Le suivi de la conférence de Lugano sur l'Ukraine. [Keystone]
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La Conférence sur la reconstruction de l'Ukraine est une réussite "qui donne de l'espoir aux Ukrainiens", selon Ignazio Cassis

- La Conférence sur la reconstruction de l'Ukraine s'est achevée mardi à Lugano sur un bilan positif. Sept principes ont été approuvés dans la Déclaration de Lugano par des dizaines d'Etats et organisations internationales au terme de deux jours de discussions. L'un d'eux énonce que la lutte contre la corruption sera au centre de la reconstruction en Ukraine.

- Interrogé dans le 19h30, le président de la Confédération Ignazio Cassis a estimé que cette conférence était une réussite et que "tout le monde était très content". "On a réussi à définir des principes sur lesquels on peut bâtir le chemin de la reconstruction", s'est félicité le Tessinois, estimant que "toute reconstruction commence déjà pendant la guerre" et qu'il s'agit de "donner de l'espoir aux Ukrainiens".

- De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que la reconstruction était "la tâche commune de tout le monde démocratique".

- Au total, plus de 1000 personnes, dont les représentations de près de 40 Etats et une quinzaine d'organisations internationales, se sont réunies au Tessin. Parmi elles, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

- La Suisse va doubler son aide à l'Ukraine pour atteindre 100 millions de francs d'ici fin 2023. Le président de la Confédération Ignazio Cassis a annoncé mardi à Lugano un effort de 15 millions pour appuyer l'économie numérique du pays.

Suivi assuré par la rédaction RTSinfo

07h00

Le regard balancé d'une journaliste ukrainienne

Interrogée dans La Matinale de la RTS, la journaliste ukrainienne Olena Abramovich porte un regard mitigé sur la conférence de Lugano.

"Pour moi c'était très frustrant de voir à distance ces centaines de personnes boire et manger des petits fours dans les salles de conférence, alors qu'on est parqués là, des dizaines de journalistes, sans même pouvoir acheter de la nourriture dans la zone sécurisée. On ne nous propose même pas un sandwich, rien! Donc sur ce point je trouve l'organisation suisse un peu injuste."

Mais une elle estime que cette conférence a tout de même été une "bonne chose" pour les leaders ukrainiens, qui avaient besoin "d'un lieu sûr pour se voir, discuter et établir des contacts". La journaliste reconnaît que la conférence "a été une bonne plateforme pour construire des bases pour le futur".

>> L'interview d'Olena Abramovich dans La Matinale :

Des participants dans une salle lors de la Conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine. [Keystone - Michael Buholzer]Keystone - Michael Buholzer
Conférence de Lugano: interview d'Olena Abramovich, journaliste ukrainienne / La Matinale / 1 min. / le 6 juillet 2022

20h25

Ignazio Cassis: "Des régions entières de l'Ukraine peuvent déjà être reconstruites"

La conférence de Lugano est une réussite, estime le président de la Confédération Ignazio Cassis. "Tout le monde était très content. On a réussi à définir des principes sur lesquels on peut bâtir le chemin de la reconstruction. Quarante pays ont adhéré à la Déclaration de Lugano", s'est félicité le Tessinois dans le 19h30.

Selon lui, la réunion s'est tenue au bon moment. "Toute reconstruction commence déjà pendant la guerre, il s'agit de donner de l'espoir aux Ukrainiens. De plus, on ne prépare pas un tel projet en quelques heures. Le Royaume-Uni s'est déjà mis à disposition pour la conférence de l'année prochaine et l'Allemagne pour 2024. J'en suis très content."

Ignazio Cassis a rappelé que la guerre se concentre désormais dans le Donbass. "On ne pense pas que la Russie soit en mesure de conquérir tout le pays. Cette option était présente au début du conflit, mais ce n'est plus le cas maintenant. Des régions entières peuvent être reconstruites dès maintenant."

"Après la fin de la conférence de Lugano, une séance opérationnelle a eu lieu pour établir les prochaines étapes et voir comment concrétiser tout cela très rapidement", a indiqué Ignazio Cassis.

>> L'interview d'Ignazio Cassis dans le 19h30 :

Ignazio Cassis revient sur le processus conclu à Lugano pour la reconstruction de l'Ukraine et la lutte contre la corruption
Ignazio Cassis revient sur le processus conclu à Lugano pour la reconstruction de l'Ukraine et la lutte contre la corruption / 19h30 / 2 min. / le 5 juillet 2022

20h00

La délégation ukrainienne satisfaite

Tout au long de la conférence de Lugano, la RTS a pu suivre la délégation ukrainienne dans les coulisses du sommet.

Pour Oleksiy Chernyshov, ministre ukrainien du Développement régional, la déclaration finale est un signal fort. "Imaginez qu'en quatre mois de guerre, c'était la première fois qu'une telle quantité de politiciens ukrainiens et internationaux se réunissaient en un seul endroit. Ils ont déjà partagé leur point de vue et leur stratégie pour la reconstruction", se réjouit-il.

>> Le reportage du 19h30 :

Organisateurs suisses et ukrainiens font un bilan positif de Lugano, mais les défis sont grands
Organisateurs suisses et ukrainiens font un bilan positif de Lugano, mais les défis sont grands / 19h30 / 2 min. / le 5 juillet 2022

18h15

L'heure du bilan

La conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine en est déjà à l'heure du bilan. Les participants repartent avec une feuille de route après avoir signé et accepté sept points fondamentaux.

Il est notamment question d'intensification des échanges entre l'Ukraine et ses partenaires, d'inclusion de la population et de respect des principes de développement durable.

Une somme colossale

Dans la Déclaration de Lugano, les participants ont aussi soutenu le projet de reconstruction présenté lundi par le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal. Le coût du rétablissement est estimé désormais à 750 milliards de dollars par Kiev.

Un somme colossale, alors qu'il ne s'agit encore que d'un montant provisoire et que la destruction de l'Ukraine est encore en marche.

>> Le bilan de la conférence de Lugano dans Forum :

La Conférence de Lugano sur l'Ukraine à l’heure du bilan
La Conférence de Lugano sur l'Ukraine à l’heure du bilan / Forum / 3 min. / le 5 juillet 2022

Un premier pas

Pour financer la reconstruction, Denys Chmygal a martelé que l'agresseur russe devait payer l'addition. Selon lui, les avoirs russes gelés à l'étranger doivent être confisqués.

Malgré les doutes sur la visibilité de la conférence de Lugano, les journalistes étrangers étaient présents au Tessin. Tout comme les représentants d'environ quarante Etats et une quinzaine d'organisations internationales.

Pour le président de la Confédération Ignazio Cassis et pour Denys Chmygal, un premier pas historique a été effectué sur la très longue route qui mène vers la reconstruction de l'Ukraine.

>> Voir aussi le sujet du 19h30 :

La Déclaration de Lugano pose la première pierre du processus d'aide à la reconstruction de l'Ukraine
La Déclaration de Lugano pose la première pierre du processus d'aide à la reconstruction de l'Ukraine / 19h30 / 1 min. / le 5 juillet 2022

Mais face à l'enfer de la guerre dans l'est de l'Ukraine, la conférence de Lugano peut sembler en décalage par rapport à la réalité du terrain.

>> Les analyses d'Antoine Silacci et de Tristan Dessert dans le 19h30 :

Entre Lugano et Lviv, les analyses de Pierre Nebel et Tristan Dessert sur l'issue de la Conférence de Lugano
Entre Lugano et Lviv, les analyses de Pierre Nebel et Tristan Dessert sur l'issue de la Conférence de Lugano / 19h30 / 2 min. / le 5 juillet 2022

>> Lire aussi : La lutte anti-corruption au centre de la Déclaration de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine

12h45

La lutte anti-corruption au centre de la Déclaration de Lugano

La lutte contre la corruption sera au centre de la reconstruction en Ukraine. Elle fait partie des sept principes approuvés mardi dans la Déclaration de Lugano par des dizaines d'Etats et organisations internationales.

