Modifié

Interpellation déposée sur les pratiques policières après le drame de Morges

Trois policiers sont vus de dos et font face à la manifestation contre les violences policières à Morges. [Jean-Guy Python - Keystone]
La politique vaudoise s’empare du drame de Morges / Le 12h30 / 2 min. / le 18 septembre 2021
Une interpellation a été déposée au Grand Conseil vaudois suite à la mort d'un homme abattu par la police à Morges. Le député d'Ensemble à Gauche Hadrien Buclin s'interroge sur la proportionnalité de la réaction des agents ainsi que sur la formation des policiers.

Au centre de l'interpellation au Conseil d'Etat, co-signée par 4 élus de gauche, figure la proportionnalité de la riposte, face à une menace. Aujourd’hui, la police vaudoise a pour consigne de viser le haut du corps d’une personne afin de réduire le risque de manquer la cible. Pour Hadrien Buclin, député d'Ensemble à Gauche, cette pratique mérite d'être remise en question.

Formation "trop militaire"

"Ce n'est pas la première fois que la formation des policières et policiers est critiquée pour son côté trop militaire, trop axé sur le maintien de l'ordre pur et dur aux dépens d'autres types de réponses", indique Hadrien Buclin dans le 12h30 samedi. Comme alternatives, il évoque davantage de cours de psychologie et des techniques de désescalade ou de désarmement.

Pour rappel, l'homme a menacé les policiers avec un couteau sur l'un des quais de la gare en s'avançant vers eux.

>> Lire aussi: "Je n'ai jamais été fier d'avoir tiré, mais je n'ai jamais eu honte", témoigne un policier

L'élu s'interroge aussi sur la communication imprécise des forces de l'ordre et se demande comment l'éviter à l'avenir. Dans un premier temps, la police avait indiqué qu'elle avait immédiatement secouru l'individu blessé. Mais elle est revenue sur cette version, expliquant que le premier geste de réanimation avait été prodigué par un infirmier présent sur les lieux, et ce environ quatre minutes après le dernier tir.

Aborder la question du racisme "sans tabou"

Quant à la question du rôle qu'un éventuel racisme aurait pu jouer dans cette affaire, Hadrien Buclin rappelle que "les décès lors d'interventions policières ces dernières années sont des personnes noires ou métis. Donc je crois qu'il faut poser cette question sans tabou". Il prône davantage de prévention lors des formations, "pour éviter qu'on voie les personnes de couleur comme des menaces".

Interrogé dans Forum vendredi, Clément Leu, commandant de la Police Régions Morges, avait réfuté cette accusation. "Je ne peux pas l'accepter comme critique. La couleur de peau n'a eu aucune influence sur les actes effectués par mes agents à ce moment-là".

>> Lire aussi: "La couleur de la peau n'a eu aucune influence" dans le drame de Morges, selon la police

Le député s'inquiète aussi d'un possible conflit d'intérêt dans les enquêtes menées sur des policiers par des policiers. Il suggère au Conseil d'Etat la création d'un pôle indépendant dédié à ce genre de situations.

A ce propos, le procureur général du canton de Vaud Eric Cottier, qui a ouvert une instruction pénale pour meurtre, avait indiqué lors de l'émission Forum du 2 septembre que "le Ministère public et la police cantonale vaudoise ont mis en place, depuis maintenant plus d'une année, une force de police particulière, soit un détachement formé d'enquêteurs spécialisés qui travaillent en collaboration directe avec le procureur."

>> Lire aussi: Enquête pénale pour meurtre après le drame de la gare de Morges

Sujet radio Malika Scialom

Adaptation web Caryl Bussy

Publié Modifié