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Les compensations de CO2 sur les billets aériens sont "proches de zéro"

Une infime minorité de voyageurs acceptent de compenser leurs émissions. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Seuls 4% des déplacements en avion sont compensés en Suisse / Le Journal horaire / 31 sec. / le 23 février 2022
Seuls 4% des déplacements en avion font l'objet d'une compensation climatique en Suisse. Une étude bernoise portant sur plus de 63'000 réservations montre que les voyageurs ne sont guère disposés à compenser leurs émissions de gaz à effet de serre.

L'étude de l'Institut de sociologie de l'Université de Berne a été publiée dans la revue Global Environmental Change. Ses résultats montrent nettement "qu'il est tout à fait insuffisant de miser sur des mesures volontaires pour tenter d'atteindre les objectifs de protection du climat", indique l'un de ses co-auteurs, Sebastian Berger, cité mercredi dans un communiqué de l'Université.

Plus de 60'000 réservations auscultées

Globalement, le trafic aérien international est responsable de 2,8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En coopération avec une compagnie aérienne suisse, les chercheurs ont analysé 63'250 réservations effectuées entre août 2019 et octobre 2020. Il s'agissait principalement de vols européens ou extra-européens impliquant des vacanciers.

Résultat: seuls 4% de ces vols ont fait l'objet d'une compensation climatique via un supplément sur le prix du billet. La moyenne de ces paiements volontaires est donc d'un franc par tonne de CO2 émise, ont calculé les chercheurs. Or, en décembre 2021, le prix sur le marché des émissions européennes était de 90 euros la tonne, et les coûts réels pourraient même être bien plus élevés.

Mesures volontaires inutiles

La disposition des passagers à payer volontairement pour réduire leur empreinte carbone dans ce secteur est donc "proche de zéro", soulignent les auteurs. Certaines études montrant de meilleurs résultats sont des études hypothétiques où l'on a demandé aux voyageurs s'ils seraient prêts à mettre la main au porte-monnaie, note encore l'Université de Berne.

Ces résultats, jugés "pas vraiment surprenants", montrent selon Sebastian Berger que "les investissements dans la protection du climat ne sont mis en actes que si l'on peut être sûr que tout le monde y participe".

ats/oang

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Les végétariens (à peine) plus sensibles

Une étude complémentaire a montré que les personnes qui ont demandé un repas végétarien à bord de l'avion ont été près de trois fois plus nombreuses à compenser volontairement leurs émissions. Celles qui optent pour un check-in prioritaire ou d'autres suppléments ont également davantage tendance à le faire.

Il n'en reste pas moins que "trois fois très peu, cela reste toujours très peu", commente le professeur Berger.