Modifié le 11 juillet 2017 à 08:32

La préférence indigène pourrait se heurter à des problèmes pratiques

Les métiers de la restauration seront particulièrement concernés par la préférence indigène.
La préférence indigène pourrait se heurter à de nombreux problèmes pratiques Le Journal du matin / 2 min. / le 11 juillet 2017
La mise en oeuvre du principe de préférence indigène proposé par le Conseil fédéral risque de poser plusieurs problèmes pratiques. Le bâtiment, la restauration ou l'entretien sont particulièrement concernés.

Le gouvernement a lancé fin juin la consultation sur le projet d'application de l'initiative "contre l'immigration de masse", basé sur le mécanisme de la préférence indigène. Il s'agit de favoriser l'embauche de chômeurs qui habitent en Suisse plutôt que de recourir à des travailleurs étrangers.

>> Lire: Les critères de la préférence indigène irritent une partie du patronat

Les mesures prévues concernent les professions qui affichent un taux de chômage d'au moins 5%. Cela représente actuellement quelque 187'000 demandeurs d'emplois.

A l'avenir, les entreprises concernées devront communiquer les postes vacants aux offices régionaux de placement (ORP) en primeur durant cinq jours. Ensuite seulement, elles pourront publier une annonce et recruter l'employé de leur choix.

Les engagements de courte durée pas concernés

Or le chômage est souvent supérieur à 5% dans les métiers du bâtiment, de la restauration ou de l'entretien. Il s'agit de catégories professionnelles particulières, employant beaucoup de saisonniers et de travailleurs temporaires. Mais l'obligation de communiquer les postes vacants, précisément, ne s'appliquerait pas aux engagements de courte durée.

Le recrutement se fait par ailleurs rarement par voie d'annonce dans le secteur de la construction. Maçons, ferblantiers ou couvreurs passent souvent par des agences de placement ou de travail temporaire, très rarement par les ORP. Il sera donc difficile pour les entreprises concernées de se soumettre à cette obligation d'annoncer les postes vacants.

Absence de spécificités régionales

Autre incertitude: le projet du Conseil fédéral prévoit de se baser sur les taux de chômage au niveau suisse et ne tient donc pas compte des spécificités régionales. Pourtant, les taux de chômage peuvent fortement varier d’un canton à l’autre, pour la même catégorie professionnelle.

Enfin, le gouvernement parle d'un taux de chômage de 5% par profession et non par branche. On peut se demander ce que devra faire une entreprise de maçonnerie qui voudrait se séparer d'une employée de commerce, par exemple.

La consultation, qui court jusqu'au mois de septembre, devra clarifier tous ces points.

>> Ecouter l'interview de Nicolas Rufener, directeur de Construction romande:

La préférence indigène fait toujours débat.
Lukas Lehmann - Keystone
Le Journal du matin - Publié le 11 juillet 2017

Rouven Gueissaz/oang

Publié le 11 juillet 2017 à 07:24 - Modifié le 11 juillet 2017 à 08:32