Modifié le 15 janvier 2018

La Suisse distancée par plusieurs pays d'Europe en termes d'égalité salariale

Égalité salariale entre hommes et femmes: des pays s’activent
Égalité salariale entre hommes et femmes: des pays s’activent 19h30 / 2 min. / le 10 janvier 2018
Plusieurs pays européens ont annoncé en ce début d'année de nouvelles mesures pour lutter contre les inégalités salariales entre hommes et femmes. La Suisse, de son côté, n'est dotée d'aucun arsenal contraignant.

La question de l'égalité salariale entre hommes et femmes est au coeur de l'actualité de ce début d'année dans plusieurs pays européens.

Lundi, l'une des plus éminentes journalistes de la BBC, la correspondante de la chaîne britannique à Pékin Carrie Gracie, a annoncé sa démission après avoir découvert qu'elle gagnait 50% de moins que ses collègues masculins.

>> Lire: Après 30 ans à la BBC, elle claque la porte à cause des inégalités salariales

Parallèlement, de fermes résolutions pour lutter contre les discriminations salariales liées au sexe ont été annoncées ailleurs.

Déjà classée par le Forum économique mondial comme le pays le plus respectueux de l'égalité femmes-hommes, l'Islande est devenue le 1er janvier le premier pays au monde à formaliser l'égalité des salaires entre hommes et femmes avec l'entrée en vigueur d'une loi coercitive.

Les entreprises sont désormais obligées de payer femmes et hommes de manière égale et s'exposent à des sanctions pécuniaires en cas de non-respect.

>> Lire: Payer un homme davantage qu'une femme est désormais illégal en Islande

La transparence salariale de plus en plus préconisée

Pour sa part, l'Allemagne a opté pour la voie de la transparence salariale. Une loi, entrée en vigueur le 6 janvier, donne le droit aux Allemandes travaillant pour des entreprises d'au moins 200 employés de connaître le montant du salaire d'au moins six de leurs collègues masculins.

Les entreprises de plus de 500 employés sont quant à elles tenues désormais de communiquer sur les écarts salariaux.

L'idée fait également son chemin en France. La secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a annoncé le 8 janvier, sans le détailler, un plan "dur et concret" sur l'égalité salariale pour cette année.

Décidée à mettre en place des sanctions, Marlène Schiappa n'a pas exclu non plus la possibilité de mettre en place un dispositif de transparence des salaires.

Dix pays d'Europe ont pris des mesures

A ce stade, selon un rapport récent de la Commission européenne, dix pays européens ont mis en œuvre au moins une des quatre mesures "fondamentales" en faveur de l'égalité salariale (droit des salariés à être informés sur les rémunérations, obligation de rapport concernant les rémunérations de la part de l'employeur, obligation d’audit, négociations collectives prévoyant l’égalité de rémunération).

Aucune mesure contraignante en Suisse

De son côté, la Suisse n'est dotée d'aucune mesure coercitive. Le Conseil fédéral a présenté en juillet un projet modeste, qui prévoit d'obliger les entreprises de plus de 50 employés à faire analyser les salaires tous les quatre ans, et à communiquer les conclusions aux employés.

Mais le texte ne prévoit aucune sanction et ne séduit pas grand-monde: pour les syndicats, la gauche et les organisations féminines, le projet de réforme est trop timide. La droite et les organisations patronales décrient, elles, des mesures bureaucratiques et excessives.

Le principe d'égalité a beau être inscrit dans la Constitution et dans une loi fédérale, la Loi sur l'égalité (LEg), la Suisse a encore du chemin à parcourir pour atteindre la parité: il existe toujours un écart salarial inexpliqué d'environ 600 francs par mois entre les hommes et les femmes, selon l'OFS.

Pauline Turuban

Publié le 10 janvier 2018 - Modifié le 15 janvier 2018