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Malgré des trous d'air, un avenir garanti pour le secteur aérien?

Alter Eco (vidéo) – De nouveaux effets de la pandémie sur le secteur aérien [RTS]
Alter Eco (vidéo) – De nouveaux effets de la pandémie sur le secteur aérien / La Matinale / 2 min. / le 8 février 2021
Alors que Swiss a résilié vendredi la convention collective de travail avec ses pilotes, l'avenir semble sombre pour de nombreuses compagnies aériennes et leurs employés. A terme, le secteur aérien ne devrait pourtant pas rompre avec des décennies de forte croissance.

Pas de "stop and go" dans l'aérien: c'est un blocage, un bras de fer social qui tourne à la crise chez Swiss, qui a par ailleurs rompu les négociations sur la crise du coronavirus avec le syndicat de pilotes Aeropers.

>> Lire également: La compagnie Swiss rompt la convention collective avec ses pilotes

D'un côté, la direction anticipe encore de longs mois de pertes, en raison d'un redémarrage qui prendra du temps dans le tourisme et le trafic aérien. Il faut donc, pour traverser cette période mouvementée, changer les règles du jeu.

De l’autre côté, le syndicat des pilotes rappelle qu'en échange d'un crédit d'un milliard et demi de francs d’aide de la part de la Confédération, Swiss avait promis de maintenir le partenariat social. Les pilotes avaient quant à eux concédé une baisse de 20% de leur salaire.

Une sortie lointaine et coûteuse

L'ancienne compagnie nationale continue, à l'image du secteur, de jouer sa survie, frappée par la plus grosse crise économique de l'histoire de l’aviation.

Ce contexte illustre combien la sortie de crise sera lointaine et coûteuse pour le personnel des compagnies. Lointaine, car si 2020 était une "catastrophe", selon les termes d'Alexandre de Juniac, directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA), 2021 sera celle d'une lente relève.

Effets d'aubaine

Autre compagnie du groupe Lufthansa, Austrian Airlines n'est qu'à 15% de son niveau d'activité d'avant la pandémie et prépare aussi le terrain à une restructuration. Plusieurs avions vont ainsi être retirés de sa flotte.

A court terme, pour le personnel, les mois à venir vont être durs. D'autant que les entreprises sont toujours friandes des effets d’aubaine d’une crise: c’est à ce moment-là qu'on renégocie à la baisse et qu'on réalise des économies.

Une ascension irrésistible

Malgré sa pire année, le secteur aérien a encore toutes les raisons de croire en sa bonne étoile. Les compagnies américaines, par exemple, sont remplies de liquidités en dépit de la crise.

Plus généralement, l'aviation s'était remise des chocs pétroliers, des guerres du Golfe, ou du 11 septembre. Car en dépit de chaque grande crise, le nombre de passagers aériens ne cesse de gonfler. On comptait 1 milliard de voyageurs au début des années 2000, ils étaient 4,5 milliards en 2019.

S'il faudra plusieurs années pour effacer 2020, le secteur aérien devrait poursuivre son ascension irrésistible depuis les Trente Glorieuses.

Frédéric Mamaïs

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