La Première propose une semaine thématique sur les Grisons.

Semaine thématique

Publié le 21 février 2018 - Modifié le 23 février 2018

Le canton des Grisons et ses particularités linguistiques

Le romanche a fêté le 19 février ses 80 ans d'accession au statut de langue nationale. A cette occasion, La Matinale de la RTS consacre une semaine thématique au canton des Grisons et à ses spécificités linguistiques.

  • Les liens avec Zurich

    Mille romanches sur les bords de la Limmat

    On dit souvent de Zurich qu'elle est la plus grande ville grisonne...en dehors du canton.

    Selon l'Office de la statistique de la ville de Zurich, environ mille habitants indiquaient le romanche comme langue principale lors du dernier relevé en 2013. Un chiffre significatif, sur un peu plus de 40'000 romanchophones dans tout le pays.

    Zurich est traditionnellement la ville où les Grisons vont étudier ou travailler. C'est aussi celle où l'on va pour réussir et se faire connaître, et bon nombre de Grisons y mènent des carrières de premier plan.

    L'humoriste Claudio Zuccolini, par exemple, qui rencontre un grand succès dans toute la Suisse alémanique.

    >> Le reportage à Igis, à côté de Landquart, où le comédien présente son dernier spectacle, "Warum?":

    Claudio Zuccolini
    Rico Rosenberger - Bild
    Ici la Suisse - Publié le 23 février 2018

  • Le tourisme, un secteur prospère

    Essor du créneau culturel

    Le tourisme génère un emploi sur deux dans le canton des Grisons. L'Engadine, une vallée qui va du col de la Maloja jusqu'à la frontière autrichienne, est d'ailleurs l'un des berceaux du tourisme alpin. Au programme: nature grandiose et sports d'hiver.

    Mais le secteur du tourisme culturel, qui vise un public plutôt fortuné, généralement des Allemands et des Suisses, est en plein essor. Le petit village de Sils Maria, par exemple, est depuis un siècle et demi un lieu apprécié de toute l'intelligentsia européenne: écrivains, hommes politiques ou philosophes.

    L'hôtel cinq étoiles Waldhaus est en mains de la même famille depuis son inauguration en 1908 et mise sur le secteur de niche de la culture. Et son succès fait des émules dans la région, de festival en hôtel dédié aux artistes contemporains.

    >> Le reportage dans un hôtel cinq étoiles de Sils Maria, en Engadine:

    La bibliothèque de l'hôtel Waldhaus de Sils Maria.
    Delphine Gendre - RTS
    Ici la Suisse - Publié le 22 février 2018

  • La Mesolcina

    La vallée que l'on confond avec le Tessin

    Parmi les vallées italophones des Grisons, la Mesolcina et ses sept communes sont géographiquement plus proches de Bellinzone, le chef-lieu du Tessin, que de Coire, sur l'autre versant du San Bernardino.

    La Mesolcina est souvent confondue avec le Tessin, jusque dans l'administration cantonale à Coire. Pourtant, ses habitants ne veulent surtout pas être considérés comme des Tessinois!

    "Si vous demandez aux gens si la Moesa devait être rattachée au Tessin, on vous répondra que non!", estime Nicoletta Noi-Togni, députée au Grand conseil grison et écrivain. "C’est clair, nous avons une tradition, une histoire (...) C'est peut-être aussi parce qu'on paie moins d’impôts et que les primes maladies sont plus avantageuses au Grisons. Et puis (...) on se sent différents, un peu spéciaux...", poursuit-elle.

    Même si au quotidien, les choses ne sont pas toujours simples: les écoliers, par exemple, passent de l’italien à l’allemand lorsqu'ils quittent l’école primaire pour poursuivre leur cursus et sont soumis à un examen d’allemand dans leur propre canton!

    "Sur l'aiguille de la balance"

    "J’aime beaucoup les Grisons, parce que j’y ai travaillé dans divers endroits, je vais souvent y skier et en vacances. Je me sens aussi un peu tessinois, parce que c’est juste à côté. Si on fait des courses ou qu'on sort, c’est toujours au Tessin. On est sur l’aiguille de la balance, juste au milieu. Mais je suis Grisons et content de l’être", tranche de son côté Alan Rosa, propriétaire et chef du restaurant Groven à Lostallo, et connu pour ses émissions de cuisine à la RSI.

