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L'élection de Beat Jans montre que la formule magique doit être revue, selon la presse

S'il était prévisible que le socialiste bâlois Beat Jans devienne conseiller fédéral mercredi, son élection a confirmé que la formule magique a fait son temps et devrait être rapidement revue, estime la presse suisse. [Keystone - Alessandro della Valle]
S'il était prévisible que le socialiste bâlois Beat Jans devienne conseiller fédéral mercredi, son élection a confirmé que la formule magique a fait son temps et devrait être rapidement revue, estime la presse suisse. - [Keystone - Alessandro della Valle]
S'il était prévisible que le socialiste bâlois Beat Jans devienne conseiller fédéral mercredi, son élection a confirmé que la formule magique a fait son temps et devrait être rapidement revue, estime la presse suisse. Les éditorialistes prédisent que la prochaine élection au sein du collège sera palpitante.

Le score relativement faible de plusieurs conseillers fédéraux prouve que beaucoup de parlementaires ne sont pas satisfaits de la répartition des forces, estime le Tages-Anzeiger. Les partis ne peuvent plus ignorer le "mécontentement généralisé" et doivent entamer des discussions sur la concordance le plus rapidement possible, ajoute-t-il.

Le PS et le PLR sont spécialement dans le viseur du titre zurichois. Ils doivent repenser leurs prétentions au pouvoir qui ne sont pas suffisamment justifiées, bien que revendiquées comme un droit absolu, analyse le titre.

>> Le suivi de l'élection : Le socialiste bâlois Beat Jans accède au Conseil fédéral, le PLR sauve ses deux fauteuils

Une "gifle" pour les socialistes

Pour le journal alémanique, le mauvais score des ministres libéraux-radicaux Ignazio Cassis (167 voix) et Karin Keller-Sutter (176 voix) est à mettre sur le compte de "considérations de politique partisane".

Le média alémanique en ligne Watson abonde et juge que le camp bourgeois de droite a pris sa "revanche" pour ces résultats en demi-teinte en votant ensuite pour le candidat socialiste hors ticket officiel Daniel Jositsch. C'est le Grison Jon Pult qui a fait les frais de cette tactique, relégué à une troisième place au goût amer, analyse le média.

La Neue Zürcher Zeitung est également d'avis que le camp bourgeois a infligé une "gifle" aux socialistes mercredi. Selon elle, une des raisons du mécontentement du centre-droit est à chercher dans le ticket présenté par le parti à la rose, "limité à deux candidats de l'aile gauche du parti". Les 70 voix obtenues par Daniel Jositsch remettent en cause l'utilité des tickets officiels des partis, poursuit encore la NZZ.

>> Ecouter aussi le commentaire d'Etienne Kocher, correspondant au Palais fédéral pour la RTS, dans La Matinale :

Le conseiller fédéral nouvellement élu Beat Jans rencontre ses partisans sur la place Fédérale, après le renouvellement intégral du Conseil fédéral par l'Assemblée fédérale, le 13 décembre 2023 à Berne. [KEYSTONE - JEAN-CHRISTOPHE BOTT]KEYSTONE - JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Election du Conseil fédéral: le commentaire d'Etienne Kocher / La Matinale / 1 min. / le 14 décembre 2023

La formule plus si magique

Dans le même esprit, Le Temps estime que l'élection a remis en cause la "sacralité du ticket officiel" alors que plusieurs élus socialistes menacent déjà de ne pas élire un candidat officiel lors de la succession de Guy Parmelin. Le quotidien romand partage le constat selon lequel la formule magique a vécu et appelle les partis à "rétablir la confiance entre eux" ainsi qu'"avoir le courage de s'interroger sur les institutions, sans tabou".

Le Nouvelliste plaide également pour un renouvellement de la formule magique, la composition du gouvernement n'étant pas suffisamment représentative de la population. Le journal valaisan appelle les parlementaires à "sérieusement réfléchir" à réformer en profondeur la formule magique afin que les forces écologistes et centristes y soient mieux intégrées.

"La Liberté" retient quant à elle de l'élection les tensions entre socialistes et Vert-e-s qui "laisseront des traces", les socialistes ayant "fâché" leur allié traditionnel en refusant de soutenir leur candidat, par peur de froisser le camp bourgeois. La "cuisante défaite" du Fribourgeois Gerhard Andrey résulte de l'incapacité de ce dernier à "créer une dynamique autour de sa candidature", juge sévèrement le journal.

>> Voir aussi l'analyse de Rouven Gueissaz dans le 19h30 :

Au pays de la concordance, l'élection au Conseil fédéral a montré l'érosion de la confiance entre certains partis. L'analyse de Rouven Gueissaz, chef de la rubrique politique
Au pays de la concordance, l'élection au Conseil fédéral a montré l'érosion de la confiance entre certains partis. L'analyse de Rouven Gueissaz, chef de la rubrique politique / 19h30 / 1 min. / le 13 décembre 2023

Plusieurs médias pensent que la prochaine élection au Conseil fédéral sera palpitante. "Elle sera sans doute plus incontrôlable, mais aussi plus libre et passionnante", prédit la NZZ. La grande "déculottée" est encore à venir, juge Watson, qui voit se dessiner une bataille entre les partis, notamment les Vert-e-s, autour de la future composition du Conseil fédéral.

Beat Jans, consensuel et urbain

Nombreux sont les titres qui soulignent la nature consensuelle du nouvel élu. L'attitude "non dogmatique et ouverte au compromis" de Beat Jans a convaincu les puissants représentants des agriculteurs au Parlement et au-delà, constate le Tages-Anzeiger.

Pour Le Temps, le "dynamique, rassembleur, et pragmatique" Beat Jans possède toutes les qualités pour être "l'un des bâtisseurs (de ponts) dont la Suisse a besoin". Il devrait rapidement rejoindre Karin Keller-Sutter et Albert Rösti parmi les leaders du gouvernement, estime le journal.

La Liberté regrette pour sa part que Beat Jans, âgé de 59 ans, fasse "figure d'homme du passé". "Avec lui, le Conseil fédéral ressemble encore davantage à un aréopage de sexagénaires, ce qui n’est pas l’idéal pour appréhender l’avenir", critique le journal.

L'élection de Beat Jans est une bonne nouvelle pour la stabilité du pays, selon le journal grison Südostschweiz, publié dans le canton du candidat malheureux Jon Pult. Le journal décrit le nouvel élu comme un "politicien consensuel qui a peut-être un jour marché sur les pieds des paysans, mais qui, depuis lors, emprunte avec habileté les bons chemins et évite les bousculades".

>> Lire aussi : Beat Jans, un fils d'ouvrier devenu conseiller fédéral

ats/edel

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