Publié

Le "Fritz" des Rangiers va prendre place dans un musée à La Caquerelle

Vestige de la Sentinelle des Rangiers au Musée du Mont-Repais (photomontage). [Jura.ch]
Le vestige de la Sentinelle des Rangiers confié au Musée du Mont-Repais / La Matinale / 1 min. / le 4 octobre 2018
Ce qu'il reste du "Fritz", la statue d'une sentinelle érigée aux Rangiers (JU) il y a près de 100 ans et vandalisées à plusieurs reprises par les autonomistes jurassiens, va prendre place dans un musée jurassien.

Le Gouvernement jurassien a accepté le principe de déposer le vestige de la Sentinelle des Rangiers au Musée du Mont-Repais à La Caquerelle, a fait savoir le Canton mercredi.

Les autorités jurassiennes précisent que la muséographie doit respecter l'état actuel du monument et donc que le "Fritz", son surnom bien connu dans le Jura, devra être conservé en l'état. Les recherches effectuées à son sujet ont démontré que le vestige de la sentinelle devait être considéré "comme une pièce de musée plutôt que comme un monument à réhabiliter", précise encore le Canton.

Une recherche nationale de fonds sera par ailleurs lancée le 11 novembre, date marquant le centième anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, pour le financement des travaux. Des panneaux explicatifs entoureront en outre la présentation du vestige de la statue et un sentier didactique reliant des sites allant de la paléontologie à la Seconde Guerre mondiale sera aussi mis en place. L'ouverture de ce parcours est prévue pour 2022.

Mutilé, renversé ou brûlé

Erigé en 1924 pour les 10 ans de la Mobilisation de l’armée suisse, la Sentinelle des Rangiers, sculptée par Charles L'Eplattenier, a été vandalisée à plusieurs reprises au plus fort de la Question jurassienne.

Le regard que les Jurassiens lui portaient a changé en août 1964 quand le conseiller fédéral Paul Chaudet et le conseiller d'Etat bernois Virgile Moine ont décidé de venir commémorer les deux mobilisations. Plus de 8000 autonomistes s'étaient mobilisés pour dénoncer la venue des deux politiciens, opposés à l'indépendance du Jura. Les orateurs avaient été malmenés et la cérémonie avait tourné court.

Des militants ont ensuite plusieurs fois mutilé, renversé ou brûlé le Fritz avant qu'il ne soit réduit au dépôt dans les années 90.

Gaël Klein/boi

Publié