    >> Ecouter le reportage en Mesolcina:

    Alan Rosa, chef au restaurant Groven à Lostallo.
    Nicole Della Pietra - RTS
    Ici la Suisse - Publié le 21 février 2018

  • Le rôle des médias

    La Quotidiana, un journal en cinq langues

    La Quotidiana constitue un cas rare, voire unique dans le paysage médiatique suisse. Né en 1997 de la fusion de trois quotidiens régionaux, ce journal plurilingue traite l'actualité dans les cinq idiomes grisons.

    Avec seulement 4000 abonnés, La Quotidiana connaît actuellement des difficultés financières. "Le problème c'est que les Rhéto-romanches sont bilingues ou plurilingues. Pour notre journal, c'est un désavantage car les Romanches ne renoncent pas à leur abonnement à un journal en allemand. Tous ne sont pas prêts à payer plusieurs abonnements", explique le rédacteur en chef Martin Cabalzar.

    La survie de ce journal dépasse l'enjeu médiatique car il symbolise la culture rétho-romanche, estime de son côté Andreas Gabriel, porte-parole de la Lia Rumantscha ("Ligue romanche"): "Il sert à la diffusion de la langue, il contribue au débat quotidien sur des thèmes politiques et aide à l'échanges au sein d'une communauté linguistique et culturelle. C'est comme un forum de la politique des langues".

    >> Ecouter le reportage au sein de la rédaction de La Quotidiana à Coire:

    La Quotidiana, journal plurilingue des Grisons.
    Delphine Gendre - RTS
    Ici la Suisse - Publié le 20 février 2018

  • Diversités linguistiques locales

    L'enseignement des langues

    Très présente dans toute la Suisse, la question des langues est particulièrement intense dans les Grisons avec l'allemand, l'italien et, bien sûr, le romanche.

    Malgré la volonté de créer une langue unifiée depuis une trentaine d'années - le romanche grison - les idiomes régionaux restent encore bien vivants. On en dénombre cinq, chacun ayant sa propre forme écrite: le puter, le vallader, le sutsilvan, le surmiran et le sursilvan.

    Cette diversité se retrouve souvent au cœur de débats politiques dans les régions romanchophones du canton depuis de nombreuses années et, notamment, sur le terrain de l'école.

    >> Le reportage dans une école primaire du petit village de Sagogn, où les enfants suivent des cours en sursilvan:

    La question des langues est encore plus intense dans les Grisons.
    Séverine Ambrus - RTS
    Ici la Suisse - Publié le 19 février 2018

  • Littérature romanche

    Nombreux ouvrages contemporains

    Le romanche est de moins en moins parlé, mais il regorge de petits bijoux littéraires, également disponibles en éditions bilingues.

    Parmi les plumes contemporaines les plus connues, on trouve notamment Rut Plouda, Chatrina Josty, Bibi Vaplan, ou encore Angelika Overath, une écrivain allemande expatriée en Engadine il y a dix ans.

    >> Le "catalogue" de RTSCulture:  Petits bonheurs littéraires en rhéto-romanche

  • Chasper Pult

    "Le romanche ne se porte pas mal"

    La langue romance se porte bien. C'est ce qu'observe Chasper Pult, ancien président de la Lia Rumantscha (Ligue romanche).

    "On disait depuis une centaine d'années que le romanche allait mourir, mais ce n'est pas du tout le cas. Au contraire, je constate qu'il y a une dynamique culturelle et linguistique qui est remarquable chez les jeunes."

    >> L'interview de Chasper Pult:

    Chasper Pult.
    RTR
    L'invité-e de Romain Clivaz - Publié le 19 février 2018

  • Economie

    Les Grisons misent sur l’agrotourisme

    Avec plus de 4,6 millions de nuitées enregistrées en 2016, le canton des Grisons représente l’une des destinations touristiques les plus prisées en Suisse, à la fois pour la clientèle indigène et étrangère.

    Mais, comme beaucoup d'autres stations alpines, les Grisons connaissent une baisse de fréquentation. Désormais, le canton de Suisse orientale mise également sur l’agrotourisme pour attirer de nouveaux visiteurs avec, notamment, des produits locaux, explique Jon Domenic Parolini, directeur du Département cantonal de l’économie publique.

    A noter que, parmi les 2000 exploitations agricoles grisonnes, plus de la moitié sont actuellement converties à l’agriculture biologique.

    >> Les précisions de Nicole della Pietra:

    L’agritourisme est un domaine dans lequel les Grisons sont précurseurs.
    Gaëtan Bally - Keystone
    La Matinale - Publié le 19 février 2018