Le fonctionnement de la justice devra être garanti. Parmi les autres principes dévoilés par le président de la Confédération Ignazio Cassis figure la poursuite des réformes.

>> Les précisions du 12h45 :

La Conférence de Lugano pose la première pierre du processus d'aide internationale à la reconstruction de l'Ukraine
La Conférence de Lugano pose la première pierre du processus d'aide internationale à la reconstruction de l'Ukraine / 12h45 / 1 min. / le 5 juillet 2022

L'Ukraine doit piloter le dispositif avec le soutien international. Les communautés de tout le pays, dont les minorités, doivent participer.

Le secteur privé et la société civile seront associés. La reconstruction ne doit pas porter que sur les infrastructures et les institutions, mais sur toutes les composantes économiques, sociales et environnementales.

Ces principes ne sont pas contraignants, mais seront évoqués et peut-être évalués lors de futures conférences.

>> L'analyse de Pierre Nebel dans le 12h45 :

Conférence de Lugano: les explications de Pierre Nebel
Conférence de Lugano: les explications de Pierre Nebel / 12h45 / 1 min. / le 5 juillet 2022

Une facture à 750 milliards

Les participants valident aussi la conférence d'experts prévue dans les prochains mois par la présidence allemande du G7. De même que l'organisation par la Grande-Bretagne de la seconde réunion sur la reconstruction de l'Ukraine en 2023. L'Allemagne a elle relayé sa volonté d'accueillir celle de 2024.

>> Les précisions du 12h30 :

La Confédération a promis de doubler son aide financière pour la reconstruction de l'Ukraine. [EDA - Alessandro della Valle - Keystone]EDA - Alessandro della Valle - Keystone
Cent millions de francs suisses de la Confédération pour aider l'Ukraine à se reconstruire / Le 12h30 / 1 min. / le 5 juillet 2022

12h30

"Une première étape clé", selon Ignazio Cassis

"Nous, et vous, avons pris une première étape clé vers la longue voie qui mène à la reconstruction de l'Ukraine", a affirmé le président de la Confédération Ignazio Cassis après une minute de silence pour les victimes de la guerre. "Notre travail prépare la période d'après la guerre, même si le conflit continue de faire rage", a-t-il insisté devant les représentants d'environ 40 Etats et d'une quinzaine d'organisations internationales.

Lors de la cérémonie finale, Denys Chmygal a exprimé la gratitude de son pays pour l'aide promise. Il a souligné que le travail de reconstruction débutera "dans quatre heures", en référence à une table ronde économique organisée l'après-midi même à Lugano.

"Objectif atteint"

"Après la guerre, nous reconstruirons tout, tout ce qui a été détruit sera mieux qu'avant", a encore lancé le chef du gouvernement ukrainien.

"Nous avons atteint" ce qui était possible "en aussi peu de temps", a encore affirmé à la presse Ignazio Cassis.

Ignazio Cassis et Denys Chymgal lors de la conférence de presse à l'issue de la Conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine. [Keystone - EDA/Alessandro della Valle]

11h30

Syngenta va apporter une aide de 400 millions à l'Ukraine

Syngenta Group va fournir une aide de 400 millions de dollars (385,4 millions de francs) aux agriculteurs ukrainiens sous forme de produits phytosanitaires et de semences, ainsi que de services, a appris mardi AWP auprès de sources gouvernementales ukrainiennes.

Le groupe bâlois promet par ailleurs des investissements dans le secteur agricole local et le réseau d'exportation, ainsi que dans le rétablissement du fret maritime. Syngenta veut également acheter au total plus de 240 containers de fret ferroviaire pour assurer l'exportation de la production agricole ukrainienne vers l'Europe.

Dans le cadre de la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine qui se tient jusqu'à mardi à Lugano, une lettre d'intention en ce sens a été signée entre Sergiy Klishin et Lidia Ozerova, représentants de Syngenta, et Markian Dmitrasevich, ministre adjoint ukrainien à la Politique agricole et alimentaires.

10h30

Les Etats-Unis donneront 6,2 milliards de dollars dans les prochains mois

Les Etats-Unis vont allouer une aide directe à l'Ukraine de 6,2 milliards de dollars dans les prochains mois. Ils ont annoncé mardi à Lugano qu'ils travaillaient avec les autorités ukrainiennes pour préparer cette assistance.

Il faut permettre à l'Ukraine d'atteindre toutes ses possibilités dans la lutte contre le climat et d'honorer les valeurs européennes, estime l'ambassadeur américain en Suisse, Scott Miller. Il a à nouveau condamné la Russie pour son offensive en Ukraine et lui a demandé de retirer ses troupes "sans délai".

Au total, jusqu'à présent, les Etats-Unis ont promis 10 milliards de dollars à l'Ukraine d'aide militaire et plus large, dont plus de 20% ont déjà été financés. Scott Miller a mentionné un "engagement historique" de la part de son pays.

10h15

Guterres estime que la reconstruction "doit démarrer maintenant"

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres estime que la reconstruction "doit démarrer maintenant". Dans une vidéo diffusée mardi à Lugano (TI), il a affirmé que l'organisation allait aider des millions de personnes supplémentaires dans les prochains mois.

Jusqu'à présent, elle a assisté jusqu'à neuf millions de personnes. L'ONU veut aussi accompagner l'Ukraine pour renforcer les institutions du pays.

10h00

La Suisse double son aide à l'Ukraine

La Suisse va doubler son aide à l'Ukraine pour atteindre 100 millions de francs d'ici fin 2023. Le président de la Confédération Ignazio Cassis a annoncé mardi à Lugano (TI) un effort de 15 millions pour appuyer l'économie numérique du pays.

"L'Ukraine doit piloter" sa reconstruction mais "nous devons la soutenir", a-t-il affirmé au second jour de la conférence sur ce pays.

En plus de son assistance bilatérale, la Suisse va continuer à accompagner les initiatives des organisations internationales pour l'Ukraine. Les efforts multilatéraux constituent "un antidote au recours à la force", a encore dit le président de la Confédération.

Bons offices

La Suisse reste aussi disponible sur ses bons offices. La réponse russe sur une possible représentation des intérêts russes en Ukraine ou ukrainiens en Russie se fait toujours attendre. La Suisse est prête à accueillir des pourparlers "pour mettre un terme à la guerre le moment venu", a insisté Ignazio Cassis.

De son côté, le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal a répété que son pays était victime d'un "génocide". Et il a à nouveau remercié la communauté internationale pour son soutien.

Le président de la Confédération Ignazio Cassis et la Secrétaire d'Etat Livia Leu à Lugano (TI). [Keystone - Alessandro della Valle]

09h45

La France aidera militairement et économiquement

A Lugano, la France a fait savoir qu'elle poursuivra son aide militaire "considérable" à l'Ukraine, y compris avec des armes lourdes, et qu'elle renforcera même ce soutien. Paris a en outre mobilisé deux milliards d'euros pour ce pays attaqué par la Russie.

François Delattre, secrétaire général du Quai d’Orsay, a aussi rappelé que Paris avait déployé des experts légistes sur place pour aider les enquêteurs à documenter les crimes de guerre.

S'agissant de la reconstruction, la France concentrera ses efforts sur la région de Tchernihiv (nord), qui a été durement touchée par les bombardements russes pendant les premières semaines de la guerre. La ville de Tchernihiv a des liens anciens établis avec la France et notamment avec la région Île-de-France.

