Modifié le 09 novembre 2018

"La transparence, c'est bien, des contrôles en amont, c'est mieux"

Le conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia.
Mauro Poggia s'exprime sur les affaires qui secouent le monde politique romand La Matinale / 6 min. / le 08 novembre 2018
Après Pierre Maudet, Géraldine Savary, Guillaume Barazzone et désormais Manuel Tornare, les affaires, bien que différentes, se succèdent. Toutes interrogent la transparence des politiques. Mauro Poggia s'exprime à ce sujet dans La Matinale.

Pour le conseiller d'Etat genevois en charge du département de l'emploi et de la santé, les notes de frais des conseillers administratifs de la Ville de Genève sont pour le moins "interpellantes". L'élu MCG estime qu'il faut se demander si ce genre de pratiques, encore fréquentes il y a dix ou vingt ans, sont encore acceptables.

Pour lui, "des habitudes" se sont transmises sans qu'il y ait véritablement "une réflexion ou un encadrement".

"Genève n'est pas une ville comme les autres"

Interrogé sur un possible rapport plus décomplexé de Genève à l'argent public, Mauro Poggia réfute, tout en soulignant le particularisme de la ville: "Genève n'est pas une ville comme les autres, c'est une ville internationale où les sollicitations sont nombreuses (...) Les démarches que les gouvernants doivent entreprendre auprès des divers acteurs, qu'ils soient de la Genève internationale ou de l'économie locale, sont certainement plus nombreuses".

Le conseiller d'Etat reste toutefois "interrogatif" sur des dépenses qui "vont très largement au-delà de ce que gagne un citoyen moyen".

La transparence, une réalité à anticiper

"Au point où en est, la population doit avoir des explications et des chiffres", ajoute Mauro Poggia. L'élu juge qu'il serait erroné de pratiquer la "rétention d'informations" et qu'il faut au contraire jouer la transparence: "Je crois que l'on accepte ou non cette transparence, c'est une réalité qu'il s'agit désormais d'anticiper".

L'avocat de profession plaide par ailleurs pour des actions plus fermes: "Mettre en place une transparence, c'est bien, mais mettre en place des contrôles en amont, c'est mieux".

Mauro Poggia ajoute enfin que la véritable question est "de savoir si nous avons une administration qui contrôle véritablement ou qui est soumise aux magistrats pour lesquels elles travaille".

Propos recueillis par Romaine Morard

Adaptation Web: Tristan Hertig

>> Regarder également le sujet du 19h30 sur les perquisitions liées aux notes de frais à Genève

Affaire des notes de frais à Genève: perquisition et ouverture d'une procédure pénale.
19h30 - Publié le 07 novembre 2018

Publié le 08 novembre 2018 - Modifié le 09 novembre 2018

Mauro Poggia publiera ses notes de frais

Le conseiller d'Etat genevois publiera ses notes de frais pour les années 2017 et 2018.

Interrogé à ce sujet, l'élu MCG estime savoir ce qu'il dépense et pourquoi il le dépense et ajoute que "les chiffres parleront d'eux-mêmes".

Le politicien ajoute qu'il est important de donner ces informations à la population et d'expliquer par la suite les écarts possibles dans les notes de frais d'un magistrat à l'autre: "Nous n'avons pas tous les mêmes fonctions, il faut le reconnaître. Certains ont une activité qui va bien au-delà des frontières du canton alors que d'autres sont vraiment dans une activité locale".

Interrogatif sur le cas Géraldine Savary

Interrogé sur la décision de Géraldine Savary de ne pas se représenter aux élections fédérales 2019, suite à des financements de campagne de la part du milliardaire suédois Frederik Paulsen, Mauro Poggia, tout en évitant les comparaisons hâtives, s'interroge:

"S'il y a démission pour une participation financière à une campagne électorale, qui est je crois de l'ordre de 7000 francs, que dire de tous ces parlementaires qui sont dans des groupes de réflexion d'assureurs maladie et qui sont rétribués pour un travail dont on peut raisonnablement s'interroger sur l'importance et qui perdent indiscutablement leur indépendance?"