Modifié le 23 avril 2018 à 22:21

Une invasion de campagnols dévaste les prairies suisses ce printemps

Agriculture: les campagnols ravagent les pâturages
Agriculture: les campagnols ravagent les pâturages 19h30 / 1 min. / le 23 avril 2018
Depuis plusieurs semaines, les paysans suisses sont confrontés à une importante attaque de campagnols qui ravagent prairies et pâturages. Les pertes fourragères et financières se chiffrent en dizaines de milliers de francs.

Dans 80% des champs observés ce printemps par la station fédérale de recherche Agroscope, les campagnols ont renforcé leur présence par rapport à l'année dernière, selon une information publiée par AgriNews.

Dans la plupart des sites analysés, le seuil critique de 40 bêtes par hectare a été franchi. Au-delà de ce niveau, il devient difficile de lutter efficacement contre le rongeur, selon Agroscope.

Fait marquant ce printemps, l'attaque a touché toutes les régions de Suisse, Fribourg en tête, sans précédent depuis 2012. Dans le canton de Neuchâtel par exemple, les pertes financières sont estimées entre 10'000 et 30'000 francs par exploitation, selon le Service cantonal de l'agriculture.

Les dégâts causés par les campagnols ce printemps.
Les dégâts causés par les campagnols ce printemps. [DR - RTS]

Son propre poids grignoté chaque jour

Une telle prolifération survient tous les cinq à six ans. Mais ses causes restent mystérieuses. La longue et chaude période de végétation pourrait expliquer la hausse massive de cette année. A la faveur des températures clémentes, les campagnols ont pu produire une, voire deux portées de plus que d'ordinaire.

Véritable machine de guerre, le rongeur grignote chaque jour environ 150 grammes de racine, soit son propre poids.

Il ne représente pas seulement une menace pour la production fourragère, mais aussi pour les vergers. Par leur action sur les racines, les campagnols sont en effet capables de faire périr des arbres.

La résistance s'organise

Comment combattre ces attaques? "Si on ne lutte pas en phase de basse densité, on n'arrive pas à lutter en phase de pullulation", explique dans le 19h30 Michel Horner, ingénieur agronome au sein du Service de l'agriculture du canton de Neuchâtel.

Dans les phases plus calmes de ces cycles de cinq à six ans, la résistance s'organise donc chez les paysans. Depuis cette année, la Confédération interdit l'usage d'un violent poison, la bromadiolone. Mais il reste aux exploitants le gazage, le piégeage mécanique ou des moyens plus naturels, tels que des nichoirs à prédateurs.

Julien Guillaume/tmun avec ats

Publié le 23 avril 2018 à 21:00 - Modifié le 23 avril 2018 à 22:21