09h10

L'Allemagne se dit prête à accueillir la conférence en 2024

L'Allemagne veut accueillir la conférence sur la reconstruction ou les réformes de l'Ukraine en 2024. Elle a répété mardi à Lugano (TI) son intention de fournir une aide de plusieurs centaines de millions d'euros.

Au premier jour de la réunion lundi, la Grande-Bretagne avait annoncé qu'elle organiserait la conférence sur l'Ukraine en 2023. Le président de la Confédération Ignazio Cassis avait salué cette décision, mentionnant une seconde réunion sur la reconstruction.

08h00

Inclure la voix de la société civile ukrainienne

Au milieu des dignitaires et des membres de gouvernement, une petite place a tout de même été réservée à la voix du peuple ukrainien. Pour la directrice de la coopération suisse, Patricia Danzi, qui lançait cet événement parallèle, il n'est pas question d'évoquer l'avenir de l'Ukraine sans inclure la société civile

"C'est très important que l'Ukraine en tant qu'Etat, mais aussi sa société civile, garde le contrôle. C'est eux qui sont à la source des réformes de la reconstruction", explique-t-elle dans La Matinale de la RTS.

"J'ai vu beaucoup de guerres, mais je n'ai jamais vu une guerre où le gouvernement et la société civile ont pu continuer à dialoguer. [...] Il faut un gouvernement qui soit fort, mais il faut aussi et surtout une société civile qui soit vibrante, un peu comme en Suisse."

>> L'interview de Patricia Danzi dans La Matinale :

Interview de Patricia Danzi, cheffe des opérations du CICR pour l'Amérique latine et les Caraïbes qui a participé à la libération d'otages en Colombie
La société civile a aussi une place importante dans la reconstruction de l'Ukraine / La Matinale / 1 min. / le 5 juillet 2022

07h00

Ce qu'il faut retenir de la journée de lundi

En visioconférence lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lancé un appel vibrant à préparer sans attendre la reconstruction de son pays, et à en faire un combat pour tout ce qu’il appelle le monde démocratique.

La présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen a de son côté annoncé une plateforme pour coordonner les efforts. Elle veut que les principes qui sont travaillés à Lugano soient à la base du processus de reconstruction.

750 milliards de dollars

Des annonces concrètes ont également été faites. Le Royaume-Uni s’est engagé à organiser une prochaine conférence comme celle de Lugano. La délégation ukrainienne a chiffré ses besoins, au moins 750 milliards de dollars, et a articulé un début de plan.

Reste à voir quel sera le cadre exact de cette reconstruction. Quels principes pour une reconstruction durable, égalitaire, démocratique, transparente, accompagnée de réformes? Le contenu de la déclaration de Lugano devrait être connu à l'issue de la journée de mardi. Il faudra toutefois attendre plus longtemps pour en savoir l'impact réel.

>> L'analyse de La Matinale :

Volodymyr Zelensky s'exprimant à la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine. [Keystone/EDA - Alessandro della Valle]Keystone/EDA - Alessandro della Valle
Sommet de Lugano sur l'Ukraine: que faut-il retenir de la première journée? / La Matinale / 1 min. / le 5 juillet 2022

20h55

Des objectifs modestes mais un processus sur les rails

Les objectifs de la conférence sont modestes et son succès en sera sans doute de même. L'idée à l'origine de ce rendez-vous était de lancer le processus de reconstruction de l'Ukraine et c'est plutôt bien parti à l'issue de la première des deux journées de travail à Lugano.

Les principes en cours de négociation figureront dans la déclaration finale qui sera publiée mardi. Il s'agira, selon la présidente de la Commission européenne, des fondements de cette reconstruction du pays.

>> L'analyse de Tamara Muncanovic :

Tamara Muncanovic analyse le premier jour de conférence à Lugano
Tamara Muncanovic analyse le premier jour de conférence à Lugano / 19h30 / 1 min. / le 4 juillet 2022

20h40

Des bénévoles ukrainiens à l'oeuvre pour nettoyer les régions libérées

L’Ukraine compte beaucoup sur l’aide internationale pour financer sa reconstruction. Même si l’est du pays vit toujours sous les bombardements, les régions libérées ont déjà commencé à reconstruire. Mais l’improvisation est la règle et l’argent manque encore.

C'est le cas notamment, à Lukashivka, dans la région de Tchernihiv, où les bénévoles sont venus avec leurs pelles et surtout leur bonne volonté. Ils ont parcouru 150 km pour venir nettoyer les ruines d’un village qui a eu le malheur de se trouver sur la route des envahisseurs.

>> Le reportage de Tristan Dessert dans le 19h30 :

L'Ukraine entame sa reconstruction
L'Ukraine entame sa reconstruction / 19h30 / 2 min. / le 4 juillet 2022

20h00

La planification de la reconstruction commence "maintenant"

"Nous sommes tous très confiants sur le fait que cette guerre prendra fin avec la victoire de l'Ukraine, malgré toutes les difficultés. Maintenant, nous devons nous préparer pour la reconstruction du pays, car la façon dont la Russie mène la guerre est basée sur la destruction de tout ce qui se trouve sur son passage", a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba dans le 19h30. "Il y a beaucoup à reconstruire et cette planification commence maintenant."

Pour le ministre, l'Europe ne doit pas détourner son attention du conflit, car elle est, elle aussi, visée par la Russie. "Vladimir Poutine a planifié la crise du gaz bien avant d'avoir lancé l'invasion à grande échelle de l'Ukraine", a affirmé Dmytro Kuleba. "Il se bat avec différents moyens, mais c'est l'Europe entière qui est attaquée."

Dmytro Kuleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères, lors de son interview à la RTS le 4 juillet 2022. [RTS]
L'interview complète de Dmytro Kuleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères / L'actu en vidéo / 9 min. / le 4 juillet 2022

>> Lire aussi : Dmytro Kuleba: la guerre russe "est basée sur la destruction de tout ce qui se trouve sur son passage"

19h30

Intervention du maire de Marioupol sous les applaudissements

Dans un discours par vidéo depuis son exil, le maire de la ville ukrainienne de Marioupol a été le plus applaudi à Lugano. Vadym Boychenko a remercié la communauté internationale "pour ses efforts" afin de sauver la ville.

Plus de 20'000 personnes sont décédées dans les bombardements et les affrontements à Marioupol, assiégée pendant de nombreuses semaines. Au total, la ville est détruite à 90% et de nombreuses infrastructures ne peuvent être utilisées.

Selon lui, la Russie a fait de la ville le symbole de ses actes dévastateurs. "Avec nos efforts communs, nous pouvons faire de notre ville le symbole de la plus grande reconstruction jamais observée", a-t-il encore affirmé.

19h20

L'image de la Suisse renforcée par la conférence?

Nicolas Bideau, directeur de Présence suisse, s'occupe de l'accueil des journalistes étrangers à Lugano. Il est chargé de promouvoir auprès d'eux l'image d'une Suisse proactive, qui tente de trouver des solutions.

"On vend notre marque auprès de 41 représentants d'Etats et des centaines de journalistes dont des médias très importants au niveau international", a-t-il souligné dans Forum.

Les médias étrangers sont cependant relativement peu présents au Tessin, comme a pu le constater la RTS. C'est peut-être parce qu'ils n'ont pas vraiment l'impression qu'il s'agit d'un événement historique.

"Evidemment, puisqu'on le lance", a remarqué Nicolas Bideau. "C'est une vision, ce n'est pas gagné. L'idée était de lancer un processus visible pour tout le monde et que les principes de Lugano accompagnent les différents sommets qui vont avoir lieu. On a lancé un processus avec notre savoir-faire et notre neutralité".

