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Les cellules formant des métastases se développent surtout pendant la nuit

Un radiologiste examine les images d'une mammographie, pour détecter un possible cancer du sein. [Gaetan Bally - Keystone]
Les cellules formant des métastases se développent surtout pendant la nuit / Le Journal horaire / 27 sec. / le 22 juin 2022
Des chercheurs sous la direction de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) ont fait une observation étonnante sur les cellules cancéreuses: les tumeurs du cancer du sein augmentent apparemment leur activité pendant la nuit et produisent davantage de cellules cancéreuses formant des métastases.

Cette découverte a été rapportée mercredi par l'équipe du biotechnologue Nicola Aceto, professeur d'oncologie moléculaire à l'EPFZ, dans la revue spécialisée Nature. Avec leurs collègues de l'Université et de l'hôpital universitaire de Bâle, les chercheurs ont pu mettre en évidence le schéma jour-nuit du cancer du sein chez trente patientes atteintes de la maladie et sur des souris.

"Si la personne concernée dort, la tumeur se réveille", résume Nicola Aceto dans un communiqué de l'EPFZ.

L'étude s'est concentrée sur les cellules tumorales dites "circulantes", soit des cellules détachées de la tumeur initiale, circulant dans le sang. Certaines d'entre elles forment des rejets dans d'autres organes, c'est-à-dire des métastases. Celles-ci sont responsables jusqu'à 90% de tous les décès dus au cancer.

Dicté par les hormones

Comme le constatent les chercheurs, les tumeurs ne sécrètent pas seulement davantage de cellules cancéreuses en circulation pendant la phase de repos. Les cellules cancéreuses libérées pendant la nuit ont également tendance à finalement se fixer sous forme de métastases. La dynamique des cellules cancéreuses circulantes est dictée par des hormones importantes du cycle veille-sommeil, comme la mélatonine, peut-on lire dans l'étude.

Ces résultats offrent de précieuses informations pour le diagnostic, écrivent les chercheurs. Il pourrait par exemple être utile de réaliser des biopsies à des moments strictement contrôlés, afin de garantir la comparabilité des données. Les traitements contre le cancer pourraient également être améliorés s'ils étaient adaptés de manière à maximiser leur efficacité pendant le sommeil.

Dans un article accompagnant l'étude, Harrison Ball et Sunitha Nagrath, de l'Université du Michigan, écrivent que l'équipe de Nicola Aceto dresse un "tableau remarquable". Les résultats doivent toutefois encore être testés dans de grands essais cliniques avant de pouvoir être intégrés dans la pratique clinique. Il serait en outre intéressant de voir si le rythme de 24 heures observé se retrouve également dans d'autres types de tumeurs que le cancer du sein.

ats/ther

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