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La publicité politique dans les journaux est en chute libre

Trois journaux dont la Tribune de Genève vont bénéficier de cette numérisation. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Les publicités politiques dans les journaux est en chute libre / Le 12h30 / 2 min. / le 11 octobre 2019
Une étude de l'Université de Berne publiée jeudi et portant sur une cinquantaine de titres de presse montre que ce support a été plutôt délaissé pendant la campagne pour les élections fédérales par rapport à il y a 4 ans.

Les chercheurs bernois soulignent qu'il y a eu environ une fois et demie moins d'annonces dans les journaux qu'en 2015, alors qu'elles revêtent pourtant une fonction mobilisatrice, en particulier avant les élections.

D'autres méthodes privilégiées

Pourtant, les moyens financiers à disposition des partis politiques n'ont a priori pas diminué. Alors comment expliquer ce désamour? Les journaux ont-ils été délaissés pour les réseaux sociaux?

"C'est une possibilité, ou alors ils ont utilisé les sous pour autre chose, comme par exemple pour cibler plutôt les gens dans la rue, pour faire du porte à porte", explique Marc Bühlmann, co-auteur de l'étude.

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Certaines formations politiques utilisent davantage les publicités dans les médias que d'autres. Les partis qui investissent le plus dans les journaux sont l'UDC et le PLR, comme en 2015. Mais tous les partis ont réduit leurs annonces dans la presse cette année. C'est le cas aussi des Verts qui ont entrepris une stratégie particulière, selon le politologue.

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Peu d'investissements des écologistes

"Les Verts c'est un peu spécial. Eux aussi mettent moins d'argent pour les annonces, mais ils ont commencé leur campagne un peu plus tôt. On aurait pu penser qu'ils allaient utiliser beaucoup plus ce support en surfant sur la vague thématique du climat, ce qu'avait fait l'UDC en 2015 en profitant de la thématique de la politique de migration. Mais apparemment, ils n'ont pas la même stratégie, ou pas les moyens pour foncer là-dedans", estime Marc Bühlmann.

Les Verts n’ont-ils pas tout simplement estimé qu’ils étaient portés par « la vague verte » et qu’ils avaient moins besoins de ces annonces ? "Je pense qu'il faut quand même montrer aux gens qu'on doit aller voter si on veut vraiment changer quelque chose. Si on ne le fait pas et qu'on espère juste que la population aille aux urnes, ça peut être risqué."

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Les Verts libéraux, également poussés par la thématique du climat selon les sondages, investissaient déjà très peu dans les publicités dans les journaux il y a 4 ans. Cette année encore, sur 10 partis passés au crible, c'est la formation qui dépense le moins dans ce domaine juste devant le Parti évangélique.

Marie Giovanola/jfe

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