>> L'interview de Nicolas Bideau dans Forum :

L'image de la Suisse sort-elle renforcée suite à la conférence de Lugano? interview de Nicolas Bideau, Filippo Lombardi et Nicole Della Pietra
L'image de la Suisse sort-elle renforcée suite à la conférence de Lugano? interview de Nicolas Bideau / Forum / 8 min. / le 4 juillet 2022

Des liens parlementaires créés entre la Suisse et l'Ukraine

Une quinzaine de parlementaires suisses ont rencontré certains de leurs homologues ukrainiens lundi matin dans un hôtel de Lugano, avant de rejoindre ensemble le centre des congrès.

>> Le reportage de Pierre Nebel dans le 19h30 :

Une quinzaine de parlementaires suisses à Lugano
Une quinzaine de parlementaires suisses à Lugano / 19h30 / 2 min. / le 4 juillet 2022

18h55

Financer la reconstruction avec l'argent russe bloqué?

Faut-il faire payer la Russie, via les avoirs gelés des oligarques russes par le biais des sanctions à l'encontre de Moscou, pour financer la reconstruction les destructions commises? Le débat agite les chancelleries occidentales tout comme les Chambres fédérales.

Convaincu par cette idée, Andrej Lushnycky, président de la Société ukrainienne de Suisse, en a débattu dans l'émission Forum avec Filippo Lombardi, ex-conseiller aux Etats PDC tessinois. Ce dernier, également ancien coprésident des deux groupes d'amitié parlementaires Suisse-Russie et Suisse-Ukraine, craint un précédent aux conséquences néfastes.

>> Le débat entre Andrej Lushnycky et Filippo Lombardi :

Faut-il faire payer les Russes pour la reconstruction de l'Ukraine? Débat entre Andrej Lushnycky et Filippo Lombardi
Faut-il faire payer les Russes pour la reconstruction de l'Ukraine? Débat entre Andrej Lushnycky et Filippo Lombardi / Forum / 9 min. / le 4 juillet 2022

18h40

Le spectre de la corruption plane sur la reconstruction

Devant les participants de la conférence de Lugano, le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal a présenté le premier projet de reconstruction du pays.

Des milliers d'experts, de parlementaires ou d'acteurs économiques y ont contribué. Et deux mots sont sur toutes les lèvres: "plan Marshall". Ils font allusion aux montants astronomiques qui seront nécessaires.

Trois étapes sont attendues. A court terme, il faut aider la population qui est affectée par la guerre. Il faudra ensuite financer des milliers de projets de reconstruction de centres de santé et d'autres bâtiments importants pour la société.

A long terme, il faut préparer une Ukraine européenne, verte et actrice de l'économique numérique. Plus de 250'000 composantes détruites se trouvent déjà dans une base de données.

Mais le spectre de la corruption, mal largement développé en Ukraine, plane au-dessus des déclarations d’aide et de soutien entendues à Lugano.

>> Les explications de Benjamin Luis dans Forum :

De la corruption pourrait entraver la reconstruction de l'Ukraine: interview de Benjamin Luis
De la corruption pourrait entraver la reconstruction de l'Ukraine / Forum / 4 min. / le 4 juillet 2022

18h25

Appels à une reconstruction de l'Ukraine accompagnée de réformes

Au total, 41 Etats et 15 organisations internationales ont finalement répondu à l’appel de la Suisse et de l’Ukraine pour participer à la conférence de Lugano.

Après une photo de famille dans le jardin du centre Ciani, elle a débuté à 14h00 dans un grand auditoire par les discours du président de la Confédération Ignazio Cassis et de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky en vidéoconférence.

Le premier s’est réjoui de cette conférence comme d’un premier pas sur une route très longue, alors que le second a parlé d'une "énorme étape vers la victoire".

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté de son côté sur la nécessité de lier investissement et réformes. L’Union européenne propose une plateforme pour coordonner les efforts.

La déclaration de Lugano, qui doit être publiée mardi à l'issue de la conférence, serait en bonne voie selon de l'ambassadeur suisse Simon Pidoux, qui a piloté la préparation de l'événement.

>> Le compte-rendu d'Etienne Kocher dans Forum :

L'ouverture de la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine à Lugano
L'ouverture de la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine à Lugano / Forum / 2 min. / le 4 juillet 2022

>> L'interview de Simon Pidoux :

Mise au point sur le début de la conférence de Lugano: interview de Simon Pidoux
Le point sur le début de la conférence de Lugano: interview de Simon Pidoux / Forum / 7 min. / le 4 juillet 2022

>> Voir aussi le sujet de Steven Mossaz dans le 19h30 :

Lugano accueille la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine
Lugano accueille la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine / 19h30 / 1 min. / le 4 juillet 2022

17h35

Soutien demandé pour les non-Ukrainiens affectés par la guerre

Une coalition d'associations suisses appelle, dans un communiqué, les participants à la conférence de Lugano à répondre également aux nombreux appels des ressortissants d'Etats tiers affectés par la guerre.

Composée de SaveAfricans-Ukraine, Droit de rester Neuchâtel et Society Moko, la coalition fait appel à la "tradition humanitaire de la Suisse" pour faire entendre son message.

Elle souhaite que la Confédération engage, avec l'Union européenne et toute la communauté internationale, la recherche d'une solution à la situation des non-Ukrainiens touchés par le conflit.

17h05

Possibles importations d'électricité ukrainienne en Suisse

A Lugano, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a salué le rôle que le gestionnaire du réseau électrique Swissgrid a joué pour relier l'Ukraine au réseau européen. Mais une importation éventuelle doit être décidée par les cantons et les entreprises. "La Confédération ne peut faire qu'inciter", a-t-elle indiqué à l'agence Keystone-ATS.

Seules les entreprises qui achètent peuvent choisir un approvisionnement ukrainien, a précisé Simonetta Sommaruga. L'Ukraine a commencé à exporter il y a quelques jours son électricité vers l'UE. Le réseau avait été connecté il y a trois mois environ au reste de la région.

16h30

Ignazio Cassis ira à Kiev quand ce sera "nécessaire"

Le président de la Confédération se rendra à Kiev dès que "nécessaire", mais il ne veut pas y aller "pour être vu".

"Ce n'est pas mon style de faire de la politique", a affirmé Ignazio Cassis devant la presse à Lugano. Il a ajouté que la Suisse ne devrait a priori pas abriter l'un des bureaux de supervision de la reconstruction de l'Ukraine que Kiev souhaite.

>> Voir des extraits de la conférence de presse d'Ignazio Cassis :

Extraits de la conférence de presse d'Ignazio Cassis
Extraits de la conférence de presse d'Ignazio Cassis / L'actu en vidéo / 2 min. / le 4 juillet 2022

16h10

Le coût de la reconstruction estimé à 750 milliards de dollars

Le Premier ministre ukrainien a estimé le coût de la reconstruction du pays à au moins 750 milliards de dollars. "Qui doit payer pour le plan de reconstruction?", a demandé Denys Chmygal devant la conférence.

Pour lui, une "source clé" de financement devrait être la saisie des avoirs de la Russie et des oligarques russes gelés dans le cadre des sanctions internationales contre Moscou.

Les estimations du montant de ces avoirs vont de 300 à 500 milliards de dollars selon Denys Chmygal, qui a aussi exposé le plan de reconstruction de son gouvernement en trois étapes.

L'urgence est d'aider la population touchée par la guerre. Dans un deuxième temps, il s'agira de financer des milliers de projets de reconstruction. Enfin, et à long terme, il faudra préparer une Ukraine européenne, verte et numérique, a-t-il expliqué.

14h45

Ursula von der Leyen: "le rêve" d'une Ukraine européenne et verte

Le "rêve" d'une Ukraine européenne et verte a abouti à la conférence de Lugano (TI) qui va déboucher sur les "lignes directrices" de la reconstruction. Malgré des "défis énormes", la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a estimé lundi que le pays pourrait ressortir "plus fort" de la guerre.

