Modifié le 30 mars 2019 à 10:20

La 5G coûtera cher aux clients pour un débit moins élevé que promis

Le grand public devra-t-il se ré-équiper pour utiliser la 5G?
Quels changements avec la 5G? On en parle / 11 min. / le 29 mars 2019
L’arrivée prochaine du nouveau réseau de téléphonie 5G provoque de nombreuses questions et réticences. Sur le plan matériel, elle nécessitera surtout l'acquisition de nouveaux smartphones très chers, pour un débit encore limité.

On pourra encore utiliser de nombreuses années les générations 3G et 4G de téléphonie mobile, mais aucun appareil actuellement sur le marché ne peut se connecter à ce futur réseau dont on nous promet un ultra-haut débit.

Les nouveaux appareils sont cependant sur le point d'être mis en vente. Beaucoup d'entre eux ont déjà été présentés au récent salon mondial de la téléphonie mobile Mobile World Conference (MWC) à Barcelone.

Une aubaine pour un marché qui s'essouffle

Forcer ainsi l’acquisition de nouveaux appareils pour une nouvelle technologie arrange du reste bien le marché: selon un rapport publié par le cabinet Gartner, les ventes de smartphones stagnent depuis fin 2018. Le haut de gamme serait boudé par les consommateurs et Apple enregistre sa plus forte baisse depuis deux ans.

Les appareils pour la 5G n'auront rien de révolutionnaire à l’extérieur. Ce sont en fait les antennes internes qui ont dû être changées au profit d'antennes compatibles.

Pourtant, le prix de la plupart des nouveaux smartphones promet d'être très élevé: il en coûtera par exemple plus de 2500 francs pour le Mate X 5G ou 2250 francs pour le Galaxy Fold de Huawei. Samsung, de son côté, annonce une utilisation possible de la 5G dès l'été avec une nouvelle version de son Galaxy S10 - une édition spéciale qui devrait dépasser les 1300 francs. Seul Apple, en mal d'innovation, n’a encore annoncé aucun appareil supportant la 5G.

Des abonnements eux aussi plus chers

Contactés par la RTS, Salt et Sunrise ont confirmé l’arrivée de nouveaux abonnements parfois plus chers, par exemple 120 francs de plus par année chez Sunrise pour la 5G.

Christian Neuhaus assure de son côté que les clients de Swisscom profitent déjà de la 5G avec les nouveaux abonnements, tout en laissant entendre que la vitesse ne sera pas optimale. "Celui qui voudra vraiment la vitesse la plus élevée aura la possibilité de prendre une option supplémentaire", précise-t-il.

Il paraît de toute façon encore prématuré d'acquérir un nouvel appareil, malgré les publicités déjà placardées un peu partout en Suisse, alors qu'il ne sera possible de se connecter à la 5G que "dans le courant de l'année" selon les fournisseurs d'accès.

En test dans plusieurs villes chez Swisscom

Interrogé vendredi dans l'émission On en parle, le porte-parole de Swisscom Christian Neuhaus souligne que l'opérateur est en train de construire les antennes nécessaires (lire encadré), mais que l'Office fédéral de la communication (OFCOM) n'a toujours pas délivré les licences. "Dès ce moment-là, on activera la 5G et on a aujourd'hui six villes dans lesquelles on a ponctuellement - avec des fréquences de test - de la 5G: Berne, Berthoud, Davos, Genève, Lausanne et Zurich."

A en croire certaines affirmations sur internet, la nouvelle génération de téléphonie mobile serait 10, 100 voire 1000 fois plus rapide que la 4G. Il n'en sera rien, en tout cas dans un premier temps.

Car le débit dépendra des fréquences. "Avec celles qui ont été attribuées en Suisse, on arrivera à des vitesses de l'ordre de deux gigabits par seconde, donc à peu près le double de ce qui est possible avec la meilleure technologie 4G", explique Christian Neuhaus. "Par la suite, avec des fréquences différentes, il sera possible d'obtenir des vitesses différentes aussi".

>> Lire aussi: Philippe Horisberger s'exprime sur le déploiement de la 5G en Suisse

Didier Bonvin/Yves-Alain Cornu/oang

Publié le 30 mars 2019 à 07:24 - Modifié le 30 mars 2019 à 10:20

15'000 antennes supplémentaires nécessaires

Le porte-parole de Swisscom rappelle que la branche estime qu'il faudrait à peu près 15'000 antennes supplémentaires en Suisse - avec les normes actuelles en vigueur - pour obtenir une couverture similaire à ce qu'on connaît aujourd'hui avec la 4G.

"Ces dernières années, nous avons [Swisscom] construit à peu près chaque année environ 300 nouvelles antennes et ce rythme va continuer voire s'accélérer", précise-t-il.

Une polémique "surprenante" autour de la santé

Sur le plan de la santé, les appels à la prudence et au principe de précaution face aux effets potentiels de la 5G se multiplient depuis quelque temps et encore très récemment.

"C'est assez surprenant" aux yeux du porte-parole de Swisscom: "Je pense que les inquiétudes viennent du fait que ces pétitions et autres demandes de moratoire concernent surtout les ondes millimétriques, qui ont été très largement thématisées ces derniers temps dans les médias. Ce sont des ondes ou des fréquences de l'ordre de 26 gigahertz à 300 gigahertz, qu'on n'aura pas en Suisse", assure-t-il.

En Suisse, ce sont d'autres fréquences, connues et utilisées depuis trente ans et se situant entre 700 megahertz et 3,8 gigahertz, qui seront utilisées.

"A titre de comparaison, votre wifi à la maison fait déjà du 5 gigahertz", souligne Christian Neuhaus. "Donc ces fréquences nouvellement acquises sont tout à fait dans les bandes de fréquences qu'on connaît très bien, qui ont été étudiées des milliers de fois, et qui n'ont pas déterminé de risques pour la santé."