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Le manque de pluie fragilise les digues protectrices aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, de nombreux polders se trouvent en-dessous du niveau de la mer. [Image Source/AFP - Mischa Keijser]
Le manque de pluie fragilise les digues protectrices aux Pays-Bas / La Matinale / 1 min. / le 22 août 2022
Les Pays-Bas souffrent eux aussi de la sécheresse et le manque d'eau fragilise les petites digues de l'intérieur des terres, traditionnellement faites de tourbe. Les autorités multiplient les inspections sur ces structures, qui font l'objet de toutes les inquiétudes.

De nombreuses digues coupent le paysage des Pays-Bas en deux et protègent les polders des eaux des canaux de drainage. Mais avec les fortes chaleurs de cet été 2022, la tourbe se fragilise.

"Si une fissure se forme, la tourbe sèche et finit par disparaître", explique André Koelewijn, spécialiste des digues à l'Institut Deltares de Delft, lundi dans La Matinale de la RTS. "En cas de soudaine montée des eaux, l'eau va s'infiltrer dans les fissures et la digue ne va pas résister à la pression".

Menace pour l'agriculture et l'élevage

Au moins deux mètres d'eau iraient alors se déverser en contrebas, là où les éleveurs font paître leur bétail. "Ce polder est à environ trois mètres sous le niveau de la mer. Alors, si les digues cèdent, mes vaches devront apprendre à nager", ironise l'un d'entre eux. "Il n'y aurait plus de ferme ici, juste un lac".

Le paysan assure pourtant ne pas avoir peur. Et c'est parce que les offices des eaux surveillent les digues et vérifient que tout soit en ordre et fonctionnel avant l'arrivée de l'automne et de l'hiver.

Des couches d'argile pour renforcer les digues

Les remblais sont ainsi régulièrement recouverts d'une couche de trente centimètres d'argile pour éviter les fissures. "On vérifie nos digues régulièrement, on calcule aussi leur résistance au moins tous les six ans", précise le chercheur André Koelewijn. "Si on s'aperçoit qu’elles ne sont plus sûres, on agit par exemple en ajoutant une couche extérieure de 30 centimètres d'argile, qui protège et ralentit l'évaporation de la tourbe".

>> L'interview d'André Koelewijn :

L'Institut Deltares, à Delft aux Pays-Bas. [Hans Lucas/AFP - Martin Bertrand]Hans Lucas/AFP - Martin Bertrand
Digues menacées par la sécheresse aux Pays-Bas: interview du chercheur André Koelewijn / La Matinale / 1 min. / le 22 août 2022

Précipitations trop mal réparties sur l'année

Mais, au-delà du problème des digues, les Pays-Bas sont désormais confrontés à une nouvelle problématique de l'eau: avec le réchauffement climatique, les précipitations ne sont plus régulières. Elles sont très faibles en été et beaucoup trop fortes en période hivernale.

"On dit que Dieu a fait le monde mais que les Néerlandais ont fait les Pays-Bas", sourit l'éleveur. "Nous sommes très bons pour construire des digues et des canaux. Sauf que maintenant, on doit aussi réussir à garder l'eau quand il le faut et à la faire partir quand il y en a trop".

Une des solutions envisagées est la création d'immenses réservoirs de stockage sur certains polders, pour récupérer l'eau l'hiver en prévision de l'été suivant. Et si les Pays-Bas ne s'adaptent pas suffisamment au changement climatique, le pays "va au-devant de graves difficultés", souligne André Koelewijn.

Jean-Jacques Hery/oang

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