Modifié le 01 février 2018 à 09:35

Les médecins veulent travailler avec une "rémunération qui est honnête"

L'invité-e de Romain Clivaz
L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - Michel Matter, membre du Comité central de la FMH La Matinale / 9 min. / le 01 février 2018
Pour le médecin Michel Matter, président de l'Association des médecins genevois, les praticiens veulent une "rémunération qui est honnête". Il plaide pour un rééquilibrage du financement des interventions ambulatoires.

"L'immense majorité des médecins souhaite avoir un tarif public, le Tarmed, avec lequel ils puissent travailler", explique le Dr Michel Matter, membre du comité central de la Fédération des médecins suisses (FMH) dans La Matinale jeudi. "Avec quel tarif et à quel prix devons-nous travailler lorsqu'on travaille pour l'assurance de base, et donc pour les primes."

Michel Matter souligne que le tarif est "imposé aujourd'hui par le Conseil fédéral, donc nous devons faire avec le tarif qui nous est imposé, avec les prix qui sont mis pour les différents actes que nous pouvons faire".

Pour le médecin, la question est surtout de "pouvoir travailler avec une rémunération qui est honnête". Et d'ajouter "qu'est-ce qu'on peut dire aux jeunes médecins (...) lorsque le revenu lié à l'opération du tunnel carpien est in fine à 50 francs pour une demi-heure d'intervention? Qu'est-ce qu'on peut leur dire? Est-ce que demain ça va être 40 francs, 30 francs, 20 francs... où est la limite?"

Rééquilibrage nécessaire

"Monsieur Berset nous demande de passer à l'ambulatoire, mais il oublie d'expliquer que le transfert vers l'ambulatoire fait monter les primes d'assurance maladie." L'ophtalmologue détaille la raison de l'augmentation: "Lors d'une intervention réalisée en stationnaire, donc avec une nuit à l'hôpital, l'Etat paie 55%, donc avec de l'argent public, et les 45% restants sont à la charge des assureurs. Si la même opération est faite en ambulatoire, c'est 100% à la charge des primes."

Michel Matter et la FMH plaident en faveur de deux mesures concrètes pour améliorer la situation des médecins et juguler l'augmentation des coûts de la santé.

Tout d'abord, "une uniformisation du financement de la santé", en rééquilibrant le financement de l'Etat entre ambulatoire et stationnaire, ou par une intervention étatique dans la coordination des soins ou le maintien à domicile.

Le critère d'admission des médecins doit aussi être maintenu. "Nous espérons que le Parlement nous suivra et ne rouvrira pas les frontières en 2019 pour qu'on n'ait pas un nombre de médecins beaucoup plus important qu'il n'est actuellement dans notre pays."

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Eric Butticaz

Publié le 01 février 2018 à 08:47 - Modifié le 01 février 2018 à 09:35