Modifié le 13 mai 2019 à 15:47

A Genève, une association tente d'endiguer la violence des jeunes

La RTS a suivi six jeunes violents pendant trois jours dans l'association Face à Face.
A Genève, une association tente d'endiguer la violence des jeunes L'actu en vidéo / 4 min. / le 13 mai 2019
A Genève, l'agression ultra-violente de Saint-Jean reste gravée dans les mémoires. Elle pose aussi la question de la réinsertion. Comment s'occuper des jeunes violents? La RTS en a suivi six pendant trois jours dans l'association Face à Face.

Des jeunes qui n'ont pas hésité à frapper pour un regard de travers ou encore une insulte. Ces quatre garçons et ces deux filles ont tous été envoyés par le Tribunal des mineurs dans cette association spécialisée dans la gestion de la violence.

"Moi je suis tombé pour plusieurs agressions (...) ça se passait plutôt la nuit car c'était plus discret. J'ai été condamné pour extorsion aggravée avec lésions corporelles", évoque l'un des mineurs dimanche dans le 19h30. Un autre reconnaît avoir été choqué par ses propres actions: "Je l'ai frappé et quand j'ai vu du sang, je suis resté sous le choc."

Reconnaître sa zone rouge

Au sein de l'établissement, qui accueille une quarantaine de personnes et dont la structure est reconnue d'utilité publique, la première étape consiste à faire reconnaître à ces auteurs de violence leur zone rouge, celle qui les fait basculer.

La personnel cherche donc à leur faire comprendre leurs faiblesses pour mieux appréhender ces pertes de contrôle. Mais il reste difficile de saisir réellement ce qui les fait basculer. Certains ont eu une enfance paisible alors que pour d'autres, les raisons semblent plus évidentes.

Pour Alizée Faucher, psychologue, c'est la banalisation de la violence, physique ou verbale, qui est au centre de la problématique: "Ils sont tellement confrontés à la violence, qu'elle soit physique, verbale, sexuelle ou encore économique (...) qu'ils ont tendance à la banaliser, que ce soit en tant qu'auteurs, témoins ou victimes (...) la violence verbale, les insultes font partie de leur quotidien".    

Rencontre avec la police

Au sein de cette structure, les délinquants sont aussi confrontés à la police, qui les fouille deux à trois fois par semaine.  Dans un second temps, les forces de l'ordre interviennent aussi pour expliquer le principe de ces contrôles. Une logique que ces adolescents âgés de 15 à 17 ans ont du mal à comprendre et trouvent injustes.

"On ne va pas changer leur vision de la police à 100%, c'est impossible, mais on essaye de faire du mieux qu'on peut", admet d'ailleurs Margaux Morel, gendarme.

Des résultats encourageants

Le centre affiche des résultats plutôt satisfaisants qui réjouissent les thérapeutes. En 2018, 78% des jeunes passés par ce programme n'ont pas récidivé dans les 10 mois qui ont suivi. Pour Claudine Gachet, directrice de Face à Face, il faut mettre en place une stratégie "de petits pas" pour que les adolescents "regagnent confiance" et qu'un "déclic" ait lieu.

Face à ce succès, le Tessin a demandé à l'association d'implanter ce programme dans le canton et de former des thérapeutes à partir de cette semaine.

Sujet TV: Cécile Tran-Tien

Adaptation web: Tristan Hertig

Publié le 13 mai 2019 à 11:18 - Modifié le 13 mai 2019 à 15:47