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Mort suspecte d'un détenu à la prison de Sion

Personne ne veut s'exprimer sur cette affaire en Valais. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Personne ne veut s'exprimer sur cette affaire en Valais. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
La mort d'un détenu à la prison de Sion le 8 janvier dernier s'avère être suspecte. Le bureau valaisan de la TSR a appris qu'une autopsie avait été réclamée par le Ministère public. Le Tribunal fédéral a même été saisi par l'avocat du prisonnier, qui estime que le décès de son client était évitable. Aujourd'hui, c'est le silence radio. Même l'avocat, désormais dessaisi du dossier, n'a plus le droit de s'exprimer sur cette affaire.

L'affaire éclate le 10 janvier dernier lorsque la police cantonale valaisanne publie un bref communiqué de presse. On y apprend qu'un prisonnier a été retrouvé sans vie deux jours plus tôt dans sa cellule, vraisemblablement de mort naturelle.


L'avocat avait demandé une libération

Ce Valaisan de 43 ans venait d'être condamné à 6 ans de détention pour abus sexuel sur mineure, après avoir purgé près d'une année de détention préventive. Le cas est jugé particulièrement grave, la victime n'était autre que sa propre fille.


Dans le cadre de l'enquête sur sa mort, une autopsie est alors ordonnée. Selon le procureur en charge du dossier, les résultats ne seront pas connus avant le mois de mars prochain, le délai habituel pour des analyses toxicologiques.


Le défenseur du prisonnier n'a pourtant pas attendu ce futur rapport pour saisir l'autorité judiciaire. Car quelques jours avant cette issue fatale, l'avocat avait réclamé sa libération auprès de la justice.


Grève des médicaments

Raison invoquée: erreur de procédure. Mais surtout, permettre à son client de se faire soigner en institution spécialisée sous régime carcéral. Le détenu était considéré comme psychologiquement amoindri. Il a également été victime d'un accident cardiaque durant sa détention. Le prisonnier était depuis contraint de prendre quotidiennement des médicaments. A l'annonce du refus de sa libération, le condamné avait entamé une grève des médicaments.


Aujourd'hui, l'avocat est interdit de dossier, mais il ne baisse pas les armes pour autant. Il reconnaît l'"atrocité" des faits qui ont conduit son client en prison. Mais il lui reconnaît aussi son droit à la vie en milieu carcéral. Il vient donc de saisir le Tribunal fédéral en contestant le refus de libération prononcé par la justice cantonale valaisanne.


Aujourd'hui, personne ne s'exprime sur cette affaire. Seul le rapport d'autopsie final permettra d'établir avec certitude les causes de la mort de ce détenu.


Alexandre Bochatay et Erwan Jagut


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