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Le gouvernement finlandais favorable à une adhésion "sans délai" à l'Otan

Le drapeau finlandais flotte sur un brise-glace de cette nation. [David Goldman - AP Photo/Keystone]
La guerre en Ukraine pousse la Finlande à demander une adhésion sans délai à l’Otan / Le 12h30 / 1 min. / le 12 mai 2022
Le président et la Première ministre de la Finlande se sont dit favorables jeudi à une adhésion "sans délai" du pays nordique à l'Otan, en annonçant une conférence de presse sur la décision du pays nordique pour dimanche.

"Etre membre de l'Otan renforcerait la sécurité de la Finlande. En tant que membre de l'Otan, la Finlande renforcerait l'alliance dans son ensemble. La Finlande doit être candidate à l'adhésion à l'Otan sans délai", ont affirmé le président Sauli Niinistö et la Première ministre Sanna Marin dans un communiqué commun.

Une conférence de presse du tandem exécutif sur les "décisions concernant la politique de sécurité de la Finlande" est prévue dimanche, indique la présidence. "Nous espérons que les étapes nationales encore nécessaires à cette décision seront prises rapidement dans les tout prochains jours", indiquent Sauli Niinistö, interlocuteur régulier de Vladimir Poutine ces dernières années, et Sanna Marin, plus jeune Première ministre d'Europe.

"Assurément" une menace pour la Russie

Le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, a salué la volonté des dirigeants finlandais d'intégrer l'Alliance atlantique et leur a promis un processus d'adhésion "sans heurts" et rapide. "Il s'agit d'une décision souveraine de la Finlande (...) Si la Finlande décidait de postuler, elle serait chaleureusement accueillie au sein de l'Otan", a-t-il assuré.

Cette adhésion serait "assurément" une menace pour la Russie, a déclaré Dmitri Peskov. "L'élargissement de l'Otan et le rapprochement de l'Alliance de nos frontières ne rend pas le monde et notre continent plus stable et plus sûr", a réagi le porte-parole du Kremlin face à la presse.

Basculement de l'opinion publique

La prise de position officielle de l'exécutif marque la bascule de la ligne finlandaise. Ancienne province russe (1809-1917) et envahi par l'Union soviétique en 1939, le pays partage une frontière d'environ 1300 kilomètres avec la Russie.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 janvier a fait basculer rapidement l'opinion et les responsables politiques finlandais, tout comme en Suède, qui pourrait également annoncer rapidement une candidature.

En Finlande, 5,5 millions d'habitants, 76% de la population est désormais en faveur de l'adhésion, selon un sondage publié lundi, soit le triple de son niveau d'avant-guerre. Une très large majorité des 200 députés au Parlement est acquise, avec des opposants tombés autour d'une dizaine, et la plupart des partis sont désormais favorables - le parti social-démocrate de Sanna Marin doit prendre position en dernier ce samedi.

>> Notre suivi de la guerre en Ukraine: L'Ukraine demande qu'on lui "réserve" une place dans l'Union européenne

"Regardez-vous dans le miroir"

"Adhérer à l'Otan ne serait contre personne", avait affirmé mercredi soir le président finlandais, en réponse aux mises en garde russes contre une entrée d'Helsinki dans l'alliance. Pour le chef de l'Etat finlandais, longtemps un avocat du dialogue Est-Ouest, la Russie ne peut s'en prendre qu'à elle-même de voir son voisin rejoindre l'alliance.

"Si nous adhérions (à l'Otan), ma réponse (à la Russie) serait: 'c'est vous qui avez fait cela, regardez-vous dans le miroir'", a affirmé Sauli Niinistö mercredi soir. La commission de la défense du Parlement finlandais avait conclu que l'Otan était "la meilleure option" pour la sécurité de la Finlande après l'invasion russe de l'Ukraine.

Soumise à une forme de neutralité forcée par Moscou durant la Guerre froide, la Finlande avait adhéré à l'Union européenne et au Partenariat pour la Paix de l'Otan après la chute de l'Union soviétique, mais était restée non membre de l'alliance.

La décision formelle sur l'adhésion doit être prise par un Conseil sur la sécurité et la politique étrangère, réunissant le chef de l'Etat, la Première ministre et plusieurs ministres.

>>Ecouter aussi l'analyse de Frédéric Encel:

De gauche à droite: le ministre finnois des affaire étrangères, le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg et la ministre suédoise des affaire étrangères Ann Linde. [Olivier Matthys - AP Photo]Olivier Matthys - AP Photo
Les conséquences d’un élargissement de l’OTAN: l'interview de Frédéric Encel / Tout un monde / 8 min. / le 10 mai 2022

jfe avec afp

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Accord de protection avec le Royaume-Uni

Inquiètes de la réaction de la Russie à leurs probables demandes d'adhésion à l'Otan, la Suède et la Finlande ont déjà cherché à obtenir des assurances de protection pendant les mois nécessaires à leur entrée formelle dans l'Alliance atlantique.

A l'occasion d'une visite de Boris Johnson dans les deux pays mercredi, le Royaume-Uni a ainsi signé des déclarations de protection mutuelle avec la Suède ainsi qu'avec la Finlande. Le flou demeure sur la réponse de Moscou.

"Tout ce qui est lié aux actions susceptibles de modifier, d'une manière ou d'une autre, la configuration de l'Alliance près de nos frontières, nous le suivons de la manière la plus attentive", a déclaré mercredi à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

>> Relire aussi: La Suède et le Royaume-Uni annoncent un accord de défense mutuelle