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"Si ce n'est pas l'école qui donne un message de non-discrimination, qui va le faire?"

L'invitée de La Matinale (vidéo) - Caroline Dayer, chercheuse et docteure en études genres [RTS]
L'invitée de La Matinale (vidéo) - Caroline Dayer, chercheuse et docteure en études genres / La Matinale / 11 min. / le 21 décembre 2020
Le canton de Vaud vient de créer un poste pour agir contre l'homophobie et la transphobie dans les lieux de formation. Au sein du secrétariat général du Département de la formation de Cesla Amarelle, il est dévolu à Caroline Dayer, spécialiste des questions de genre.

Définir et ancrer une politique publique de lutte contre l'homophobie et la transphobie, tel est le rôle de Caroline Dayer, docteure, chercheuse, formatrice, écrivaine et spécialiste des questions de genre.

Pour Carole Dayer, interrogée dans La Matinale de lundi, "le but c'est d'avoir une action la plus concrète et la plus cohérente possible au sein des lieux de formation, de l'école primaire à l'université".

Elle insiste sur l'utilisation des termes d'homophobie et transphobie, car c'est tout l'enjeu de la politique publique. "Cela permet de la rendre lisible et si on peut mieux la lire, on peut mieux agir", explique encore l'experte qui travaillera sur deux axes principaux: la coordination de l'ensemble des entités institutionnelles et associatives qui travaillent déjà sur ces questions et la mise en place de meilleures procédures et d'outils pédagogiques adaptés.

Rôle de l'école

"Si ce n'est pas l'école qui donne un message de non-discrimination, qui va le faire?", s'interroge Caroline Dayer, qui précise qu'il y a urgence à agir. L'école sert aussi à avoir des connaissances scientifiques sur ces questions.

Les jeunes confrontés aux problèmes de genre peuvent avoir des séquelles sur la santé autant psychologiques que physiques parce qu'ils n'arrivent pas à se construire comme il n'y a pas de modèle positif ou qu'on n'en parle pas, relève l'experte.

"Etre soi-même ne va pas de soi, il y a toute une réflexion personnelle avant d'oser le dire, le problème c'est que ces élèves n'ont pas les mots pour s'identifier", conclut Caroline Dayer.

Propos recueillis par Valérie Hauert/lan

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