Modifié le 01 avril 2019 à 15:38

A Neuchâtel, le doublement des taxes dans les écoles supérieures fâche

Une large coalition d'étudiants, de partis et de syndicats était réunie le 1er avril devant le château cantonal de Neuchâtel, en opposition au doublement des frais d'écolage.
Les étudiants neuchâtelois s'opposent à la hausse des taxes d'études Le 12h30 / 1 min. / le 01 avril 2019
Une pétition munie de 2670 signatures a été remise lundi à la Chancellerie d'Etat neuchâteloise. Elle s'oppose à la hausse des taxes d'études dans les écoles supérieures du canton, qui devraient passer de 1000 à 2000 fr. par an dès la rentrée 2020.

Une large coalition d'étudiants, de partis et de syndicats était réunie lundi matin devant le château de Neuchâtel pour remettre à la Chancellerie les paraphes de la pétition "Des Ecoles supérieures accessibles à toutes et tous, sans discrimination", qui s'oppose au doublement des frais d'écolage.

Environ 275 étudiants sont victimes de cette mesure qui touche les écoles supérieures (ES) du canton, des écoles professionnelles qui s'adressent principalement aux détenteurs d’un CFC qui veulent se perfectionner pour obtenir un diplôme fédéral. Ils y suivent des cours à plein temps en informatique, en éducation ou encore en design horloger. Les élèves actuellement en première année, qui avaient signé pour un cursus à 1000 francs par an durant trois ans, verront ainsi leur taxe doubler la troisième année.

"Se former devient un luxe"

Une classe d'étudiants éducateurs de la petite enfance touchée par cette hausse a manifesté son désaccord en brandissant des pancartes en forme de poisson, 1er avril oblige, sur lesquelles on pouvait lire, notamment, "Ce n'est pas une blague... se former devient un luxe!". "Cette hausse va pousser certains étudiants qui n'ont pas accès aux bourses à renoncer à leur formation. Que fait le Conseil d'Etat de l'égalité des chances?", s'interroge Léa Ziegler au nom du comité d'action.

Les auteurs de la pétition soulignent que ce sont des jeunes sans salaire et sans bourse d'étude qui vont trinquer. Ils pointent du doigt les risques de départ des étudiants dans les autres cantons, alors que les effectifs de ces écoles sont déjà en baisse.

Une économie "pas acceptable"

Pour le Conseil d'Etat neuchâtelois, cette augmentation est nécessaire et doit contribuer à des économies de 250'000 francs au sein du département de l'éducation. C'est l'une des 40 mesures d'assainissement du plan de législature. Ce faisant, la conseillère d'Etat socialiste Monika Maire-Hefti s'attire les critiques de son propre parti, qui soutient la pétition.

Pour les auteurs du texte, en revanche, le potentiel d'économies de cette mesure n'est pas "acceptable", surtout lorsqu'on le met en regard des mesures de réduction fiscale acceptées la semaine dernière par le Grand Conseil, qui se privera de 20 millions de francs.

>> Au sujet de cette baisse d'impôts, écouter le 12h30 de la RTS du 27 mars dernier:

Vue générale de la salle du Grand Conseil neuchâtelois.
Jean-Christophe Bott - Keystone
Le 12h30 - Publié le 27 mars 2019

Etienne Kocher/vic avec ats

Publié le 01 avril 2019 à 15:22 - Modifié le 01 avril 2019 à 15:38