Modifié le 17 janvier 2020 à 19:07

Les arrêts maladie pour burn-out ont explosé depuis 2012, rapporte la NZZ

Depuis 2012, le nombre d'arrêts de travail a augmenté de 50% en Suisse. Dans six cas sur dix, il s'agit de burn-out ou de dépression, selon les statistiques des assurances Swica et PK Rück.
Les arrêts maladie pour burn-out ont explosé depuis 2012, rapporte la NZZ Le Journal horaire / 1 min. / le 12 janvier 2020
Les arrêts de travail prescrits pour causes psychologiques ont atteint un record depuis 2012, révèle un article de la NZZ am Sonntag basé sur les chiffres fournis par deux assureurs. Ces absences de longue durée mènent souvent au licenciement.

L'article publié dimanche dans la NZZ am Sonntag s'appuie sur des statistiques jusqu'ici inédites établies par les compagnies d'assurance PK Rück et Swica.

Les absences liées à des problèmes de santé mentale ont ainsi augmenté de 70% depuis 2012 chez PK Rück. Dans 6 cas sur 10, épuisement professionnel ou dépression sont à l'origine de l'incapacité de travail. De son côté, l'assurance-maladie Swica fait état d'une augmentation du nombre d'arrêts liés à une maladie mentale de près de 50% en 6 ans.

Groupes à risque

Selon un responsable de PK Rück cité dans la NZZ, les personnes concernées ont souvent entre 40 et 50 ans mais la proportion de personnes plus jeunes augmente considérablement.

Les individus les plus à risque travaillent souvent comme enseignants, médecins, dans le secteur des soins infirmiers et dans l'administration. Beaucoup des personnes touchées "se mettent trop de pression et ont des difficultés à allouer leurs propres ressources", précise l'expert de PK Rück.

Mais cette forte hausse des situations d'épuisement professionnel est aussi corrélée à une pression croissante dans le monde du travail. Stress des délais, faiblesses de la culture d'entreprise, changements rapides, suppressions d'emplois... Un employé sur cinq déclarait souffrir très souvent de stress dans la dernière enquête fédérale sur la santé. Les plus jeunes étaient les plus touchés.

Pas une maladie professionnelle

Pour autant, le burn-out n'est pas considéré en Suisse comme une maladie professionnelle, contrairement à d'autres pays européens. Le Conseil fédéral estime que la maladie peut également être due à des facteurs privés.

Les médecins sont fréquemment dépassés face à ces situations complexes. "Ils mettent souvent leurs patients en arrêt de travail trop vite, pour trop longtemps et à 100%", estime dans l'article le responsable de l'unité de rééducation de la clinique psychiatrique de Bâle-Campagne.

Selon lui, il serait souvent plus logique de continuer à travailler à temps partiel dans la mesure où un arrêt maladie de longue durée rend difficile le retour au travail.

Faibles chances de réinsertion

L'étude de PK Rück montre en effet que les maladies mentales, "en général particulièrement graves", donnent lieu à des incapacités de travail de 18 mois en moyenne, soit deux fois plus longues que pour les autres maladies.

Les chances de réinsertion professionnelle sont en outre nettement plus faibles et la majorité des cas se concluent par un licenciement. Ainsi, après une absence de six mois, 1 personne sur 2 parvient à reprendre le travail. Le pourcentage tombe à 1 sur 5 après un an.

Le coût des absences, pertes de production et rentes d'invalidité dues au stress a été estimé en 2012 à 10 milliards de francs par an par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). "Le monde économique a longtemps sous-estimé le problème", explique à la NZZ un des experts, "et aujourd'hui encore beaucoup d'entreprises n'investissent pas assez dans la prévention et l'encadrement des personnes concernées".

ptur

Publié le 12 janvier 2020 à 14:38 - Modifié le 17 janvier 2020 à 19:07