Modifié

Un comité de droite avertit du danger potentiel des initiatives populaires sur la santé

Une affiche du comité contre une médecine à deux vitesses. [Keystone - Laurent Gillieron]
Votations du 9 juin, le comité 2x non aux initiatives santé lance la campagne, explications / La Matinale / 1 min. / le 24 avril 2024
Les initiatives du PS et du Centre sur la santé répondent à des préoccupations réelles. Mais elles proposent de mauvais remèdes, a affirmé mardi un comité de droite en vue de la votation du 9 juin.

Des membres de l'UDC, du PLR et du PVL ont dénoncé face à la presse des expérimentations "dangereuses", avec des effets secondaires pour les patients et la classe moyenne.

L'initiative du PS sur les primes demande que les primes maladie ne dépassent pas 10% du revenu. La part qui dépasse ce seuil serait couverte par la Confédération et les cantons par le biais de réductions de primes.

Concrètement, la Confédération devrait prendre en charge les deux tiers au moins des coûts, le reste étant financé par les cantons. "Les coûts sont exorbitants", a déclaré Thomas Bläsi, conseiller national UDC genevois. Le Conseil fédéral prévoit jusqu'à environ 12 milliards de francs par an à partir de 2030.

Les coûts pour la Confédération et les cantons augmenteront ainsi d'un quart. C'est plus de deux fois les coûts liés au financement de la 13e rente AVS. Pour financer ces dépenses supplémentaires, il faudrait inévitablement augmenter la TVA. Une fois de plus, c'est la classe moyenne qui devrait payer la facture, critique l'UDC.

Prestations rationnées?

L'initiative du Centre vise elle à maîtriser la croissance des coûts de la santé via un mécanisme de frein aux coûts. Si les coûts de la santé augmentent chaque année de 20% de plus que les salaires, le Conseil fédéral et les cantons doivent prendre des mesures concrètes avec des effets dès l'année suivante. L'initiative ne précise pas comment.

"Mais au final, cela signifie que les prestations de santé seront rationnées", a estimé Melanie Mettler, conseillère nationale bernoise du Parti vert'libéral. Le mécanisme de frein aux coûts est "absurde": la décision d'un traitement médical ne peut être prise que par un médecin ou un autre professionnel de la santé, mais certainement pas par des théoriciens quelconques.

Avec cette initiative, "nous risquons d'avoir une médecine à deux vitesses". La limitation des dépenses de santé, concrètement liée ici à la croissance économique, entraînerait des coupes draconiennes. L'Allemagne a introduit un mécanisme similaire et a fait de très mauvaises expériences, selon la Bernoise.

Des alternatives sur la table

"Les inquiétudes concernant l'augmentation des primes d'assurance maladie doivent toutefois être prises au sérieux", a poursuivi la députée Regine Sauter (PLR/ZH). C'est pourquoi le Parlement a opposé un contre-projet indirect ciblé à chacune des deux initiatives.

Le contre-projet à l'initiative sur les primes oblige les cantons à verser une contribution minimale au financement de la réduction des primes. Les cantons doivent en outre fixer la part maximale que la prime peut représenter par rapport au revenu disponible des assurés domiciliés dans leur canton.

Le contre-projet à l'initiative du Centre vise à maîtriser la croissance des coûts dans l'assurance obligatoire. Le Conseil fédéral devra se livrer à cet exercice tous les quatre ans et consulter les assureurs, les assurés, les cantons et les fournisseurs.

L'efficacité du système de santé suisse doit être améliorée. Il s'agit par exemple de transférer systématiquement les traitements stationnaires vers le secteur ambulatoire, moins cher. Le Parlement a décidé l'année dernière d'uniformiser le financement des prestations (réforme EFAS, contre laquelle un référendum a abouti). "De bonnes alternatives sont donc sur la table", a conclu Regine Sauter.

ats/miro

Publié Modifié