Le président de la Confédération Ignazio Cassis accueille la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen à Lugano, pour la conférence sur la reconstrucion de l'Ukraine. [Keystone - Alessandro della Valle]

Dans son discours, elle a appelé la communauté internationale à oeuvrer pour les prochaines générations ukrainiennes, mentionnant un "devoir moral" de "gagner la paix" lorsqu'elle arrivera. Elle a salué les efforts ces dernières années de l'Ukraine pour lutter contre les oligarques et pour l'économie numérique.

"Des défis énormes mais pas insurmontables"

Mais il faut aller plus loin, selon elle. "Les défis sont énormes, sans aucun doute, mais ils ne sont pas insurmontables", a ajouté Ursula von der Leyen. Elle souhaite que les réformes et les investissements soient liés.

Et d'ajouter encore que l'expertise du secteur privé sera importante. La plateforme lancée par l'UE pour la reconstruction "sera ouverte à tous". Bruxelles sera aux côtés des Ukrainiens à chaque étape, a encore insisté Ursula von der Leyen.

La Russie ne veut pas d'une Ukraine qui puisse défendre des valeurs européennes, selon elle. "Nous ne laisserons jamais cela arriver", a-t-elle ajouté.

>> Voir l'arrivée de Ursula von der Leyen et Denys Chmygal :

Ursula von der Leyen et Denys Chmygal accueillis par le président de la Confédération Ignazio Cassis
Ursula von der Leyen et Denys Chmygal accueillis par le président de la Confédération Ignazio Cassis / L'actu en vidéo / 1 min. / le 4 juillet 2022

14h35

Zelensky: "La reconstruction de l'Ukraine est la tâche commune du monde démocratique"

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est exprimé à la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine. [Keystone - Alessandro Della Valle]

La reconstruction de l'Ukraine est "la tâche commune de tout le monde démocratique" et la conférence de Lugano "peut devenir le premier énorme pas vers la victoire historique contre la Russie", selon le président ukrainien.

Dans un discours diffusé en visioconférence depuis Kiev, Volodymyr Zelensky a salué la Suisse pour son organisation. Selon lui, la communauté internationale doit montrer à Moscou qu'elle s'oppose aux valeurs "anti-européennes" et "anti-libérales" que la Russie défend.

"Cette guerre n'est pas seulement notre guerre" et, pour cette raison, la reconstruction de l'Ukraine doit être l'affaire de tous les pays, a souligné le président ukrainien. Celle-ci "sera la plus grande contribution à la paix" pour toute la région, a-t-il ajouté.

Volodymyr Zelensky a dit faire de la sécurité, de la liberté économique ou de l'environnement des principes pour l'avenir de son pays. Il a reconnu par ailleurs que l'Ukraine devrait "renforcer ses institutions". Présent physiquement au Tessin, le Premier ministre Denys Chmygal fait l'une de ses premières sorties de son pays en quatre mois de conflit avec la Russie.

>> Voir un extrait du discours de Volodymyr Zelensky :

Le discours de Volodymyr Zelensky à Lugano
Le discours de Volodymyr Zelensky à Lugano / L'actu en vidéo / 1 min. / le 4 juillet 2022

14h15

Pour Ignazio Cassis, la reconstruction de l'Ukraine est inséparable de réformes anti-corruption

La reconstruction de l'Ukraine ne peut se faire sans réformes sur la corruption et la justice, selon la Suisse. Le président de la Confédération Ignazio Cassis a lancé lundi un avertissement clair en ouvrant la conférence de Lugano (TI).

Devant les représentants de près de 40 Etats et une quinzaine d'organisations internationales, il a estimé que reconstruction et réformes "ne sont pas en concurrence". "Elles se renforcent", a ajouté le président de la Confédération qui a appelé à poursuivre, malgré la guerre, les efforts contre la corruption et pour garantir le fonctionnement de la justice.

La réunion de Lugano doit aboutir à "un processus politique efficace", a ajouté Ignazio Cassis. Ce dispositif doit passer par des principes de gouvernance et des critères pour garantir l'assistance à l'Ukraine et la répartition des rôles entre ce pays, les autres Etats, les institutions internationales, le secteur privé et la société civile.

"Etablir un cadre"

Ignazio Cassis est conscient que deux jours de conférence ne suffiront pas. "Mais cela nous donne une image plus claire, d'établir un cadre et de s'engager sur un processus" avec les principes de Lugano qui doivent être approuvés mardi, a ajouté le président de la Confédération.

Il a aussi dit "comprendre trop bien" que son homologue Volodymyr Zelensky n'ait pu faire le déplacement en raison de la situation sécuritaire. "L'acte d'agression de la Russie contre l'Ukraine nous a contraints à nous unir", insiste également le président de la Confédération, appelant aussi à s'engager pour la reconstruction.

Auparavant la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a rencontré le ministre ukrainien de l'écologie Ruslan Srilets. Ils ont signé un accord pour faire avancer ce pays dans la lutte contre le réchauffement climatique et notamment aussi pour la collaboration internationale sur les financements.

Le président de la Confédération Ignazio Cassis a ouvert la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine. [Keystone - Michael Buholzer]

14h00

La reconstruction, un défi pour la communauté internationale

Pour l'Ukraine, l'enjeu principal n'est donc plus seulement de penser à sa survie mais aussi à son avenir. Pour la communauté internationale, le gros enjeu est de savoir comment gérer ce rétablissement, cette reconstruction de l'Ukraine.

Les besoins sont énormes et les coûts de reconstruction faramineux. Des sommes colossales et des investissements étrangers qui vont affluer en Ukraine et qu'il faudra savoir contrôler, dans un pays gangrené depuis des décennies par la corruption.

>> Les explications de Tamara Muncanovic dans le 12h45 :

Tamara Muncanovic suit la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine
Tamara Muncanovic suit la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine / 12h45 / 1 min. / le 4 juillet 2022

13h45

Les espoirs des réfugiés ukrainiens

Cette conférence nourrit également des attentes parmi les réfugiés ukrainiens qui sont actuellement en Suisse.

Leur avenir dépend en effet en partie des décisions prochaines qui seront prises à Lugano. Le 12h30 a rencontré deux jeunes femmes ukrainiennes arrivées en Suisse à la suite de la guerre. Elles témoignent de leurs attentes par rapport à cette réunion internationale.

>> Réécouter le reportage du 12h30 :

Le drapeau ukrainien hissé à la Conférence sur la reconstruction de l'Ukraine. [Keystone/EDA - Pascal Lauener]Keystone/EDA - Pascal Lauener
Qu'attendent les réfugiés ukrainiens en Suisse de la Conférence de Lugano? / Le 12h30 / 1 min. / le 4 juillet 2022

13h35

Les propositions d'Ursula von der Layen

Ursula von der Layen devrait prendre la parole lundi vers 14 heures. Selon son entourage, elle devrait plaider pour deux principes: 1. Ce sont les Ukrainiens qui doivent guider la reconstruction de leur propre pays et 2. Le processus, la coordination de l'aide doit être copiloté dans une structure par l'Ukraine et par la Commission européenne.

Le raisonnement d'Ursula von der Layen est le suivant: L'Ukraine est engagée sur la voie de l'adhésion à l'UE, la Commission a l'habitude de gérer ce processus, elle sait quel parcours ce chemin doit adopter. C'est donc à elle de gérer la reconstruction physique mais aussi politique et économique, en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption, en coopération étroite avec Kiev.

