Modifié le 18 mai 2014

L'initiative vaudoise "Sauver Lavaux" refusée au bénéfice du contre-projet

Le site de Lavaux.
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Selon les résultats définitifs, les Vaudois ont choisi dimanche de soutenir le contre-projet du Grand Conseil à 68,4% au détriment de l'initiative de Franz Weber "Sauver Lavaux III".

Selon les résultats définitifs, les Vaudois ont rejeté dimanche à 68,1% l'initiative de Franz Weber "Sauver Lavaux III" au profit du contre-projet présenté par le gouvernement, qu'ils ont approuvé par 68,4% des voix. Le taux de participation s'est élevé à 56%. Le gouvernement s'est félicité de ce résultat, dans un communiqué.

Soutenu par la plupart des partis et les vignerons de Lavaux, le texte du gouvernement a facilement eu le dessus sur le plan de protection strict proposé par Franz Weber et son association. En donnant leur préférence au contre-projet à près de 70%, les Vaudois n'ont pas voulu de cette mise sous cloche de Lavaux.

"Le résultat est clair, malgré une campagne qui laissait présager d'un résultat incertain", a indiqué devant la presse Pierre-Yves Maillard, le président du Conseil d'Etat vaudois.

Troisième essai

A travers l'association "Sauver Lavaux", son président Franz Weber avait lancé sa troisième initiative populaire dédiée à la sauvegarde des paysages de Lavaux. Pour lutter contre les bétonneurs et la pression immobilière, "Sauver Lavaux III" prévoyait l'interdiction presque totale de toute nouvelle construction dans le Lavaux. La mesure aurait été étendue à son pourtour, le tout sous la tutelle du canton.

Contre-projet

Le canton de Vaud jugeait cette initiative "trop rigide". Néanmoins, l'objectif du gouvernement rejoint sur le principe le texte de Franz Weber quant au renforcement de la protection des zones agricoles et viticoles de la région.

Les autorités vaudoises ont donc opposé un contre-projet direct au texte, qui était soutenu par le Grand Conseil ainsi que par un comité interpartis comprenant notamment le PS, le PLR et les Vert'libéraux.

Ce contre-projet vise à ne pas stopper toute nouvelle construction, comme des projets d'aménagement de parcelles viticoles (locaux de stockage ou des caveaux) et garantir une autonomie communale en matière d'aménagement du territoire.

sbad

Publié le 18 mai 2014 - Modifié le 18 mai 2014

La réaction des initiants

"Sans l'initiative, il n'y aurait pas eu de contre-projet. Le peuple a opté pour la protection de Lavaux. C'est déjà ça", a réagi dimanche Franz Weber, après le rejet de son initiative "Sauver Lavaux III".

L'écologiste montreusien de bientôt 87 ans, le "père" de la protection de Lavaux, tentait de faire bonne figure après l'échec sans appel de sa troisième initiative pour la protection de l'emblématique vignoble vaudois. Avec sa femme Judith, en soutien à ses côtés, il estimait que les Vaudois avaient choisi ce qu'on leur a présenté comme étant un compromis.

Ses partisans ont adopté dimanche une posture plus combative. Déçue, Suzanne Debluë, secrétaire de l'association "Sauver Lavaux", estime que le contre-projet n'apporte "rien: c'est une coquille vide". Il est faux de dire qu'il va faire diminuer de moitié les zones constructibles: c'est déjà prévu par la loi sur l'aménagement du territoire (LAT) et rien ne va changer avant quatre ou cinq ans.

Les membres du comité d'initiative craignent que certains abus ne continuent, car les communes conservent la gestion de leurs zones à bâtir. La votation ne garantit pas non plus la pérennité de l'économie viticole ni la survie des vignerons, disent-ils.

Franz Weber et ses proches ont suivi de près les résultats


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