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Le Grand Conseil vaudois veut recenser les agressions liées à l'orientation sexuelle

Deux personnes LGBTIQ+ se tiennent la main lors de la Pride de Zurich, le 16 juin 2012. [Alessandro Della Bella - Keystone]
Le Grand Conseil vaudois veut recenser les agressions liées à l'orientation sexuelle / La Matinale / 1 min. / le 20 janvier 2021
Le Grand Conseil vaudois souhaite que la police recense les agressions basées sur l'orientation sexuelle. L'objectif consiste à bénéficier de statistiques pour mieux évaluer le phénomène et prendre des mesures.

"Les seuls chiffres connus viennent actuellement d'associations privées. Or sans chiffres officiels, il n'est pas possible de connaître vraiment le problème et de le combattre", a relevé la socialiste Claire Attinger Doepper au sujet d'une motion déposée en 2019 par la désormais conseillère nationale Léonore Porchet.

L'idée consiste à ce que la police puisse indiquer, lors du dépôt d'une plainte, le caractère homo, bi ou transphobe d'une agression. Il s'agirait d'ajouter une case spéciale à cocher avec une mention telle "agression homophobe". La victime serait libre de répondre ou pas à cette question.

Pour le Vert David Raedler, "il y a urgence à intervenir" sachant que ce type d'agressions est en croissance, mais que seules 10 à 20% d'entre elles sont répertoriées. "La récolte de ces chiffres légitimerait une politique publique et permettrait de voir comment la situation évolue", a ajouté Claire Attinger Doepper.

"Statistiques pas fiables"

A l'opposé, le PLR Pierre Volet a estimé que de telles statistiques ne seraient "pas fiables" car elles reposeraient uniquement sur le ressenti de la victime, sans connaître les véritables visées de l'agresseur. Selon lui, il faudrait "attendre un jugement" pour qualifier une agression.

D'autres élus ont aussi estimé que cette nouvelle case à cocher poserait des problèmes aux policiers, les forçant à entrer dans l'intimité d'une victime. "Les personnes concernées n'ont pas forcément envie d'avouer leur coming out", a déclaré Pierre Volet.

Renvoi au Conseil d'Etat

Pour la plupart des élus de droite, un postulat, moins contraignant pour le Conseil d'Etat, suffirait pour appréhender cette question. "Un postulat n'aurait pas de sens. Seule une motion permettrait de créer une base légale", a rétorqué la Verte Sabine Glauser Krug.

Son point de vue a été suivi par une courte majorité des élus: ils ont été 71 à soutenir le maintien de la motion, tandis que 69 ont demandé une transformation en postulat. Au vote final, ils ont été 81 à décider du renvoi de la motion au Conseil d'Etat, contre 50 non et 8 abstentions.

ats/kkub

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