Modifié le 20 juin 2018 à 21:12

Un serment d’Hippocrate contre les pressions financières sur les médecins

Les médecins suisses adaptent le serment d'Hippocrate à l'esprit du temps. Il s'appelle désormais "Le serment suisse".
Les médecins suisses adaptent le serment d'Hippocrate à l'esprit du temps. Il s'appelle désormais "Le serment suisse". 19h30 / 2 min. / le 20 juin 2018
Comment résister aux pressions économiques qui pèsent sur les professionnels de la santé? Le corps médical a développé un nouveau serment d'Hippocrate qui engage les médecins à ne pas agir sous la contrainte financière.

"Je n'accepte aucune prestation financière ni d'autres avantages, en particulier pour l'assignation et le transfert des patients; je ne conclus aucun contrat m'astreignant à des quantités définies de prestations." 

Voici l’un des dix points du "serment suisse", nouvelle version du serment d’Hippocrate initié par l’institut "Dialog Ethik" et porté par la FMCH (faîtière des chirurgiens suisses).

"Ce serment a été fait pour éviter que la médecine ne devienne un pur business", explique Bernhard Egger, médecin chef en charge de la chirurgie à l’hôpital cantonal de Fribourg (HFR) et co-auteur du serment.

Pas de discrimination en fonction de la caisse maladie

Le 7 juin dernier, dans le canton de Fribourg, une quarantaine de médecins ont pour la première fois promis de le respecter. Ils se sont par exemple engagés à ne pas pratiquer d’opérations non nécessaires et à ne pas discriminer leurs patients en fonction de leur caisse maladie.

La FMH soutient la diffusion de ce serment qui devrait se poursuivre ces prochains mois.

Linda Bourget / mh

Publié le 20 juin 2018 à 18:34 - Modifié le 20 juin 2018 à 21:12

Texte du "Serment Suisse"

En ma qualité de médecin, je prends les engagements suivants dans l'exercice de ma profession.

• Je pratique mon art au plus près de ma conscience et de mes connaissances ; j'assume pleinement la responsabilité de mes actes.

• J'accorde la priorité au bien-être des patientes et des patients et je les préserve de tout préjudice évitable.

• Je respecte les droits des patientes et des patients, je défends leur volonté et je prends en compte leurs besoins et leurs intérêts.

• Je traite les patients sans discrimination1 et je respecte le secret médical.

• Je fais preuve de bienveillance à l’égard des patientes et des patients et je leur consacre (ainsi qu'à leurs proches) le temps nécessaire.

• Je fais preuve de franchise envers les patientes et les patients et je m’exprime de manière compréhensible ; je les aide à prendre leurs propres décisions.

• Je traite les patients en conformité avec les règles de l’art médical et les connaissances actuelles, dans les limites de mes compétences ; je n'utilise pas les patientes et les patients pour servir ma carrière ni d'autres fins, et je ne leur impose aucun traitement que j'hésiterais à appliquer à ma propre personne ou à mes proches.

• J'exerce la médecine avec discernement, en fonction des ressources dont je dispose, et je ne recommande ou ne prends que des mesures judicieuses.

• Je veille à mon intégrité professionnelle et je n'accepte aucune prestation financière ni d'autres avantages, en particulier pour l'assignation et le transfert de patients ; je ne conclus aucun contrat m’astreignant à des quantités définies de prestations ou à l'omission de prestations.

• J'adopte un comportement irréprochable et honnête envers mes collègues de travail, je partage avec eux mes connaissances et mon expérience, et je respecte leurs décisions et leurs actes, dans la mesure où ces derniers demeurent conformes aux normes éthiques et scientifiques de notre profession.