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La Chaîne du bonheur récolte plus de 4 millions pour les victimes du Covid à l'étranger

Un enfant dans un camp rohingya au Bangladesh. [EPA/Abir Abdullah - Keystone]
La Chaîne du Bonheur a récolté plus de 4 millions de francs pour les victimes du Covid-19 à l'étranger / Le Journal horaire / 1 min. / le 22 octobre 2020
Après un premier appel aux dons lancé en mars pour aider les personnes, en Suisse, dont la situation est rendue précaire par la crise du Covid-19, la Chaîne du Bonheur a organisé jeudi une journée nationale de solidarité avec les victimes à l'étranger. Plus de 4 millions de promesses de dons ont été enregistrées.

L’objectif de cette nouvelle collecte, organisée en collaboration avec la SSR, est de soutenir le travail des organisations qui interviennent dans des pays où les crises existantes ont été amplifiées par la pandémie de Covid-19.

C'est la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga qui a officiellement lancé la journée de solidarité nationale "Coronavirus International" à 7h. "Si beaucoup de Suisses souffrent des conséquences de la pandémie, on se rend compte que celle-ci ne s'arrête pas aux frontières de notre pays", a déclaré la conseillère fédérale dans La Matinale de la RTS, mentionnant notamment les femmes et les enfants touchés concrètement dans les zones de guerre.

Les dons peuvent être faits en ligne sur le site internet de la Chaîne du Bonheur ou par virement bancaire sur le compte postal 10-15000-6 avec la mention "Coronavirus International".

Au terme de la journée, le montant des dons récoltés a atteint 4'016'886 francs, a indiqué l'organisation jeudi en fin de soirée.

La solidarité ne doit pas s'arrêter aux frontières

"Nous ne pourrons surmonter cette crise que si notre solidarité ne s’arrête pas aux frontières", déclare le directeur de la Chaîne du Bonheur Roland Thomann. "Il y a beaucoup de gens en détresse. Sans une aide humanitaire internationale immédiate, nous risquons de voir les pays fragiles connaître une régression considérable."

Dans les pays en développement, les conséquences de la pandémie sont souvent pires que le virus lui-même: la pauvreté, la famine et les maladies s’aggravent, et les progrès réalisés dans le domaine de la santé et de l'éducation sont menacés. Selon la Banque mondiale, 100 millions de personnes risquent de sombrer dans l’extrême pauvreté.

Début juillet, la Chaîne du Bonheur a déjà débloqué deux millions de francs de son fonds d’urgence pour aider ses organisations partenaires à intervenir partout dans le monde. Neuf de ces organisations d’entraide ont déjà réalisé des campagnes d'information et de prévention dans sept pays fragiles (Haïti, le Burkina Faso, le Mozambique, la Tanzanie, le Yémen, le Bangladesh et la Birmanie), mais ces fonds sont loin d’être suffisants.

"Notre objectif est d'apporter un soutien soit en nature, avec le la nourriture par exemple, soit financier aux familles qui en ont besoin pour survivre pendant ces quelques mois", explique dans le 12h45 Tasha Rumley, responsable des programmes humanitaires pour la Chaîne du Bonheur. Pour elle, cette aide est primordiale pour éviter à ces familles dans le besoin d'avoir recours à des alternatives néfastes pour trouver de l'argent, "comme envoyer les enfants travailler dans la rue, voler ou même se prostituer. Ou encore de contracter des dettes qui seront ensuite difficiles à rembourser".

>> Les explications de Tasha Rumley, responsable des programmes humanitaires pour la Chaîne du Bonheur, dans le 12h45:

Tasha Rumley revient sur l'appel à la solidarité lancé par la Chaîne du bonheur. [RTS]
Tasha Rumley revient sur l'appel à la solidarité lancé par la Chaîne du bonheur. / 12h45 / 2 min. / le 22 octobre 2020

80 millions d'enfants menacés

Parmi les populations menacées figurent notamment les Rohingyas, réfugiés musulmans de Birmanie, qui sont plus de 860'000 à vivre dans des camps au Bangladesh avec de multiples problèmes quotidiens: promiscuité, hygiène précaire, manque d'accès à l'eau pour se laver les mains ou se désinfecter.

Autre situation, moins médiatisée, celle des 75'000 réfugiés burundais dans le camp de Nduta en Tanzanie, qui ne peuvent bénéficier que d'un seul point d'eau pour 300 abris.

La misère menace également 80 millions d'enfants, qui sont exposés à des maladies évitables, parce que les programmes de vaccination de la polio, la rougeole ou la diphtérie ont été ralentis ou stoppés dans une septantaine de pays.

Certains parents renoncent même à venir faire vacciner leurs enfants dans les hôpitaux, par peur d'attraper le coronavirus. On pourrait encore avancer les problèmes d'éducation, la stigmatisation des malades ou le cumul des risques avec les conflits ou les catastrophes naturelles.

>> Le point sur la malnutrition dans le 12h45:

La malnutrition, qui touche surtout les jeunes enfants, a été aggravée par la pandémie de coronavirus. [RTS]
La malnutrition, qui touche surtout les jeunes enfants, a été aggravée par la pandémie de coronavirus. / 12h45 / 2 min. / le 22 octobre 2020

vic/boi

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42 millions récoltés pour la Suisse

L'opération lancée il y a un peu plus de six mois pour soutenir les victimes de la crise en Suisse a permis de récolter plus de 42 millions de francs. À ce jour, plus de 35 millions de francs ont déjà été utilisés pour financer plus de 150 projets menés par 114 organisations qui aident les personnes particulièrement affectées par les conséquences de l'épidémie.

Le soutien apporté relève de l'aide d'urgence, de l'aide alimentaire et de l'aide financière (colis alimentaires, transports, soins et aide à domicile pour les personnes âgées ou handicapées notamment), et ce dans toute la Suisse. D'autres projets sont en cours d'étude.