Modifié le 08 octobre 2017

Pour Isabelle Moret, c'est trop "facile" de "dénoncer ces méchants assureurs"

La conseillère nationale (PLR-VD) Isabelle Moret, invité du Grand entretien de Forum dimanche 8 octobre.
Pour Isabelle Moret, c'est trop "facile" de "dénoncer ces méchants assureurs" Info / 18 min. / le 08 octobre 2017
La PLR Isabelle Moret, invitée de Forum dimanche, estime que c'est "facile" de "s'amuser à dénoncer ces méchants assureurs maladie, mais que ça n'économise pas un seul centime en matière d'augmentation des coûts de la santé".

"Les primes ont doublé en vingt ans parce que les coûts de la santé ont doublé", poursuit Isabelle Moret, qui s'était faite discrète depuis sa défaite au Conseil fédéral le 20 septembre. S’attaquer aux dépenses est le seul moyen de palier une situation intolérable pour les ménages, notamment romands, selon la conseillère nationale (PLR/VD), qui siège dans la commission de sécurité sociale et de la santé.

A ses yeux, un des moyens pour contenir l’augmentation des coûts de la santé se trouve dans la prise en charge hospitalière – le gros de la facture des dépenses santé en Suisse. Il faudrait notamment fixer un prix moyen entre le traitement ambulatoire et l'hospitalisation, car hôpitaux et cliniques auraient aujourd'hui tendance à hospitaliser plus que nécessaire, pour financer notamment leurs secteurs déficitaires.

A l'Hôpital universitaire de Bâle, mille opérations pourraient être faites en ambulatoire alors qu’elles sont faites, pour des raisons financières, en stationnaire

Isabelle Moret, conseillère nationale (PLR/VD)
 

Isabelle Moret, également présidente de H+, la faîtière des hôpitaux et cliniques, s'appuie sur l'exemple l’Hôpital universitaire de Bâle. "Son directeur a calculé que chez lui, par année, mille opérations pourraient être faites en ambulatoire alors qu’elles sont faites, pour des raisons financières, en stationnaire", argue-t-elle.

"Intéressant d'avoir des relations avec les assureurs"

L'élue PLR est par ailleurs très critique vis-à-vis des deux initiatives lancées par un comité comprenant notamment les conseillers d’Etat en charge de la santé, Mauro Poggia (MCG/GE) et Pierre-Yves Maillard (PS/VD), "Pour une caisse publique d’assurance-maladie" et "Pour un Parlement indépendant des caisses-maladie".

>> Lire aussi: Une initiative veut rendre le Parlement indépendant des caisses maladie

Selon la conseillère nationale, ces textes ratent complètement leur cible. Elle ajoute: "Moi je trouve intéressant d’avoir des relations avec les assureurs-maladie."

Laetitia Guinand

Publié le 08 octobre 2017 - Modifié le 08 octobre 2017

La réforme des retraites bouclée "dans les deux ans"

Fermement opposée, comme son parti le PLR, à la réforme des retraites d’Alain Berset balayée en votation le 24 septembre, Isabelle Moret annonce que son parti s’apprêta à déposer sa proposition sur la TVA et la parité de l’âge de la retraite à 65 ans pour hommes et femmes, en commission au mois de novembre.

Pour Isabelle Moret, cette réforme ne doit pas se faire sur le dos des femmes. La conseillère nationale défendra d’ailleurs le projet de loi de Simonetta Sommaruga qui prévoit le contrôle régulier dans les entreprises de plus de 50 employés, pour s’assurer de l’égalité des traitements hommes-femmes.

"Moi aussi je ne trouve pas correct qu’on demande aux femmes de travailler une année de plus alors qu’il n’y a toujours pas d’égalité salariale", fait-elle valoir.

"Je souhaite être à nouveau candidate en 2019"

La conseillère nationale briguera un 5e mandat au Parlement fédéral en 2019. Quant à son échec lors de l’élection au Conseil fédéral le 20 septembre, derrière le Genevois Pierre Maudet et le tessinois Ignazio Cassis, Isabelle Moret dit ne pas avoir de regrets. Aucune aigreur non plus vis-à-vis de son parti, le PLR. "Le reste, c’est à vous de juger !", lance-t-elle.

Et quid d’une future candidature au Conseil fédéral ? Isabelle Moret ne ferme pas la porte, précisant qu’Ignazio Cassis lui-même se présentait cette année pour la deuxième fois.