Modifié le 28 juin 2010 à 14:10

Très peu de trichloramine dans nos piscines

Les piscines romandes sont plutôt bien notées par le LIST.
Les piscines romandes sont plutôt bien notées par le LIST. [Keystone]
Les piscines couvertes des cantons de Neuchâtel, Jura et Fribourg ne présentent pas de risque élevé d'irritation de la peau ou des voies respiratoires.

Cette observation figure en conclusion d'une étude sur les taux
de trichloramine dans les bassins de natation. Sur trente piscines
couvertes ayant fait l'objet d'analyses, quatre bassins ont révélé
une exposition à la trichloramine égale ou supérieure à 0,3 mg/m3
d'air. La moyenne des mesures se situait à 0,11 mg/m3 d'air, ont
indiqué mercredi les responsables du Laboratoire intercantonal de
santé au travail (LIST).

Cet organisme commun aux cantons de Fribourg, Neuchâtel et Jura
a présenté les résultats d'une étude sur les trichloramines de
surface, lors d'une conférence de presse organisée à Neuchâtel.
L'atmosphère a été analysée autour de piscines conventionnelles ou
ludiques, ainsi qu'aux abords de plans d'eau thérapeutiques.

Issu de la rencontre entre chlore et matière organique

La trichloramine est un gaz irritant pour les yeux, la peau et
les voies respiratoires. La formation de ce composé chimique
résulte de l'interaction du chlore, utilisé pour la désinfection
des piscines, avec les composants organiques contenus dans les
crèmes solaires, la sueur, les résidus de peau.





Le brassage de l'eau provoque un dégazage qui a pour effet de
concentrer la trichloramine à la surface des bassins. Le phénomène
est comparable aux éruptions volatiles se formant dans les
bouteilles d'eau gazeuse secouée. Les jacuzzi et jeux d'eau des
bassins ludiques favorisent l'élévation du taux de
trichloramine.

Le personnel en première ligne

Le personnel technique des piscines, les gardiens de bassins et
les maîtres-nageurs sont de loin les plus exposés aux effets
secondaires du dégazage. En revanche, selon l'étude, les taux de
gaz irritant mesurés auprès des caissières des établissements de
bains sont presque insignifiants.





Le LIST va proposer à la SUVA de retenir la norme maximale de 0,3
mg de trichloramine par mètre cube d'air pour ses prescriptions
relatives à la santé au travail. Ce taux représente le niveau à
partir duquel les employés des piscines commencent à se plaindre
des symptômes associés à la présence du gaz irritant.





ats/jeh

Publié le 05 novembre 2008 à 15:23 - Modifié le 28 juin 2010 à 14:10

Une réglementation délicate

La recommandation du LIST est soutenue par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

L'imposition de normes légales de trichloramine est cependant délicate en Suisse.

Les conditions cadre juridiques sont restrictives en ce qui concerne le contrôle de l'atmosphère des lieux fermés.

Les usagers des bassins de natation couverts ressentent aussi occasionnellement les symptômes d'irritation.

Mais ils peuvent contribuer à faire baisser le taux de trichloramine en se douchant avant le bain, afin de réduire l'apport de composants organiques dans l'eau chlorée.

En Europe L'étude présentée mercredi montre que les bassins couverts de Suisse et d'Allemagne présentent des risques peu élevés de surexposition à la trichloramine.

Des concentrations de 1,5 mg/m3 d'air ont été mesurées en France et 2 mg/m3 d'air en Belgique.

Ces deux pays ont déjà pris au demeurant des mesures énergiques.