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La musique améliore le développement du cerveau des prématurés

De la musique pour un meilleur développement des grands prématurés [RTS]
De la musique pour un meilleur développement des grands prématurés / L'actu en vidéo / 2 min. / le 28 mai 2019
De la musique spécialement composée pour les grands prématurés est à même de renforcer le développement de leur cerveau. C'est le résultat d'une étude menée par les HUG et l'Université de Genève.

Comment aider le cerveau des grands prématurés, ces bébés nés avant la 32e semaine de grossesse, à se développer? Et cela malgré l'environnement sensoriel perturbant des soins intensifs. Des chercheurs de l'Université de Genève (UNIGE) et des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) proposent une solution originale: de la musique composée spécialement pour ces nouveaux-nés.

Les scientifiques sont partis d'une idée concrète: comme les déficits neuronaux des prématurés sont notamment dus à des stimulations inattendues et stressantes, il faudrait aménager leur environnement en y introduisant des stimuli agréables et structurants.

"La musique spécifique à cette étude a été composée en fonction des réactions des enfants à certains timbres et certains rythmes", explique à la RTS Olivier Baud, médecin adjoint au Service de néonatologie des HUG. "C'est en cela que l'étude est particulièrement originale, parce que c'est une musique adaptée au processing de la musique des grands prématurés."

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La musique aide le cerveau des prématurés à se construire.
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La musique aide le cerveau des prématurés à se construire / CQFD / 10 min. / le 28 mai 2019

Des morceaux de harpe, clochettes et punji

Les scientifiques ont ainsi rencontré le compositeur Andreas Vollenweider, qui avait déjà mené des projets musicaux avec des populations fragiles. Le musicien a accepté de relever le défi. Il a joué toutes sortes d’instruments aux bébés, en présence d’une infirmière spécialisée en soins de soutien au développement.

Les enfants très agités se calmaient presque instantanément, leur attention étant attirée par la musique. A la suite de ces tests, Andreas Vollenweider a créé trois environnements sonores de huit minutes chacun, composés de morceaux de harpe, de clochettes et de punji, la flûte indienne des charmeurs de serpents.

Une amélioration significative

L'étude s'est déroulée en double aveugle, avec un groupe de prématurés qui a écouté la musique, un autre groupe de prématurés contrôle, ainsi qu'un groupe d’enfants nés à terme. Les scientifiques ont utilisé l'IRM fonctionnelle au repos sur les trois groupes d'enfants.

Sans musique, les prématurés avaient de manière générale une connectivité fonctionnelle entre les aires du cerveau moins bonne que les bébés nés à terme, confirmant ainsi l'effet négatif de la prématurité. Un des réseaux particulièrement atteints est celui dit "de saillance", qui détecte les informations pour faire ensuite le lien avec les autres réseaux cérébraux qui doivent agir.

"Cette circuiterie implique un réseau qui est fondamental pour la compréhension de la pertinence d'un stimulus et de la réaction comportementale du bébé", indique au 19h30 Petra Hüppi, médecin-cheffe du Service de développement et croissance des HUG. "Et l'écoute de la musique va influencer en tout cas une partie de ce réseau et va faire que ces réseaux communiquent aussi bien ensemble qu'un nouveau-né à terme."

En détail, les connexions entre le réseau de saillance et le cortex auditif, le cortex sensori-moteur ou encore le cortex frontal sont en effet beaucoup plus actives et proches de celles d'un enfant né à terme, selon cette étude publiée dans la revue américaine PNAS.

Les premiers enfants enrôlés dans le projet ont aujourd'hui six ans, âge auquel les troubles cognitifs commencent à être détectables. Les scientifiques vont maintenant revoir leurs jeunes patients pour observer si les résultats positifs mesurés lors de leurs premières semaines de vie ont perduré.

tmun avec ats

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Quelque 800 grands prématurés par an

En Suisse, près de 1% des enfants naissent "grands prématurés", soit avant la 32e semaine de grossesse, ce qui représente environ 800 enfants chaque année.

La très grande majorité d’entre eux survit, mais la moitié présente plus tard des troubles de l’apprentissage, de la concentration ou de la gestion des émotions.