>> L'éclairage d'Alain Franco dans le 12h30 :

La présidente de la Comission européenne Ursula von der Leyen porte les couleurs de l'Ukraine lors des discussion au sujet de sa candidature. [AP Photo - Geert Vanden Wijngaert - Keystone]AP Photo - Geert Vanden Wijngaert - Keystone
Conférence de Lugano: les propositions d'Ursula von der Leyen / Le 12h30 / 1 min. / le 4 juillet 2022

13h30

Une ville de Lugano sous les projecteurs

La conférence pour la reconstruction de l'Ukraine démarre officiellement lundi après-midi, mais la ville de Lugano est déjà en effervescence.

>> Le reportage du 12h45 :

Lancement de la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine
Lancement de la conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine / 12h45 / 2 min. / le 4 juillet 2022

Depuis lundi matin, des rencontres et réunions se déroulent en plusieurs endroits au coeur de la ville. Les hélicoptères sont omniprésents et le personnel de Fedpol passe les arrivants au crible.

>> Réécouter le reportage du 12h30 sur l'ambiance dans Lugano :

Les drapeaux des différents participants de la Conférence de la reconstruction de l'Ukraine à Lugano. [Keystone/Ti-Press - Massimo Piccoli]Keystone/Ti-Press - Massimo Piccoli
Ouverture de la Conférence pour la reconstruction de l'Ukraine / Le 12h30 / 1 min. / le 4 juillet 2022

11h55

Londres veut organiser la prochaine conférence sur l'Ukraine

La Grande-Bretagne veut organiser la prochaine conférence sur l'Ukraine en 2023. La ministre des Affaires étrangères Elizabeth Truss va l'annoncer lundi à Lugano devant les autres Etats.

Le Foreign Office a fait fuiter le contenu des annonces qu'elle prévoit de faire lors de son discours. Un bureau pour superviser les efforts entre Kiev et "ses alliés" pour la reconstruction du pays sera établi à Londres, explique-t-il.

11h45

Le DFAE propose un suivi live des arrivées à Lugano

En tout, la conférence de Lugano prévoit d'accueillir plus de 1000 participants. Le Département fédéral des Affaires étrangères propose de suivre l'arrivée de certaines des délégations accueillies par le président de la Confédération Ignazio Cassis.

11h40

La ministre britannique des Affaires étrangères présente à Lugano

La ministre britannique des Affaires étrangères Elizabeth Truss doit annoncer à Lugano un programme de soutien du Royaume-Uni à Kiev.

Londres a déjà fait savoir qu'il "fera tout son possible pour que l'Ukraine gagne la guerre et se rétablisse".

11h35

Les parlementaires ukrainiens et suisses ouvrent les feux

Les discours du président de la Confédération Ignazio Cassis et de son homologue Volodymyr Zelensky sont attendus en début d'après-midi. Auparavant, une réunion confidentielle sur la situation sécuritaire est prévue après l'arrivée des ministres.

Mais les parlementaires et la société civile ouvrent les feux dans la matinée. Une quinzaine d'élus ukrainiens, emmenés par leur président Ruslan Stefanchuk, rencontraient une délégation suisse de taille similaire dirigée par la présidente du Conseil national Irène Kälin (Verts/AG).

L'objectif, évaluer comment tous ces acteurs pourront aussi contribuer à l'avenir du pays. La réunion de la société civile a démarré avec une minute de silence pour les victimes.

10h20

Damien Cottier: "créer un miracle économique ukrainien"

A quelques heures de l'ouverture de la conférence sur la reconstruction de l'Ukraine, le conseiller national Damien Cottier était l'invité de la RTS lundi pour évoquer les enjeux d'un tel événement. D'après lui, Lugano doit être le premier pas pour "poser des bases" et des "méthodes de travail" pour reconstruire l'Ukraine.

Le conseiller national qui revient tout juste d'Ukraine, où il a pu notamment visiter Kiev, Irpin ou encore Boutcha, juge par ailleurs qu'il est tout à fait erroné de dire qu'il est trop tôt pour penser à la reconstruction.

>> Lire aussi : Damien Cottier: "Avec l'Ukraine, il faudrait une sorte de plan Marshall"

"En Ukraine, ils vous disent ce qui est arrivé mais ensuite ils disent qu'ils ont besoin de vivre, alors que des logements, des écoles, des jardins d'enfants et des hôpitaux sont détruits", explique l'élu, avant d'ajouter: "On est en train de reconstruire en permanence des lignes électriques. Si ce travail n'avait pas été fait tout de suite, l'ensemble de la population ukrainienne n'aurait pas accès à l'électricité".

Pas de dons, mais des investissements

Questionné enfin sur l'aide qu'il faudra apporter l'Ukraine, Damien Cottier estime que ce ne sont pas "des dons" qu'il faut susciter, mais des "investissements".

"Ce qu'il faut faire, c'est un peu un plan Marshall, comme après la Deuxième Guerre mondiale, à savoir intéresser les investisseurs privés avec un appui des Etats et des banques de développement  (...).  Il s'agit véritablement de mettre en place un modèle économique qui permette d'investir dans l'avenir de ce pays et de créer un miracle économique ukrainien", conclut-il.

>> L'interview de Damien Cottier dans La Matinale :

L'invité de La Matinale (vidéo) - Damien Cottier, conseiller national (PLR-NE)
L'invité de La Matinale (vidéo) - Damien Cottier, conseiller national (PLR/NE) / L'invité-e de La Matinale (en vidéo) / 16 min. / le 4 juillet 2022

09h00

Action de Greenpeace pour un avenir vert en Ukraine

Des militants de Greenpeace ont monté une éolienne factice à Lugano (TI), à quelques heures du début de la conférence sur la reconstruction l'Ukraine. Egalement lundi, Public Eye a demandé à la Suisse d'arrêter de financer la guerre russe.

Plusieurs membres de Greenpeace ont répété à plusieurs reprises leur action à environ un kilomètre du site de la réunion, sous le regard amusé d'un policier. Le dispositif a été pensé en collaboration avec plus de 45 organisations ukrainiennes, dont Ecoaction basée à Kiev.

"Le bon sens veut que l'Ukraine ne reconstruise pas ses infrastructures selon les anciens standards soviétiques", affirme la directrice d'Ecoaction, Natalia Gozak. "En tant que candidate potentielle à l'adhésion à l'Union européenne, notre objectif à long terme doit être d'atteindre la neutralité climatique d'ici 2050".

Action de Greenpeace pour un avenir vert en Ukraine. [Keystone - Alessandro della Valle]

Le coût de la guerre

"La facture totale se monte à plus de 500 milliards d'euros"

Si le président Volodymyr Zelensky ne sera finalement pas présent physiquement à Lugano, la délégation ukrainienne reste importante au Tessin, avec près d'une centaine de personnes, dont plusieurs ministres. Alexander Kubrakov, ministre ukrainien des Infrastructures, fait partie de ceux-là.

Pour lui, cette conférence doit permettre de "planifier la manière" dont il faudra reconstruire le pays et "les zones où il convient de concentrer nos efforts".

Interviewé lundi dans La Matinale, le ministre a aussi fait part des coûts d'une telle reconstruction. En se fondant sur les calculs de l'Institut économique de Kiev, il estime les pertes directes de l'Ukraine à plus de 105 milliards d'euros. Mais le chiffre fait ensuite plus que quadrupler.

"Si l'on compte en plus les pertes économiques liées à la guerre, la facture totale se monte à plus de 500 milliards d'euros", juge-t-il.

Confisquer les biens russes?

Pour financer une telle opération, Alexander Kubrakov dit croire au soutien des alliés et partenaires de l'Ukraine, comme la Suisse et d'autres pays, mais soumet une fois encore l'idée contestée d'utiliser l'argent russe confisqué.

"Les biens contestés à la Fédération de Russie pourraient servir à financer ce fonds de reconstruction. On parle de l'argent bloqué des oligarques russes, mais également de la banque centrale russe", conclut-il.

