Modifié le 15 octobre 2012 à 22:21

Quelque 60 lignes ferroviaires en danger en Suisse romande

Selon les opposants, le Transrun est hors des moyens du canton.
Des bus pourraient remplacer les trains sur de nombreuses lignes en Suisse. [Laurent Gillieron - ]
Une soixantaine de lignes ferroviaires régionales romandes figurent parmi les 175 tronçons menacés de disparition selon les termes d'une ordonnance mise en consultation la semaine dernière. Ces lignes ne seraient pas assez rentables.

La nouvelle ordonnance de l'Office fédéral des transports (OFT) sur les coûts des lignes ferroviaires régionales menace l'existence de 175 des 300 lignes ferroviaires régionales que compte le pays. Dans la seule Suisse romande, pas moins de 60 lignes pas assez rentables pourraient être supprimées et remplacées par des bus.

Tous les cantons concernés

Le texte, mis en consultation la semaine dernière, concerne les lignes dont la couverture des coûts est inférieure à 50%. Si les projets de l'OFT se concrétisent, les alternatives économiques seront examinées avant d'effectuer des investissements importants en termes de rénovation de voies ou de matériel roulant.

Tous les cantons romands sont touchés, à des degrés divers. Dans le Jura, presque toutes les lignes régionales sont concernées, y compris celles des CJ. Dans le canton de Neuchâtel, la situation est tout aussi problématique, les lignes reliant Neuchâtel à Bienne, La Chaux-de-Fonds et St-Aubin étant notamment touchées.

Genève moins touchée

Dans les cantons de Vaud et de Fribourg, de nombreuses lignes n'atteignent pas non plus le seuil de couverture des coûts. C'est par exemple le cas du LEB (Lausanne-Echallens-Bercher), du Golden Pass entre Montreux et Zweisimmen, de la ligne Aigle-Leysin ou de celle reliant Fribourg à Morat et Ins.

En Valais, la ligne St-Gingolph-Sion-Brigue n'est elle non plus pas assez rentable, tout comme celle reliant Martigny au Châtelard, à la frontière française. Seul le canton de Genève est moins touché. La menace ne pèse que sur quelques tronçons, dont celui reliant la gare de Cornavin à La Plaine.

Lire aussi: Une ligne ferroviaire régionale sur deux pourrait disparaître

dk

Publié le 15 octobre 2012 à 12:58 - Modifié le 15 octobre 2012 à 22:21

Un calcul coût-bénéfice à effectuer

Selon le projet d'ordonnance, les commanditaires de lignes ferroviaires avec une couverture des coûts en dessous de 50% devront vérifier s'il n'existe pas d'offre avec un meilleur rapport coût-bénéfice. Pour éviter des erreurs d'investissement, il faut aussi tenir compte de l'état de l'infrastructure existante.

Pour une ligne rénovée entièrement récemment, un transfert du rail au bus n'a en règle générale pas de sens, précise le projet d'ordonnance. Si une ligne ferroviaire sert avant tout au transport régional des voyageurs, elle peut le cas échéant être remplacée. Il en résulterait des économies élevées du côté de l'infrastructure.

Si le tronçon concerné est de toute manière exploité pour d'autres types de trafic, comme celui des marchandises ou longues distances, les économies dues à l'infrastructure sont en revanche faibles. Une coordination trafic/infrastructure étroite est donc nécessaire, souligne l'OFT.

Un autre critère d'examen des lignes régionales non rentables est l'état du matériel roulant. Celui-ci est exploité pendant 20 à 30 ans au moins et ne peut pas être transféré tel quel d'une ligne à l'autre, en particulier sur les voies étroites: un examen régulier de ce matériel n'a donc pas de sens. (ats)