Publié

À Delémont, la création d'une zone 30 km/h suscite la controverse

Ambulanciers et pompiers ne veulent pas des nouvelles limitations de vitesse à Delémont. [RTS]
Ambulanciers et pompiers ne veulent pas des nouvelles limitations de vitesse à Delémont. / 12h45 / 1 min. / le 20 mars 2021
Une zone 30 km/h située sur un tronçon qu’empruntent les ambulanciers en intervention et votée par le Conseil de Ville de Delémont fait des vagues. La question des éventuels excès de vitesses pose notamment problème.

Dans la capitale jurassienne, un tronçon de 450 mètres qui pourrait passer de 50 à 30 km/h agace les ambulanciers et les pompiers de la ville. Et pour cause, il est la porte de sortie de ces professionnels, notamment pour rejoindre l'autoroute.

"Nos ambulances partent [de cette zone] sur le site de Delémont ou de Porrentruy et nous avons 3500 interventions urgentes et semi-urgentes qui arrivent sur Delémont, explique Thierry Charmillot, directeur de l'Hôpital du Jura, lundi dans le 19h30. Ce volume n’est donc pas négligeable pour nos ambulanciers dans l’utilisation de ce tronçon."

>> Lire aussi: À Delémont, des limitations de vitesse fâchent les véhicules d'urgence

Risque de sanctions

Dans les métiers de l'urgence, les interventions sont efficaces lorsqu'elles sont effectuées rapidement. Or, par exemple, si un ambulancier se fait flasher à 70 km/h dans cette zone 30, le chauffeur risque entre un et quatre ans de prison, malgré la possibilité d'être blanchi en tant que fautif.

D'après l'avocate spécialisée en circulation routière Véronique Fontana, les coupables devront "prouver qu'ils étaient en train d’effectuer une course officielle et urgente et que les attributs prioritaires, la sirène et le feu bleu, étaient enclenchés".

Les autorités convaincues

De son côté, Marc Ribeaud, conseiller de Ville socialiste à la base du projet, estime que le tronçon est une belle opportunité d'améliorer la sécurité à Delémont.

La future zone 30 km/h fera office de test pendant six mois. Les ambulanciers et les pompiers, qui n'ont pas été consultés, ont quant à eux fait opposition à la décision du Conseil de Ville.

Daniel Bachmann/iar

Publié