>> Réécouter l'interview intégrale d'Alexander Kubrakov dans La Matinale :

Ouverture de la conférence consacrée à la reconstruction en Ukraine à Lugano
Ouverture de la conférence consacrée à la reconstruction en Ukraine à Lugano / La Matinale / 5 min. / le 4 juillet 2022

Villes bombardées

D'importants défis attendent les villes pour leur reconstruction

Irpin, bombardée pendant le premier mois de la guerre, fait partie des villes dévastées qu'il faudra reconstruire. Quelque 60% des habitants sont revenus y vivre, mais le travail de reconstruction demeure gigantesque.

Avant le début du conflit, Aryna, une jeune fille de 17 ans, vivait dans un lotissement d'Irpinlypki, à présent détruit et recouvert de suie qui a noirci les immeubles. "Quand je suis revenue ici et que j'ai vu comment c'était... Je n'ai pas de mot", témoigne-t-elle.

Aux abords des ruines, l'odeur du brûlé est encore présente dans l'air. "La première fois que je suis revenue dans mon appartement, j'ai pleuré. Je ne pouvais plus rien ressentir. Je n'aurais jamais imaginé que cela pouvait se produire", déplore Aryna.

>> Le reportage de La Matinale à Irpin :

Un quartier résidentiel détruit dans la ville ukrainienne d'Irpin. [Keystone/EPA - Roman Pilipey]Keystone/EPA - Roman Pilipey
Dans la ville ukrainienne d'Irpin, le défi de la reconstruction s'annonce gigantesque / La Matinale / 1 min. / le 4 juillet 2022

Bilan présidentiel

Ignazio Cassis au premier plan

Le président de la Confédération Ignazio Cassis joue les premiers rôles dans cette rencontre, tout en mettant dans la balance une partie de son bilan présidentiel.  C'est en effet bel et bien le conseiller fédéral en charge des Affaires étrangères et actuel Président de la Confédération qui a proposé Lugano et qui a décidé de maintenir et de transformer une conférence de réforme en conférence de reconstruction.

Une rencontre à double tranchant

Cette conférence amenant son lot d'espoirs mais aussi de craintes, il est encore difficile d'en prévoir les retombées concrètes sur l'Ukraine comme sur le Tessinois. Et pour cause, jugée trop ambitieuse, trop précoce, partisane ou encore inutile, cette dernière reçoit de vives critiques. L'UDC dénonce une atteinte à sa vision de la neutralité suisse. La Lega tessinoise parle d'un flop annoncé. Le reste du monde politique est moins négatif, mais retient son souffle.

Du côté du Département des affaires étrangères, on espère que la rencontre accouche d'une déclaration multilatérale fixant le départ et les règles du jeu de la reconstruction de l'Ukraine. Si ce document s'avère crédible et largement soutenu, s'il offre des garanties contre la corruption et sur le leadership, la conférence constituera une réussite pour l'Ukraine, mais aussi et surtout pour Ignazio Cassis.

>> Les précisions de La Matinale :

Le président de la Confédération Ignazio Cassis accueille le Premier ministre ukrainien Denys Chymal (d.) et le président du Parlement ukrainien Ruslan Stefanchuk (g.). [Keystone/EDA - Alessandro della Valle]Keystone/EDA - Alessandro della Valle
Echec ou succès, la conférence de Lugano devrait compter dans le bilan présidentiel d'Ignazio Cassis / La Matinale / 2 min. / le 4 juillet 2022

Les attentes du peuple ukrainien

L'avis de Hanna Perekhoda, chercheuse ukrainienne en Suisse

Ukrainienne d'origine installée en Suisse depuis plusieurs années, chercheuse en sciences politiques à l'Université de Lausanne et membre du Comité Ukraine de Suisse, Hanna Perekhoda explique dans l'émission Forum de la RTS les attentes du peuple ukrainien et ce qu'il peut espérer de la conférence de Lugano.

Pour la chercheuse, "c'est toujours le bon moment pour parler de la reconstruction de l'Ukraine", même si elle revendique dans l'immédiat que "pour reconstruire un pays, il faut avant tout commencer par ne pas le détruire", autrement dit tout entreprendre pour arrêter le conflit et "expulser l'armée d'occupation".

Les véritables leviers de la Suisse

"La Suisse dispose de deux outils très efficaces pour arrêter cette guerre", estime-t-elle. D'abord, elle peut "introduire de vraies sanctions contre les oligarques et les fonctionnaires du président russe Vladimir Poutine". Selon elle, Berne n'aurait en effet gelé que 5% des plus de 200 milliards de francs d'avoirs que ces derniers ont déposé en Suisse.

L'autre outil, c'est "l'embargo total sur le gaz et le pétrole russe". D'après Hanna Perekhoda, Vladimir Poutine aurait gagné plus de 67 milliards d'euros en vendant ses ressources énergétiques à l'UE. "Donc, pour aider l'Ukraine à se reconstruire, il faut exiger une réglementation stricte sur le commerce de matières premières", estime-t-elle, précisant que la Suisse est bien placée pour faire pression sur le milieu du négoce.

En sa qualité de membre du Comité Ukraine de Suisse, la chercheuse espère que la confiscation des avoirs des oligarques russes puisse "servir pour alimenter les fonds de reconstruction de l'Ukraine". Elle conclut que, pour une reconstruction réussie et durable, il faut trois piliers: "démocratie, droit de l'Homme et justice sociale".

>> L'interview de Hanna Perekhoda dans Forum :

Les attentes du peuple ukrainien avant la conférence internationale de Lugano: interview de Hanna Perekhoda
Les attentes du peuple ukrainien avant la conférence internationale de Lugano: interview de Hanna Perekhoda / Forum / 4 min. / le 3 juillet 2022

Diplomatie helvétique

La rencontre de Lugano, la pierre d'angle suisse à la reconstruction de l'Ukraine?

L’Ukraine un pays toujours en guerre. Faut-il déjà penser à sa reconstruction, et si oui, comment? Les discussions étaient déjà amorcées à Paris, Berlin, Washington, mais prendront une nouvelle tournure dès lundi à Lugano, avec la conférence internationale sur le sujet.

Le sommet hébergé par la Suisse sera-t-il en mesure de poser la première brique de la reconstruction? Nicole Lamon, rédactrice en chef adjointe au Matin Dimanche, Stéphane Bussard, journaliste responsable de la Genève internationale au Temps, et Alain Franco, correspondant de la RTS à Bruxelles, en discutent dans l'émission Forum.

>> La discussion sur la conférence de Lugano et le rôle de la Suisse dans Forum :

Un habitant du village de Kozarovychi montre les décombres de sa maison détruite, le 16 mai 2022. [Keystone - Sergey Dolzhenko]Keystone - Sergey Dolzhenko
Forum des médias - Reconstruction de l’Ukraine, la Suisse posera-t-elle la première brique? / Forum / 17 min. / le 3 juillet 2022

Lugano sous haute sécurité

L'armée en renfort

La Conférence sur la reconstruction de l'Ukraine à Lugano sera entourée de mesures de sécurité d'envergure. En raison des fortes tensions internationales, la police tessinoise sera secondée par des forces fédérales, indique le Conseil fédéral.

Quelque 1600 militaires viennent renforcer le dispositif du canton. L'armée assure le service de police aérienne. L'accès à l'espace aérien de Lugano est restreint du 1er au 8 juillet. Et la Confédération assume 80% des coûts de sécurité.

L'armée se déploie pour assurer la sécurité à Lugano. [Keystone - Ti-Press/Pablo Gianinazzi]

Ces mesures sont prises pour garantir la sécurité des participants. L'administration fédérale évalue la situation de manière régulière. Le dispositif de sécurité peut être adapté en conséquence.

