Modifié le 09 septembre 2018 à 22:20

Pour Hugo Fasel, le Conseil fédéral a une pensée "dépassée" sur la pauvreté

Interview d'Hugo Fasel, Directeur de Caritas Suisse: la lutte contre la pauvreté, c'est son combat actuel.
Interview d'Hugo Fasel, Directeur de Caritas Suisse: la lutte contre la pauvreté, c'est son combat actuel. 19h30 / 7 min. / le 09 septembre 2018
Invité dimanche soir sur le plateau du 19h30 de la RTS, le directeur de Caritas Suisse Hugo Fasel a fustigé les coupes budgétaires dans la lutte contre la pauvreté décidées par la Confédération.

Le directeur de Caritas Hugo Fasel était vendredi à Berne, où a été dressé le bilan de cinq ans de programme de lutte contre la pauvreté en Suisse.

Alors que ces cinq dernières années, la Confédération a investi au total 9 millions de francs dans ce combat, elle vient d'annoncer des coupes budgétaires pour les cinq années à venir. De 1,8 million de francs, le budget a été réduit à 500'000 francs par an.

Sur le plateau du 19h30 de la RTS dimanche soir, Hugo Fasel a dit avoir été stupéfait par cette décision qui, selon lui, est la preuve que "le Conseil fédéral nie l'existence du problème".

>> Lire: Caritas demande à la Confédération d'agir contre la pauvreté

"L'important c'est la prévention"

Pour le directeur de Caritas, la pensée du Conseil fédéral sur la pauvreté est "totalement dépassée": "il est encore d'avis que le problème de la pauvreté est la responsabilité des cantons et des communes" via l'aide sociale, alors que "l'important c'est la prévention", a-t-il critiqué. Et d'ajouter: "la pauvreté, il faut la combattre (...) il ne s'agit pas uniquement de distribuer de l'argent."

Caritas estime qu'une série de mesures seraient à prendre à l'échelon fédéral, notamment au niveau de la formation continue, car "nous savons aujourd'hui que ceux qui sont dans une situation de pauvreté ont souvent un manque de formation professionnelle", a développé le Fribourgeois.

"La Suisse a un problème de répartition"

"La Suisse a une conjoncture extraordinaire, une croissance économique excellente, et pourtant la pauvreté augmente. C'est donc un problème de répartition: la Suisse riche ne touche pas toutes les couches de la population", a encore déploré Hugo Fasel.

A propos des chiffres du chômage très bas en Suisse (2,4%), il s'est encore insurgé: "ce qui est choquant, c'est que 30'000 personnes sortent des statistiques de l'assurance chômage chaque année et que personne n'en parle. (...) Donc, en trois ans, près de 100'000 personnes sortent du chômage pour entrer en pauvreté."

ptur

Publié le 09 septembre 2018 à 21:58 - Modifié le 09 septembre 2018 à 22:20