Modifié le 27 juillet 2017 à 08:22

Un système de désherbage électrique suisse pour remplacer le glyphosate

Le prototype de désherbage électrique a été testé sur un tracteur début juin à Biezwil.
Un système de désherbage électrique suisse pour remplacer le glyphosate Le Journal du matin / 1 min. / le 27 juillet 2017
Utiliser le désherbage électrique dans l’agriculture plutôt que du glyphosate ou autres produits chimiques: cette nouvelle technologie est développée par un groupe suisse qui a deux filiales en Allemagne et au Brésil.

L’électro-herbicide est utilisé au Brésil depuis de nombreuses années et un essai a eu lieu le mois dernier dans le canton de Soleure. Le prototype qui a été testé début juin à Biezwil est un tracteur équipé d’un générateur à l’arrière et de deux rangées de spatules métalliques montées sur l’attelage frontal. Le système envoie dans le sol une décharge électrique de 5000 à 15'000 volts, qui fait éclater les vaisseaux des plantes avant de retourner au générateur. 

Rentabilité et durabilité comme objectifs

C'est suite au succès brésilien de cette approche, qui se veut rentable et durable, que le groupe Zasso a pris la décision de déployer et d'affiner la technologie en Europe. "Elle répond à une demande non seulement des agriculteurs, qui cherchent à travailler autrement, mais aussi des consommateurs qui cherchent à mettre de plus en plus de durable dans leur consommation", explique l'un des directeurs du groupe Benjamin Ergas.

L’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) à Frick, en Argovie, a été associé au développement de cette technologie. Il va d’ailleurs tester cet outil dès le 10 août et jusqu’à fin septembre. Et l’Association suisse pour une agriculture respectueuse du sol (Swiss No-Till) se dit aussi très intéressée, même s’il reste encore beaucoup de paramètres à étudier avant son déploiement. "On aimerait bien savoir l'impact sur le sol, sur la vie biologique", souligne son porte-parole Wolfgang Sturny.

Intérêt au-delà de l'agriculture

Et si le système est homologué, il pourrait devenir une alternative aux herbicides chimiques. L’intérêt est énorme dans l’agriculture biologique et la production de légumes, mais aussi dans le secteur urbain. Cette technologie pourrait permettre de désherber les rues, les autoroutes ou encore les voies ferrées.

Gaël Klein/oang

Publié le 27 juillet 2017 à 07:10 - Modifié le 27 juillet 2017 à 08:22