Modifié le 13 avril 2017 à 18:52

Les défenseurs de la nature divisés sur la stratégie énergétique 2050

Des allumettes des opposants à la stratégie énergétique 2050.
Des allumettes des opposants à la stratégie énergétique 2050. [Anthony Anex - Keystone]
Les organisations de protection de la nature soutiennent la stratégie énergétique 2050 qui sera soumise au vote le 21 mai prochain. Mais certains de leurs membres s'y opposent.

A contre-courant de la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage qu'il préside, le conseiller national PLR Kurt Fluri ne soutient pas le projet. Il a rejoint le comité "Environnement contre la SE 2050", dont fait aussi partie Hans Weiss, ancien directeur de la fondation.

Sur son site internet, Kurt Fluri rappelle que la pénurie d'électricité engendrée par la sortie du nucléaire ne pourra être remplacée que par "l'énergie sale" des centrales à charbon d'Allemagne.

En outre, les paysages seront encore plus sous pression. Les parcs éoliens, les grandes installations photovoltaïques ou les centrales hydrauliques pourront être plus facilement implantées dans des paysages protégés, a-t-il déclaré jeudi au St-Galler Tagblatt.

Mention dans le comité des opposants jugée problématique

Beat Flach, membre du comité de direction de la fondation pour le paysage, s'est étonné que Kurt Fluri figure dans le comité des opposants sous l'étiquette de président de la fondation. "Cela donne l'impression que la fondation rejette la stratégie énergétique", a-t-il dit.

Un problème pour Beat Flach, car une grande majorité du conseil de fondation soutient la stratégie énergétique. Kurt Fluri a désormais assuré que sa fonction de président ne serait plus mentionnée, selon Beat Flach.

Un autre adversaire inattendu

Philippe Roch, l'ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement, votera lui aussi contre la stratégie énergétique 2050. Il estime que le projet de Doris Leuthard porte atteinte à la nature.

"Cette loi met sur un même niveau l'intérêt de la construction d'installations de production d'énergies renouvelables et l'intérêt de la protection de la nature", regrette Philippe Roch dans une interview accordée jeudi à la Tribune de Genève et 24 heures.

A ses yeux, le texte, qui vise à remplacer progressivement le nucléaire par des énergies renouvelables, met trop l'accent sur l'éolien. "Le projet de loi dit que son intérêt est le même que celui de la nature. Ce qui est philosophiquement faux", fait-il valoir.

Limitation des recours

Celui qui fut aussi directeur du WWF Suisse s'explique: "En 2050, l'énergie éolienne est censée ne produire [...] que 7,5% de la production électrique. Or, pour arriver à ce faible pourcentage, il faudrait construire entre 800 et 1000 éoliennes. C'est énorme." Lui miserait plutôt sur le solaire.

Philippe Roch critique enfin la limitation du droit de recours auprès du Tribunal fédéral qu'introduit, selon lui, le projet de la conseillère fédérale Doris Leuthard.

>> Lire aussi: Bon départ pour la stratégie énergétique, selon le 1er sondage SSR

ta/tmun avec ats

Publié le 13 avril 2017 à 14:45 - Modifié le 13 avril 2017 à 18:52