Risque de cyberattaques

Depuis dimanche soir, le balais des hélicoptères s'est fait plus intense au dessus du Palais des congrès. Le centre de conférence et ses alentours sont placés en zone rouge. Le casino est totalement fermé et les passants sont contrôlés. Tout est prêt pour atténuer la menace terroriste.

Demeure une autre menace bien réelle et pourtant moins visible: les cyberattaques. Il se pourrait que certaines liaisons de duplex soit troublées à cause d'assauts informatiques.

>> Les précisions de La Matinale :

La zone interdite protégeant le sommet de Lugano. [Keystone/Ti-Press - Massimo Piccoli]Keystone/Ti-Press - Massimo Piccoli
Lugano se réveille bunkérisée avant la conférence sur l'Ukraine / La Matinale / 2 min. / le 4 juillet 2022

Les ambitions

Une Déclaration de Lugano

Le président de la Confédération Ignazio Cassis, également en charge des Affaires étrangères, affiche de grandes ambitions pour la conférence, qui aspire à dessiner les contours de la stratégie de reconstruction s'inspirant du plan Marshall, une initiative américaine qui avait permis de reconstruire une Europe ravagée par la Seconde Guerre mondiale.

Une Déclaration de Lugano doit établir les "priorités, méthode et principes" de ce rétablissement ukrainien. Une dizaine de principes au total devraient être décidés, dont celui de lier la reconstruction aux réformes demandées par la communauté internationale. La conférence n'est pas une réunion de donateurs mais certains pourraient malgré tout faire des annonces.

"C'est une conférence durant laquelle on va discuter de la manière dont on veut lancer ce processus" de reprise, a souligné l'ambassadeur spécial en charge de la conférence, Simon Pidoux. Il la conçoit comme une boussole. La reconstruction du pays prendra de nombreuses années et coûtera des centaines de milliards de dollars. Il s'agira pour les participants d'examiner les propositions et offres de contributions.

Contribuer à la "stabilité en Europe"

Face à ceux qui mettent déjà en garde contre la distribution de milliards à un pays accusé d'être piloté par la corruption, le président de la Confédération a opposé un engagement à surveiller les flux financiers. Certains experts redoutent que le dispositif ne renforce les oligarques après la guerre.

Selon Ignazio Cassis, cette conférence doit contribuer à la "stabilité en Europe et dans le monde". Les composantes sociale, économique, numérique, d'infrastructures ou environnementale doivent être abordées.

>> Voir l'interview d'Ignazio Cassis dans Forum :

Conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine, des objectifs trop flous? Interview d'Ignazio Cassis
Conférence de Lugano sur la reconstruction de l'Ukraine, des objectifs trop flous? Interview d'Ignazio Cassis / Forum / 7 min. / le 23 juin 2022

>> Lire aussi : Ignazio Cassis: "C'est le bon moment pour parler de la reconstruction de l'Ukraine"

La guerre en Ukraine a des effets importants sur l'approvisionnement alimentaire et énergétique, faisant redouter des famines et des détériorations économiques. Des millions de personnes sont réfugiées ou ont été déplacées à l'intérieur du pays. Selon les autorités, des dizaines de milliers de civils ont été tués. Dans certaines villes, jusqu'à 90% des habitations ont été détruites.

Les doutes

La crainte de la corruption

L'Ukraine a entamé ces dernières années des réformes économiques et judiciaires, exigées par les pays qui la soutiennent. Mais ces efforts restent insuffisants et ne garantissent pas une utilisation adaptée des fonds qui seront promis à Lugano (TI), selon des experts.

Au total, les coûts de la reconstruction sont estimés au moins à plus de 600 milliards de francs. Un certain nombre d'acteurs s'inquiètent du fait que l'assistance décidée à Lugano puisse tomber dans les mains d'oligarques. Une préoccupation qui avait agacé le ministre des Affaires étrangères Dmitro Kuleba lors de son récent passage en Suisse et sur laquelle le président de la Confédération Ignazio Cassis se veut rassurant.

Mais des experts avertissent. "Il va être très difficile pour l'Ukraine de faire face aux dangers de corruption qui vont accompagner la reconstruction imminente et massive", dit à Keystone-ATS la directrice générale de l'Institut de Bâle pour la gouvernance, Gretta Fenner. Comme tout pays affecté qui va recevoir des milliards, ajoute-t-elle.

L'un des pays les plus corrompus au monde

Et la directrice de l'entité présidée par l'expert mondial Mark Pieth d'appeler à ne pas oublier ces dangers lors de la conférence sur la reconstruction et dans le plan d'application. La société civile et la communauté internationale doivent être associées à la surveillance des fonds.

L'ancien Etat soviétique a longtemps été classé parmi les pays les plus corrompus du monde par l'ONG Transparency International.

En Europe, seuls la Russie et l'Azerbaïdjan se classent moins bien et au regard des sommes qui seront en jeu, le sujet est d'importance. Le président de la Confédération a évoqué un engagement à surveiller les flux financiers.

Les personnalités attendues

Ursula von der Leyen, mais pas Volodymyr Zelensky

Une centaine d'Ukrainiens feront le déplacement au total, dont le Premier ministre Denys Chmygal et sept ministres, parmi lesquels le chef de la diplomatie Dmitro Kuleba. Des parlementaires, y compris quelques-uns d'opposition, le secteur privé et la société civile seront associés.

Les hôtes suisses espéraient pouvoir accueillir le président ukrainien Volodymyr Zelensky en personne mais, en raison du conflit, c'est le Premier ministre Denys Chmygal qui conduira la plus importante délégation à quitter le pays depuis le début de la guerre dont six ministres, des parlementaires et des responsables régionaux.

"Le président Zelensky était impliqué dans la préparation dès le départ", a souligné l'ambassadeur ukrainien en Suisse, Artem Rybchenko. Il fera une intervention en ligne comme il en a pris l'habitude.

>> Lire aussi : Volodymyr Zelensky ne viendra pas à Lugano pour la conférence sur l'Ukraine

Huit chefs de gouvernement

Au total il y aura huit chefs de gouvernement, 15 ministres et 38 pays représentés ainsi que 14 organisations, 350 représentants du secteur privé et 210 de la société civile.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé sa venue, tout comme les chefs de gouvernement de Lituanie, Pologne et République tchèque. Mais les grandes puissances présentes n'enverront au mieux pour la plupart que des vice-ministres.

>> Voir les précisions du 19h30 :

Alors que le conflit se poursuit en Ukraine, Lugano s'apprête à accueillir un sommet consacré à la reconstruction du pays
Alors que le conflit se poursuit en Ukraine, Lugano s'apprête à accueillir un sommet consacré à la reconstruction du pays / 19h30 / 2 min. / le 23 juin 2022

Trois sommets récents

Après l'UE, le G7 et l'Otan

Les participants arrivent quelques jours après la réaffirmation du soutien des pays occidentaux à l'Ukraine, que ce soit à l'UE, au G7 ou à l'Otan. Le G7 a lui également dit dans sa déclaration qu'il prévoyait d'organiser une autre conférence internationale. Pas de quoi effrayer la Suisse, qui estime que la portée de la réunion de Lugano ne sera pas diminuée et que toutes les initiatives sont complémentaires.

>> Revoir les explications de Forum après le sommet de l'Otan :

Sommet de l'OTAN: la présence militaire des Etats-Unis va se renforcer
Sommet de l'OTAN: la présence militaire des Etats-Unis va se renforcer / Forum / 2 min. / le 29 juin 2022

De même, ni l'Ukraine ni Berne ne se disent déçues par le niveau de participation, certes plus élevé que lors des précédentes discussions sur les réformes.

Ces derniers mois, le président de la Confédération a répété à de nombreuses reprises que cette réunion, à laquelle Moscou n'est jamais invitée, ne viole pas la neutralité. Un dialogue a été mené régulièrement avec la Russie sur les avancées.