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Une assurance couvrant les soins dentaires soumise au vote à Neuchâtel

Les Neuchâtelois décideront le 25 septembre s'ils veulent une assurance pour des soins dentaires [RTS]
Les Neuchâtelois décideront le 25 septembre s'ils veulent une assurance pour des soins dentaires / 19h30 / 2 min. / le 14 septembre 2022
Le 25 septembre, Neuchâtel votera sur la création d'une assurance dentaire obligatoire. Pour les partisans, il s'agit d'instaurer un système où "tout le monde y gagne". Pour ses opposants, cette initiative est "chère et trompeuse". Un oui dans les urnes ferait du canton un pionnier en la matière en Suisse.

Dans le camp des partisans à l'initiative "Pour une assurance des soins dentaires" - qui regroupe la gauche, les syndicats et des associations -, tous insistent sur l’enjeu de santé publique que représente cette question. Une mauvaise santé bucco-dentaire peut en effet avoir de nombreuses conséquences sur la santé en général, ont-ils fait savoir ce vendredi matin au moment de présenter leurs arguments.

A l'appui de leur démarche, les partisans de l'initiative soulignent aussi que la santé dentaire, non couverte par l'assurance de base, est un luxe auquel un Romand sur trois doit renoncer pour des raisons financières. L'assurance pour des soins dentaires vise justement à corriger ces inégalités en prenant en charge la prévention et les soins de base, ont-ils souligné. Et la population contribuera à son financement selon ses moyens, sans payer de primes ou de taxes supplémentaires, ont-ils ajouté.

Financement basé sur le modèle de l'AVS

Le financement de cette assurance est basé sur celui de l'AVS. En l'occurrence, un prélèvement paritaire sur les salaires. Les enfants et les personnes retraitées ne la financent pas, mais pourront en profiter, a relevé le comité en faveur de cet objet. En tant qu'assurance cantonale, sa fiabilité est garantie.

L'initiative, déposée en 2015, demande que l'assurance dentaire obligatoire soit financée par une retenue sur le salaire de 1%, payée pour moitié par l'employeur et pour moitié par l'employé. Le coût pour l'employé atteindrait 30 francs par mois pour un revenu de 6000 francs.

Et selon les partisans encore, si les soins dentaires ne sont pas inclus aujourd’hui dans la LaMal, c’est pour une raison de compromis qui avait dû être trouvé lors de l’introduction de l’assurance maladie. Un premier projet, refusé de justesse, incluait en effet les soins dentaires, mais il a fallu y renoncer, comme l'a rappelé le conseiller national socialiste Baptiste Hurni.

>> Ecouter le débat dans Forum sur le besoin d'une assurance dentaire obligatoire:

Le grand débat - Soins dentaires: faut-il une assurance obligatoire? [RTS]
Le grand débat - Soins dentaires: faut-il une assurance obligatoire? / Forum / 18 min. / le 26 août 2022

Une assurance "trompeuse"

La semaine dernière, les opposants faisaient quant à eux savoir que l'initiative neuchâteloise est "chère et trompeuse". Quatre partis de droite (PLR, UDC, Vert'libéral et Le Centre), quatre associations économiques et les dentistes font partie du comité unitaire opposé au texte.

L'initiative va péjorer l'attractivité économique du canton car elle sera financée par une nouvelle ponction sur les salaires, a expliqué jeudi le conseiller national (PLR/NE) Damien Cottier. "Son coût est estimé à 110 millions de francs par an pour l'instant mais il pourrait augmenter au fil des années", a ajouté le président de l'Union neuchâteloise des arts et métiers. Selon lui, "cette assurance mettrait le canton dans une situation impossible"

Sur cette somme, 70 millions de francs seront ponctionnés, à parité entre employeurs et employés, et 40 millions seront à la charge des collectivités publiques. "Le cumul des prélèvements est problématique", a expliqué le député PLR Quentin di Meo, représentant de la Chambre neuchâteloise du commerce et de l'industrie.

Actuellement, les trois prélèvements neuchâtelois (formation professionnelle, contrat-formation et structures d'accueil) se montent à 60 millions de francs pour les employeurs par an. Ils s'élèveraient à 95 millions avec cette assurance dentaire, a ajouté Quentin di Meo.

Au niveau des soins, "cette initiative est une fausse bonne idée", a expliqué Marc-Emmanuel Grossen, représentant de la Société suisse des médecins-dentistes (SSO) Neuchâtel. Les traitements les plus onéreux (implants, couronnes et orthodontie) ne seront pas pris en charge. Sans compter que "la santé bucco-dentaire dans le canton est très bonne en comparaison suisse et internationale", ajoute-t-il.

Deborah Sohlbank/fgn avec les agences

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