition des migrants mineurs non accompagnés inquiète (image prétexte).
Keystone
La Matinale - Publié le 07 février 2019

Marc Menichini/lan

Publié le 07 février 2019 à 11:22 - Modifié le 07 février 2019 à 14:09